Acide Formique: Le
Varroa et son Traitement
Date
de dernière révision:
04/01/2012
Introduction
Le traitement
radical contre le Varroa n'existe pas ! Pour meilleure preuve, on
doit traiter chaque année.. même avec des souches d'abeilles qui
parviennent à lutter naturellement. Pour obtenir le meilleur résultat contre le varroa, l'idéal est de le faire dès lors qu'on
s'aperçoit que nos abeilles en sont porteuses et ne pas attendre la
fin de saison pour s'en occuper. Malheureusement, trop
d'apiculteurs attendent et traitent trop tardivement leurs colonies
car en saison, il y a la production de miel, or, les pesticides
utilisés pour les traitements des abeilles laissent des traces dans
les miels et les cires. Une certaine presse (qui n'a pas ou plus d'os à ronger)
essaie de pointer du doigt les miels qui contiennent des
pesticides. Fort heureusement, la plupart des apiculteurs pros
français sont
très sensibilisés à cela et font d'énormes efforts pour ne pas
sombrer dans ce travers. Or, on ne peut en dire de même des
importations de miels qui se retrouvent coupés avec nos miels
français. Quoi qu'il en soit, le pétard mouillé des articles de
presse visant à dénoncer les pesticides dans les miels français,
s'est éteint à l'allumage car, au risque de me répéter, la production française est en
général bien en dessous des seuils autorisés par la législation
européenne. Pour la grande majorité des apiculteurs,
le traitement contre le varroa s'effectue par conséquent à la fin
septembre, après la levée des hausses à miel...
Acide Formique et Traitement du Varroa,
prédateur de l'abeille Avec l'acide formique, le traitement contre le
varroa peut s'effectuer à n'importe quel moment de l'année sans
qu'il laisse de traces dans le miel ou de résidus dans la cire des
cadres. Mais ce produit n'est pas simple à utiliser et à doser car
il requiert un
certain nombre de précautions que nous étudierons un peu plus loin.
D'autre part, avant de traiter à tout va quelque soit le produit,
il faut avoir une bonne connaissance sur cet ennemi de l'abeille et
son mode opératoire de reproduction. (inscrivez-vous à mon cours
d'apiculture). L'acide Formique, à l'opposé des traitements
conventionnels proposés sur le marché est un produit dangereux dont
les dosages sont stricts et la méthode d'utilisation très
rigoureuse. Elle ne convient pas pour les gens qui n'ont pas de
temps à consacrer à leurs abeilles tout comme les apprentis
chimistes qui feront une macabre découverte s'ils pratiquent dans
l'ignorance. Il ne suffit pas de placer une ou des bandelettes
d'acide formique dans la ruche pour croire que cela va suffire !
Le Traitement des colonies avec de l'Acide Formique requière 4 à 6
fois plus de temps qu'un traitement de type Apivar®. Alors dans ce
cas, la rentabilité risque fort d'être compromise.
Quand traiter ? Un petit rappel me semble
nécessaire si j'en juge les très nombreuses questions du courrier des
lecteurs: Dès la fin de la miellée, et au plus tard une dizaine
de jours après le retrait des hausses, on procède au nourrissement
des colonies (si celles-ci en ont besoin). Une dizaine de jours
plus tard encore, si vous traitez à
l'acide formique, il faut procéder au traitement contre le varroa
et pas en octobre ou en novembre ce qui est trop tard ! Ce n'est pas quand les colonies
seront infestées qu'il sera temps de le faire; du moins vous
risquez d'essuyer plus de pertes. Dans notre élevage, nous traitons chaque colonie individuellement en cours de
saison dès que nous nous apercevons que les abeilles sont porteuses de
varroas. Je n'attends plus jamais la fin de saison pour le faire. Quand un membre de la famille prend une grippe,
il
n'attend pas que tous les membres soient touchés pour se soigner et
ainsi, toute la famille n'est pas obligée de se traiter n'est-ce pas ? C'est ainsi que j'agis,
quand il y a lieu de le faire, en cours de saison. En fin de
saison, alors seulement, je traite l'ensemble de mes colonies par
pure précaution car avec le retour des premières nuits fraîches, le
cycle du varroa renoue immanquablement avec la destruction des
colonies. Comprenez que lorsque le cycle du
varroa est facilité voire "réarmé", l'infestation se
développe d'une manière exponentielle en quelques jours si nous
n'avons pas un moyen ultra efficace pour stopper net ce
développement. L'acide Formique a souvent été décrit comme un moyen
"flash" avec des résultats surprenants et redoutablement
efficaces (j'ajoute: "surtout quand le dosage est précis").
Il est temps de fermer les planchers même si les températures sont
encore chaudes en journée. Plus vous attendrez, plus vous faites courir de risques à vos
colonies car la croissance de développement de Varroa est
fulgurante et exponentielle. Il est connu de l'ensemble des
apiculteurs que dès la mi-juillet (parfois avant selon les
régions), les reines décroissent leur ponte petit à petit jusqu'à
la fin de l'été où là, elles se contenteront de ne pondre que le
couvain qui aura la lourde tâche de passer toute la période
hivernale. Or, c'est justement à ce moment que redémarre le cycle
du Varroa. Et puisque la ponte est ralentie, la vitesse de
croissance de l'infestation au varroa dépasse celle des naissances
d'abeilles. En une trainée de poudre, et en moins de temps que vous
le pensez, l'infestation peut être fatale à la colonie même si vous
traitez à l'acide formique car trop d'abeilles seront touchées. Oh
bien sûr, vous allez faire tomber des varroas par milliers, mais il
est souvent trop tard car l'affaiblissement d'une colonie touchée
par le varroa risque de ne pas pouvoir s'en remettre. Une fois le
varroa tombé, il ne faut pas oublier qu'il laisse une perforation
dans le tégument de l'abeille et tout comme chez l'humain, cette
plaie peut très vite s'infecter par des bactéries pathogènes ou des
virus. Par conséquent, souvenez vous de
cela: N'attendez jamais la fin de saison pour traiter !
Le
bricolage maison:
Si dans le passé j'ai joué les apprentis chimistes,
ne refaites pas
mes erreurs et optez pour des solutions qui fonctionnent bien.
Cela m'a coûté un certain nombre de colonies alors que je
souhaitais réaliser des économies.
Le problème varroa est un problème sérieux encore une fois ! Vous
vous éviterez ainsi bien des pertes. Vous pensez quoi ? Gagner
quelques euros sur votre budget d'apiculture ? Combien de ruches
avez-vous pour que cela en vaille la chandelle ? Avoir le sentiment
de régner en maître sur votre activité de loisir ? Le Varroa est un véritable
fléau et il ne faut pas le sous-estimer. Pourquoi fuir les méthodes
qui fonctionnent pour tenter une approximation de copie de produits
plus ou moins illicites et qui plus est, dont les molécules sont
parfois hautement cancérigènes quand les dosages ne sont pas
corrects ? Dans la panoplie de l'apprenti
chimiste, il y a malheureusement souvent une chose bien
cachée: la mort des colonies par la seule faute de l'apiculteur.
Bien sûr, tout n'est pas forcément voué à l'échec Dieu Merci ! Sur
internet, on trouve souvent de bonnes informations mais
malheureusement tout autant, voire plus, d'informations hasardeuses
et non vérifiées pour ne pas dire qui conduisent dans le mur. Dans
le système "débrouille" figure une célèbre poudre anti tiques que
l'on peut facilement se procurer en Pharmacie. De plus, la molécule
est celle qui est utilisée dans les produits préconisés. La
tentation est alors grande pour économiser quelques euros par
ruche. Quand on lit sur internet le modus opérandi de ces poudres,
et bien il ne fait plus bon consommer du miel, du moins le miel de
ceux qui tombent dans ce travers ! Nombre de "papiculteurs" traitent avec des produits illicites
comme le Taktic dont je viens de parler juste un peu plus haut (Le principe actif est l'Amitraz). Ces
produits n'étaient peut-être pas interdits dans le passé, mais ils
le sont devenus aujourd'hui, soit pour des raisons de santé
publique, soit aussi parce que des laboratoires hold-upent des
réseaux en essayant de faire main
basse comme c'est le cas en médecine, sur un marché qui au fond,
n'est pas aussi "juteux" que cela. Quoi qu'il en soit, N'oubliez jamais que la plupart
des pesticides utilisés dans le traitement du Varroa
laissent des résidus chimiques dans les cires, propolis, pollen
comme je viens de l'écrire juste un peu plus haut.. Alors si vous
êtes de ceux qui prônent à leurs voisins qu'on attend une cessation
de l'utilisation des pesticides qu'en serait-il si on découvrait
dans votre propre miel, des traces de résidus chimiques introduits
par votre seule main ?
Varroa, un sujet fort préoccupant toute la
saison De nombreux
ouvrages et sites internet parlent du Varroa ainsi que quelques
recherches scientifiques très sérieuses.
J'ai souhaité créer cette page pour dresser mon constat d'études
personnelles et vous faire part de mes observations portant sur
plus de 300 colonies. Je n'ai pas
la prétention de tout connaître mais ce sujet est
tellement sérieux et préoccupant qu'il me semble en effet de mon devoir de vous donner cette
connaissance et vous faire profiter de mon expérience portant sur
treize années d'apiculture dont dix en pro. Pendant mes années de débutant, j'ai trop longtemps sous-estimé la
puissance destructrice de ce parasite, croyant ci ou là qu'il ne
servait à rien de traiter car l'abeille devait faire face et se
défendre seule. D'autre part, n'étant pas un adepte des
traitements (chimiques principalement), je faisais plus ou moins confiance à la
nature, mais je reconnais aujourd'hui que ce laxisme et utopie de ma part
était en très grande partie la genèse même des pertes de mes colonies. Aussi, je vous encourage à ne pas commettre les mêmes erreurs
et ne pas suivre ceux qui prétendent ne pas traiter ("Faites ce que
je dis mais ne faites pas ce que je fais" en quelques sortes) car
il s'agirait d'une attitude totalement irresponsable.
Comment pouvons nous donc pointer du doigt l'agriculture qui pollue
les terres et ses produits si nous mêmes agissons parallèlement de
la même manière ? Si
aujourd'hui l'abeille traverse une époque très difficile, nous
avons pour devoir de l'aider dans ce monde que nous avons, nous
humains, dégradé bien souvent au nom d'une soit-disante biodiversité générée par une science avide de diriger l'agriculture mondiale
et qui se contrefiche pas mal de la santé humaine à court, moyen ou
long terme. A contrario, cela ne nous autorise pas à faire n'importe
quoi dans ce domaine. Il est impératif que nous prenions soin de
nos colonies tout au long de la saison plutôt qu'attendre la fin de
celle-ci.
Des Abeilles plus résistantes que d'autres..
? On peut avoir la chance d'avoir des souches
résistantes au varroa. C'est notamment pour cette raison que les
critères de sélection chez les éleveurs sont de la plus haute
importance. Par exemple, chez Abeille & Nature, il s'agit de l'un de
nos tous premiers critères sélectifs. Quand une colonie nécessite
plus de 2 traitements anti varroa dans son année, elle est non
seulement mise à l'index, mais nous procédons à son remplacement
sans prélever le moindre essaim sur celle-ci. Ainsi, petit à petit
et au fil des ans, nous sommes parvenus à diminuer considérablement
les taux d'infestation. Ce long travail de sélection devrait
être effectué chez tous les apiculteurs et pas seulement chez les
pros.
A propos du Varroa Varroa est un
arachnide (4 paires de pattes); il fait partie de la famille des
gamasides acariens. Le Varroa n'est pas un insecte (3 paires de
pattes). Sa taille varie de
1/4 de mm à 3/4 mm
Observations
Personnelles
J'ai observé
au microscope (x500-1000) à la "naissance" ou
éclosion de bébés
Varroas. La femelle Varroa pond ses œufs soit directement
dans la cellule à couvain devant recevoir un œuf de la
reine soit directement dans le système
pileux de l'abeille (un peu comme à la manière des poux et
lentes dans les cheveux d'un enfant) En fin de saison,
quand il n'y a plus de couvain, elle peut aussi,
alors qu'elle est en squat sur une abeille, pondre sous sa
carapace afin de protéger ses œufs jusqu'à leur éclosion. Bien protégés sous
cette carapace, ils
peuvent être jusqu'à une bonne dizaine. Alors que chez la plupart des
arachnides, les naissances donnent directement de jeunes
adultes, Chez le varroa, ceux-ci ne sont pas totalement
formés. Leur bouche très développée
ressemble à une foreuse de tunnel. ils sont dotés d'un
genre de tentacule 5 fois plus long que leur corps qui va
leur permettre de s'agripper aux poils d'une abeille de
passage afin de la squatter. Mais ils peuvent tout aussi
bien élire domicile sur la même abeille que leur mère.
La durée de vie d'un "bébé Varroa" isolé
de toute source d'alimentation est de 8 jours à 20°. Il
semble qu'il y ait une forme de léthargie au-delà dont
il peut sortir sous certaines conditions, ce qui
expliquerait sa survie dans les alvéoles du couvain et sa
résurgence même après traitement. La femelle varroa
peut pondre plusieurs œufs dans une cellule du couvain. |

Abeille morte avec son Varroa/FONT> |
|
Ainsi, lorsque la Reine des abeilles pond son œuf, les
petits varroas sont déjà présents dès l'éclosion de notre
larve ce qui provoquera la mort de cette dernière ou bien
l'atrophie de ses membres dont celle la plus visible: les
nécroses des ailes. Souvent, de telles jeunes abeilles sont
porteuses de plusieurs varroas.. vous imaginez la vitesse de
propagation dans la ruche ! |
II est connu que le
varroa joue un rôle important dans la disparition de l'abeille.
Certes, on ne peut pas l'incriminer d'une manière directe dans le CCD (entendez Colonie
Collapse Disorder - ou syndrome de la disparition de l'abeille).
Bon nombre d'apiculteurs pensent que les abeilles en général
parviennent à résister à la longue contre ce prédateur, mais que le
traitement devient indispensable que lorsque la colonie commence
à s'amenuiser. L'argument souvent avancé étant qu'une ruche forte résiste
mieux.
Je suis d'accord et
pas d'accord avec ce point de vue car ce n'est pas parce qu'une
colonie est faible qu'elle est attaquée par le varroa
mais que le varroa a affaibli la colonie qui était forte parce
qu'il prolifère plus vite que le cycle de renouvellement des
abeilles. Pour meilleure preuve, considérons
le cas d'un essaim naissant. Il n'y a pas plus fragile et faible
que ce type de mini colonie ! Si l'on devait donner raison à
l'argument ci-dessus avancé, il ne serait plus possible de multiplier les
colonies. [ j'ouvre ici une parenthèse pour souligner que, malheureusement, dans le monde des apiculteurs, c'est souvent celui qui a parlé en dernier qui semble avoir raison et l'apiculteur débutant ne sait plus qui croire tellement les avis sont différents voire, opposés et c'est l'une des raisons qui m'a poussé à développer ce site.
Je souviens de mes débuts en apiculture.. Lorsque que posais
une question à "jean" la réponse était totalement opposée à celle
de "Pierre" encore différente de celle de "Paul".. Qui a raison ?
qui a tord ? C'est une véritable cacophonie qui me faire conclure:
"Un apiculteur, Une apiculture !"]
En revanche, Que sait-on sur la compensation du nombre d'abeilles
nouvellement nées par rapport au nombre d'abeilles décimées
dans ce même temps par le varroa ? Il est souvent dit que " Une colonie
forte sait résister au varroa" oui et non.. mais pourquoi ?
Quand la colonie est "malade" elle réagit comme le
corps humain qui fait de la fièvre et qui par cette manière
d'agir tue les microbes pathogènes.
La colonie d'abeilles sait faire un coup de montée de fièvre à
l'intérieur de la ruche pour se débarrasser du trop plein de son
prédateur. Il est indispensable pour cela qu'elle soit nombreuse
et populeuse. D'autre part, une qualité essentielle d'une bonne
souche d'abeilles est qu'elles doivent s'épouiller pour se
défendre contre les jeunes varroas. Mais alors pourquoi deviendrait-elle faible ?
L'apiculteur a toujours traité ses colonies en fin de saison afin
de ne pas contaminer le miel et ne pas perturber ses colonies car
la plupart des produits de traitement sont des produits chimiques
qui laissent des traces comme je viens de le souligner un peu plus
haut.
Pour ce qui me concerne dans mon élevage, dès lors que je constate
la présence de varroas sur les abeilles, j'effectue un traitement
dit
"flash" à l'AF (Acide Formique) même s'il s'agit d'une de mes
colonies mères qui sont fortes de nature. Il est incroyable de
constater la chute d'un paquet de varroas dans les vingt quatre
heures qui suivent. Quelques jours plus tard, je constate que la
colonie traitée reprend de la vigueur et redevient populeuse
rapidement. Je
n'attends plus, comme dans le passé, qu'une colonie soit affaiblie
pour la traiter et je n'attends plus la fin de l'été pour le faire
! Quand il y a besoin, je traite .. point final ! A quoi
servirait-il d'avoir une colonie boiteuse toute la saison ?
Par précaution, et bien que l'AF soit un produit naturel synthétisé
(H--COOH -> CH2O2),
je retire la ou les hausses si la colonie en question en possède.
En réalité, je la laisse sur place par dessus le couvre-cadres
de façon à ne pas être atteinte par les vapeurs du traitement
d'une part, et, d'autre part, pour m'éviter d'avoir à
transporter les hausses et les stocker même provisoirement avec de
grosses chances de créer du pillage d'une part mais aussi de
refroidissement du miel d'autre part. Il est
à noter ici que ce n'est que par pur principe de précaution car
dans le principe même, le dégazage de l'acide Formique est sans danger
pour le miel qui en contient à très faible dose de manière
naturelle.
Lors de traitements acaricides à l'acide formique, ce n'est pas le Varroa qui devient
résistant puisqu'un traitement efficace l'éradique de l'abeille.
Ceci étant, (et là je m'adresse à tous les candidats apprentis
sorciers), un mauvais dosage peut avoir des conséquences
dramatiques aussi bien dans le trop que le trop peu). Dans le
courrier des lecteurs, on me pose souvent la question suivante:
Peut-on mettre plusieurs produits de traitement différents ?
Raisonnablement NON !, il vaut mieux éviter car nous pourrions
rencontrer des interactions et obtenir un cocktail mortel. Les
abeilles ne vivent pas assez longtemps pour s'accoutumer aux
traitements Mais, les traitements qui laissent des traces dans les
cires, peuvent provoquer un phénomène d'accoutumance. Pour ce
qui concerne l'acide Formique, celui-ci ne reste pas suffisamment longtemps sous forme gazeuse
dans la ruche pour que le varroa s'en accoutume ce qui n'est pas le cas des substances comme l'Amitraz, le fluvalinate et autres
molécules chimiques toxiques couramment utilisées en apiculture.
Il est connu et reconnu que nombre de traitements chimiques
imprègnent leurs traces dans les cires des cadres. C'est très
probablement ce qui est à la genèse des phénomènes d'accoutumance
et de résistance aux pesticides de la part du Varroa.

Photo C.NICOLLET
Varroa, ce minuscule petit acarien de la taille d'une
chiure de mouche dont la carapace rappelle une forme de
crabe |
Après
un traitement efficace, il reste toujours dans la
ruche quelques
abeilles porteuses de Varroas notamment chez les mâles au
stade embryonnaire (en saison).
Des larves de Varroa peuvent être en squat dans des
cellules, principalement les cellules à mâles mais aussi
dans de nombreuses cellules femelles. Une
dizaine d'entre elles suffit à réactiver le cycle de
reproduction et d'infestation de la colonie. Souvenez-vous
de mes quelques lignes plus haut: Un bébé Varroa peut
vivre plus de huit jours à 20° et 2 à 3 semaines dans une
température humide de 32°. J'ai fait
l'expérience de doubler les doses d'acaricide (AF) sur 5
colonies infestées. Le résultat est identique au
traitement classique mais j'ai perdu une reine dans l'une
des colonies test. (Traitement effectué sur la base
d'acide formique à 88% ). En répétant le traitements (aussi
bien 7 que 14 jours plus tard), on diminue ce risque mais
on ne l'éradique toujours pas à 100% bien que
le résultat de ce traitement soit redoutablement
efficace.
J'effectue ce type de traitement principalement à deux périodes de l'année:
-1/ avant les premières miellées de printemps quand je constate la présence de Varroas sur plusieurs
abeilles d'une colonie. Dans ce cas, je ne traite que
seulement la ou les colonies
concernées, pas les autres !
-2/ De suite après la dernière levée de miel, après le
nourrissement soit vers la mi-septembre, j'effectue un
traitement de toutes mes colonies sans exception. |
Ceci étant, je peux être amené à traiter une colonie
à n'importe quel moment de l'année comme je viens de le
souligner. |
L'acide
Formique, une aide naturelle remarquable contre le varroa:
Beaucoup pensent que l'acide formique
fait partie des traitements chimiques non recommandables.
En réalité qu'en est-il ? Parmi tous les traitements
disponibles sur le marché (il reste un des plus difficiles
à utiliser, mais très certainement l'un des plus naturels et proches de l'équilibre de l'écosystème de base).
D'une part, son très fort dégazage
(évaporation) au contact de l'air par des
températures au-delà des 18° incommode l'apiculteur et
peut provoquer de très graves brûlures cutanées si
celui-ci n'utilise pas de gants de protection. D'autre part, ce n'est pas un produit facile à doser du
fait de son évaporation et de la population d'une colonie.
Il ne faut pas rêver, ce n'est pas non plus le produit
miracle bien qu'il soit utilisé en agriculture biologique.
Troisièmement, il est plus compliqué à
l'utilisation comparativement aux bandelettes proposées
sur le marché du traitement car il requiert une présence
et de disponibilité plus importante et impose un comptage à un moment très précis.
En effet, comparativement aux bandelettes du commerce, où il suffit de les introduire dans le corps de ruche
entre deux cadres, et de les laisser agir
plusieurs semaines, l'usage
d'acide formique exige une méthode très particulière si l'on veut
obtenir d'excellents résultats qui ne doivent rien au petit bonheur la chance.
Alors pourquoi se compliquer la tâche ?
Pour ce qui me concerne, c'est surtout dans un esprit de respect de la nature, car la fourmi procure à l'abeille (d'une manière totalement naturelle - on peut parler de véritable symbiose), un moyen redoutablement efficace pour lutter contre son prédateur: Le Varroa. Saviez-vous que la fourmi est certainement l'insecte ennemi de Varroa par excellence ? On dit souvent que chaque individu du règne animal a son ennemi
ou prédateur.. Et bien pour ce qui concerne le varroa, la
fourmi en est un ! L'acide Formique produit par la fourmi est destiné à repousser les prédateurs des
œufs qu'elle élève généralement sous le toit de la ruche. Il est composé: d'oxygène,
d'hydrogène et de carbone. Sa formule chimique est on ne
peut plus simple: CH2O2 Schématiquement,
sous l'action de l'air et une petite chaleur relative, cette
combinaison chimique "dégaze" ou réduit en Gaz carbonique
(CO2) et en hydrogène (H2). Ces
deux gaz faisant partie de notre environnement, nous
pouvons par conséquent, en déduire qu'il s'agit bien d'un
Traitement Naturel, de surcroît quand on considère que
certaines colonies (celles qui abritent sous leur toit des
petites fourmis uniquement présentes pour l'élevage de
leurs œufs) sont souvent exemptes de varroa. Parmi les
avantages majeurs, je rappelle le fait que l'acide
formique ne laisse aucune trace de résidus dans les cires,
le pollen ou le miel ( il se dit que le miel contiendrait
naturellement d'infimes quantités d'AF? ) La fourmi produit
donc de manière régulière de l'acide
formique afin d'éloigner certains prédateurs. Enfin,
n'oublions pas que Fourmis et Abeilles font partie de la
même famille: celles des hyménoptères. Il est donc assez
logique que les abeilles, bien que incommodées pendant le
très court temps de l'application, supportent parfaitement bien l'Acide Formique
à condition toutefois que celui-ci soit bien dosé.
L'année prochaine, si vous constatez que des fourmis
squattent le dessus du couvre cadres de votre ruche,
surtout laissez les bien et ne les chassez pas. Au
contraire, livrez-vous à cette petite expérience:
Essayez de prélever un Varroa vivant d'une abeille et
introduisez-le au centre du nid de fourmis. Vous allez
voir le spectacle suivant: le Varroa pend ses pattes à son coup
et se sauve à toutes empattées !! Les fourmis
fabriquent l'acide formique pour défendre leurs œufs dont
Varroa serait un prédateur s'il le pouvait.
Saviez-vous que l'ortie produit également de l'acide
formique ? En revanche la quantité d'orties qu'il faudrait
pour réaliser un traitement anti-varroa serait telle qu'il
faudrait l'équivalent d'une botte de 10 Kg sous le toit de
la ruche. Après mon test en 2011, c'est une telle corvée
que j'ai été contraint d'abandonner cette idée. L'acide
formique n'est disponible à l'extrémité des picots que
pendant quelques secondes, puis s'évapore ultra-rapidement}
Qui dit acide
pense aux dangers.. Le seul véritable problème que
pose un traitement à l'acide formique, c'est son mode de
préparation et ses précautions d'emploi comme par exemple
le port de gants de protection et de lunettes et ne pas respirer ses
vapeurs. En dehors de cela, l'Acide Formique me donne des
résultats plus que satisfaisants comparativement aux
autres traitements que j'ai essayé et qui sont pourtant des
classiques de l'apiculture professionnelle. J'ai donc
créé mes propres bandelettes prédosées pour mon usage
interne afin de ne pas perdre de temps aux ruchers. Je me
vois mal en effet, répandre à la seringue, la dose précise
d'AF sur chacune d'entre elle. Il me suffit donc d'ouvrir
le toit, poser mes deux bandelettes dans le nourrisseur
(vide cela va de soit) et de refermer le toit soit environ
15 secondes par ruche ! L'application connue jusqu'à
ce jour de l'acide formique se fait essentiellement par
évaporation par le plancher de la ruche. Si un tel
traitement reste efficace il requière cependant des
températures relativement douces (au minimum de 18°). En
deçà, le dégazage n'est pas suffisamment efficace pour
diffuser dans le corps de ruche ce qui explique qu'une
quantité importante de produit soit diffusée sur un lange
couvrant tout le plancher. C'est pour éviter cette
cause que j'applique notre traitement en utilisant le
nourrisseur de la ruche, indépendamment du fait qu'il soit
en plastique ou en bois (surtout pas métallique). Puisque
la chaleur du nid à couvain "monte", obligatoirement le
nourrisseur ne subit pas les écarts de température que
subit le plancher. Ainsi, il peut faire 10° à l'extérieur,
j'ai acquis la certitude que le nourrisseur joue un rôle plus
efficace. Et puis, il est utile de souligner le fait
qu'un substrat bien dosé ne met pas la vie de la colonie
en Danger. Une fois l'évaporation d'une dose adéquate, il
est possible de laisser la bandelette dans le nourrisseur
plusieurs jours ou semaines. Il n'y a pas lieu de les
retirer obligatoirement puisqu'il n'y a plus de produit !
En revanche, quand on a besoin du nourrisseur, c'est
évident.
Pour
aider mes abeilles à se débarrasser du Varroa:
|
Encore une fois, L'utilisation
de l'acide formique requiert la plus grande
attention. Ce produit peut être salvateur comme
destructeur, tout étant une question de dosage interdépendant
du nombre d'abeilles et du volume de confinement pour le
traitement. A trop fort dosage, on risque
l'asphyxie et un stress énorme des abeilles et, à contrario, à trop faible dosage, une inefficacité
à ne pas douter. D'autre part, un mauvais dosage ou
une mauvaise utilisation peut bloquer la ponte de la reine;
pire, la rendre stérile définitivement ou la tuer. Mon modus
operandi pour
aider mes abeilles à lutter efficacement
contre le Varroa est décrit dans mon cours
d'apiculture. Mais sans vous obliger, vous pouvez en prendre connaissance
sur cette page plus succinctement dans les grandes
lignes. depuis cette
année, j'ai mis au point le dosage de différentes
bandelettes convenant spécifiquement pour un
traitement de printemps ou d'automne pour des
ruches à 10 cadres mais aussi pour des ruches à 12
cadres qui contiennent beaucoup plus d'abeilles. (Le dosage est de 13ml au
lieu de 11 ml) Attention toutefois à ne pas
utiliser des bandelettes pour ruches 12 cadres si
vous n'avez que des 10 cadres ! Cela équivaudrait
à un surdosage mortel pour les reines. Il faut
savoir rester raisonnable et ne pas penser qu'en
mettant plus, ce sera plus efficace. Comme je le
montre dans mon cours, l'équilibre ne tient qu'à
un fil.
Cliquez sur
l'image ci-contre pour lancer mes explications |
L'efficacité de
l'acide formique dans le traitement contre le varroa: Tout d'abord, les ruches doivent être équipées
d'un plancher 100% grillagé dit "à ouverture totale".
Le dessous du plancher sera lui, équipé d'une
planche de fond. Un "rail" est
généralement prévu pour cela sur la partie inférieure du
plancher. L'ouverture totale du plancher (grillagé)
permettra de faire tomber les varroas en dehors de la
ruche. La planche de fond permet de récupérer les varroas
morts ou incapables de remonter. Au moment du
traitement, cette planche doit être parfaitement propre et
débarrassée de toutes impuretés. On peut l'enduire d'une
couche de graisse végétale afin d'enliser les varroas qui
tomberont. - j'introduis une bandelette (ou
deux selon l'importance de la colonie et son taux
d'infestation) directement dans le nourrisseur, -
Je laisse agir l'évaporation (qui dure environ 24 heures).
Il n'est pas nécessaire de retirer les bandelettes de
suite car de toutes manières, le produit s'est totalement
volatilisé. J'attendrais pour cela la certitude de
l'efficacité du traitement ou bien le moment venu
d'introduire une 2ème bandelette..
- Mais déjà, après une heure, je peux voir sur la planche de
fond, les premières chutes de Varroa. Cela indique par
conséquent que la colonie était bien infestée et que mon
constat visuel ne laissait aucun doute possible. Il est à
noter que les premiers varroas tombés sont encore vivants
pour la plupart d'entre eux. Je pense qu'ils sont très sensibles aux
odeurs et principalement aux émanations de cet acide
formique. Ils cherchent à fuir la ruche, les cellules
du couvain non operculées et surtout les abeilles. - Le sixième
jour, je reviens constater la quantité de varroa tombée.
C'est souvent impressionnant. Je change ou nettoie la plaque de fond très
minutieusement, plaque que je ré-enduis de graisse.. - 24 Heures plus tard, exactement à la
même heure du nettoyage de la veille, (soit le 7ème jour),
je retire la planche de nouveau très délicatement puis je
compte les varroas tombés dans cette période de temps de
24 heures. - Si je compte moins de 3 varroas, c'est à
dire un ou deux maximum, je peux en conclure que l'application a été efficace surtout si la colonie est très
populeuse. En revanche, quand je compte plus de 3 varroas,
je considère alors qu'une deuxième application doit être
effectué sans attente**. Dans ce cas, je retire la
bandelette qui est en principe complètement sèche et la
remplace par une nouvelle bandelette. - Je recommence
exactement la période de contrôle comme je l'ai fait pour
la première bandelette... et le 7ème jour, (après avoir
parfaitement nettoyé la planche de dessous de plancher le
6ème jour), je procède à un nouveau comptage de varroas :
Moins de 3 varroas, j'estime que l'application a été
efficace mais à partir de 3 varroas, alors je procède à une
3ème application (ce qui est extrêmement rare, mais que je
ne néglige surtout pas en se disant qu'après tout..) ** Il est cependant important de prendre en considération que dans le cycle infernal de la reproduction du Varroa, un bon nombre d'entre eux vont survivre à ce
dégazage. Il s'agit des varroas qui étaient emprisonnés dans les cellules operculées du couvain. L'opercule de ces cellules aura servi de "bouclier" non seulement aux larves mais également à leur prédateur. Dès l'éclosion des jeunes abeilles, celles-ci vont réarmer le cycle de reproduction des varroas aussi, je considère qu'il est important de procéder à une seconde
application d'office surtout si la première a été effectuée en présence de couvain operculé. D'un autre coté, si
on attend qu'il n'y ait plus de couvain pour recourir à
l'acide formique, les colonies risquent fort d'être décimées par une infestation de varroas
sur les larves qui font partie de celles mises en
operculation au moment du traitement.
En revanche, à moins que
le taux d'infestation soit très important, j'applique maintenant pour le second
traitement des bandelettes moitié moins dosées, autrement
dit, les mêmes bandelettes que j'utilise au printemps
(dosées à 5.5ml au lieu de 11ml),
Il est certain que cette méthode est plus contraignante que celle qui consiste à placer des
bandelettes traditionnelles fournies par les ruchers
écoles ou les GDSA et au nom bien connu. Mais pour moi, après avoir
tout essayé, y compris le traitement aux huiles essentielles, en passant par la fumigation à l'acide Oxalique etc.., c'est celle que je retiens
maintenant d'autant plus que je maîtrise
parfaitement son usage. C'est elle qui
non seulement a été la plus efficace dans mes ruchers, mais qui fait appel à des produits on ne peut plus naturels
encore une fois. J'ajoute même que pour le début de cette
année 2011, l'application méthodique et rigoureuse, de
l'automne 2010, a enfin porté un fruit remarquable. En
effet, c'était la première fois que je m'employais à une
application stricte, rucher par rucher et ruche par ruche, indépendamment du fait qu'il y ait ou
non du couvain.
Un recours
à l'acide formique (comme toute autre chimie) ne doit pas avoir lieu alors qu'une
seule ou plusieurs hausses sont disposées sur la ruche en
question à moins de les isoler 24 heures par pur principe de
précaution. Le magasin à miel doit impérativement être
préservé même si l'Acide Formique ne laisse pas de traces
résiduelles à l'inverse d'autres produits chimiques bien
connus et trop largement utilisés. N'oubliez pas que si
nous dénonçons les pratiques agricoles qui utilisent des
pesticides mortels pour nos abeilles, les produits utilisés par l'apiculteur pour débarrasser les
parasites de ses abeilles, ne devraient pas nuire ni à
leur santé ni à celle de l'homme.. Or, les rapports des
GDSA ou les conférences organisées au cours de colloques
ou salons apicoles montrent que les analyses des miels et
des cires
laissent souvent apparaitre des résultats de traitements
chimiques supérieurs à la
normalité.
Un Constat pour
l'obtention de mes meilleurs résultats : J'ai remarqué 2
périodes favorables pour lutter efficacement contre le Varroa: - Au
printemps (par une application flash d'appoint de sortie d'hiver -
seulement quand le besoin s'en fait sentir).
En effet, je ne traite que les colonies qui en ont besoin. - A l'automne après la récolte de miel
(application de fond d'office) Ceci étant, si entre ces périodes,
je constate des abeilles aux ailes nécrosées ou des varroas sur le dos des abeilles d'une de mes colonies, alors
j'effectue sans tarder un dégazage d'appoint par AF à 88% afin que cette
dernière n'infeste pas les autres colonies de mon rucher.
Selon le degré d'infestation, je décide alors d'effectuer
soit un traitement de printemps (5.5ml), soit si la
colonie est bien infestée, une bandelette dosée à 11ml
Comment peut-on
voir si les abeilles ont du varroa ? Ce n'est
pas évident quand on débute surtout seul(e) ou
isolé d'autres apiculteurs. Si vous apprenez à
regarder un panoramique du cadre et non un endroit
précis, votre œil sera
attiré par les "pixels" de couleur différente de
l'ensemble de la couleur du tableau; cela demande
un peu d'entraînement. Parfois, c'est un peu plus
facile. En effet, certaines abeilles ont des ailes
nécrosées voire plus d'ailes du tout. Bien que ce
phénomène puisse être annonciateur d'un certain
virus, quand les colonies sont saines, si on
trouve de telles abeilles c'est certainement qu'il
y avait du Varroa tapis au fond des cellules du
couvain au moment de la ponte de la reine.
Affaiblie, la larve d'abeilles se développe
anormalement, Varroa l'amputant bien souvent de ses
ailes. Du reste, lors des visites
de cadres, je vous encourage à retirer manuellement ces abeilles aux ailes inexistantes car, bien que ce soient d'excellentes ouvrières, elles contaminent la colonie par les très nombreux "bébés Varroas" qu'elles transportent. Cela ne débarrassera pas votre colonie de ce prédateur, mais ralentira son développement.
Cela me fait penser à la lutte contre les
doryphores où la main du jardinier attentionné est
souvent plus efficace que certains pesticides bien
connus.. Bien sûr, cela demande du temps mais en
contrepartie, quel résultat ! |
Cliquez sur la photo pour lancer la vidéo |
|
Si vous observez bien la photo ci-dessus, vous
pouvez voir que l'abeille qui se situe au centre a
les ailes nécrosées et porte un varroa sur le
thorax. Le petit film que vous pouvez visionner
ici en cliquant sur l'image vous en montre plusieurs dans cet état. Il ne
faut pas attendre plus longtemps.. je traite ! |
|
Comment savoir si la ruche est infestée par le Varroa ?
Dès lors que vous
apercevez la présence de varroas sur le thorax ou l'abdomen de
l'abeille, ou bien que vous soyez en présence d'abeilles aux ailes
nécrosées (voir la vidéo ci-dessus), c'est l'indice que le cycle d'infestation est bien commencé.
C'est un peu comme le cycle des poux de nos chers bambins.
Bien souvent, on n'aperçoit pas de varroa tout au long de la
saison, et puis tout à coup, immédiatement après les premiers
refroidissements annonçant l'automne, voilà que nos ruches se
retrouvent infestées de ce prédateur.. Dans la ruche, vous
devez savoir reconnaître un varroa mort naturellement. Pour ce
faire, observez sur la planche de dessous du plancher, ces
minuscules petits "crabes" brunâtres. Bien souvent du
reste, il est difficile d'en trouver pour la bonne raison que
fourmis et autres perce-oreilles font un festin de tous les
vestiges de cires et de pollen qui tombent sur cette planche. Vous
retrouvez bien souvent une couche mi-poussière, mi-terre, qui
n'est du reste pas représentative de ce qui tombe de plus haut
surtout pour celles et ceux qui ne visitent pas régulièrement
leurs colonies. Si vous doutez, prélevez
plusieurs abeilles mortes et examinez-les à la loupe à fort grossissement. Dès
l'instant où l'on voit une abeille avec un varroa, il y en a
forcément d'autres. Mais surtout ne devenez pas "Varroaphobes".
Continuez à noter et observer. Si, lors de vos visites prochaines
vous confirmez la présence de varroas, alors, vous devrez
envisager un traitement. Pour ce qui me concerne, encore une
fois, j'effectue un traitement systématique dès la récolte de miel
terminée et de suite après le nourrissement. Souvent en effet et surtout dans les fortes populations, il est parfois difficile d'observer des varroas sur les abeilles. Je n'attends donc pas une infestation générale et interviens
par sécurité ou principe de précaution à cette période.
Souvent, des lecteurs me posent la question de savoir comment,
avec certitude, il y a ou non du varroa. Par sécurité, on
peut utiliser une bandelette de 5.5ml d'acide formique et on la
laisse agir 24 heures. Si au bout de ce laps de temps on constate
la présence de varroas tombés sur la planche de fond du plancher,
alors, il y a présence de varroas.
L'après Varroa ?
Imaginez qu'un
crabe de 12 à 15cm d'envergure squatte le dessus de votre abdomen
! Il a forcément percé non seulement votre peau, mais l'épiderme
et le derme pour atteindre les tissus dans lesquels il va puiser
jusqu'à ce que vous parveniez à vous débarrasser ! Un film
d'horreur jamais sorti à ce jour et pourtant, c'est ce qu'il se
passe chez l'abeille. Avec un traitement par acide formique,
le varroa se détache de son hôte pour fuir ces vapeurs fortement
incommodantes. Il tombe et vous voilà heureux de constater
l'efficacité du traitement. Cependant, il a perforé le tégument de
l'abeille, laissant au passage une plaie béante ! Dans mon
cours d'apiculture, (session 2010-2011), une vidéo de courte
durée montre que l'abeille sait comment se panser de manière
urgente. D'autres abeilles enduisent cette perforation de miel et
notre abeille n'a plus qu'à se rendre dans la nature où elle
trouvera des fleurs aux pouvoirs cicatrisants. C'est une autre des
raisons qui me pousse à dire qu'il ne faut pas attendre
tardivement dans la saison pour traiter ses abeilles contre le
varroa. En effet, comment pourrait-elle trouver ces pollens
cicatrisants ? Quand
elle ne peut pas le faire, elle est vouée à une mort certaine. Si
encore il n'y avait que ce risque ! Toute plaie est pathogène.
Dans le cas de l'abeille, cela peut être une porte ouverte à
l'invite des spores de Nosema présents dans l'air ambiant tout
autant que dans le confinement de la ruche, cela peut permettre à
de mauvaises bactéries ou virus de s'introduire et déclencher une
véritable épidémie au sein de la colonie. Alors s'il vous
plaît, faites en sorte de prendre soin de vos abeilles tout au
long de l'année et pas seulement en fin de saison. Je ne veux pas
dire qu'il faut traiter toute l'année, loin de moi cette pensée,
mais que lors de vos visites, soyez attentifs !
Dosages précis: Pourquoi du 88% ?
L'acide formique que j'utilise a une concentration de 88%. Sur internet vous pouvez lire différents modes opératoires avec de l'acide à 60%, voire 80%.
Alors pourquoi 88% ? Tout simplement pour réduire le temps de
dégazage tout en augmentant son efficacité. En effet, à une telle concentration, l'évaporation est plus rapide sous l'action de la ventilation des abeilles et les vapeurs se propagent mieux surtout dans des colonies
fortes en population. J'ai effectué des essais avec des concentrations supérieures (95%, puis 90) mais j'ai pu observer une mortalité importante d'abeilles et perdu 2 reines sur les 15 ruches qui m'ont servi pour mon étude. A 85%, j'obtenais
presque le même résultat qu'une concentration à 80%. Par une
méthode plus ou moins empirique, j'ai affiné la concentration dans le but d'avoir un maximum d'efficacité avec une courbe de réponse ultra rapide pour le débarras des varroas. Une heure après la pose des bandelettes, je pouvais observer plusieurs dizaines de varroas tombés sur des colonies où je n'en voyais pas à l'œil nu sur les abeilles.
Avec un produit du commerce à 60%, l'efficacité était
totalement aléatoire. Il était donc indispensable d'étudier sur un
nombre suffisant de colonies, les différents résultats à
différents dosages, l'échelle allant de 60% à 95%. Il m'a fallu
deux saisons pour établir que l'acide formique à 88% était celui qui
me donnait les meilleurs résultats. Depuis maintenant quelques
années, mes observations de mes résultats montrent une bonne
stabilité avec ce type de produit. Les abeilles sont assez
fortement incommodées pendant une heure et puis, tout rentre dans
l'ordre. Compte tenu que l'application de mes bandelettes sera
faite en deux ou trois temps, je ne ferme plus les portes
d'entrées afin que les abeilles qui "suffoquent " puissent sortir
librement de la ruche. J'ai observé que ce ne sont généralement
pas celles qui sont porteuses de varroas.
Quand un traitement est efficace, on peut apercevoir une sorte de séance d'épouillage
sur les planches d'envol comme le font les singes en colonies. Chacune s'occupant d'une autre. Mais j'avais déjà observé cette attitude avec les
colonies fortement peuplées en minuscules petites fourmis qui,
souvenez-vous, élèvent leurs
œufs sur les couvre-cadres ou sous les toits des ruches en saison ..
10 ou 12 cadres ? Depuis cette année, il existe une formule
pour les ruches à 12 cadres. Les bandelettes sont dosées à 13ml
pour les dosages de traitement d'automne et à 6.5ml pour les
dosages de printemps. Attention ! ne soyez pas tenté d'utiliser
les bandelettes réservées pour les 12 cadres quand les ruches ne
sont que des 10 cadres, votre traitement risquerait alors de
conduire à une catastrophe bien prévisible ! Les dosages décrits ici sont pour des
ruches Dadant, Voirnot ou Langsthrot. Pour les ruches Warré, il
faut couper les bandelettes au prorata du nombre d'éléments et de
cadres de couvain, ce qui est plus compliqué. Les
contraintes de l'Acide Formique: Comme j'en ai esquissé un mot
un peu plus haut, le dégazage de l'acide formique est vraiment
super pour chasser presque la totalité des varroas adultes. En
revanche, dans le couvain operculé, l'enveloppe de protection
(l'opercule) peut jouer un rôle de filtre réduisant
considérablement l'efficacité du produit. De nombreux varroas
devenus adultes pendant la métamorphose de la larve
d'abeille seront tués. Ce sont, en général ceux que l'on retrouve
morts, sur les planches de fond. Ceci étant, des œufs de varroas
pouvaient très bien être présents dans les cellules au moment du
traitement. Ces œufs vont donc immanquablement réinitier le cycle
de réinfestation. Il est donc important de renouveler le
traitement 7 jours plus tard, puis encore 7 jours plus tard.
L'idéal serait de traiter une fois qu'il n'y a plus de couvain
mais les températures n'autorisent pas toujours l'ouverture des
ruches car en ouvrant pour vérifier, on ferait plus de mal que de
bien.
Quelle est la meilleure méthode d'utilisation
de l'acide formique ?
J'ai fait des comparatifs entre une
application par le dessous du plancher, une autre à l'aide de diffuseurs (évaporateurs
que l'on trouve dans les catalogues de matériel apicole) pour finalement constater que le fait de disposer des bandelettes
absorbantes directement
dans le nourrisseur est ce qu'il y avait de plus efficace. Ainsi, la diffusion
des gaz (dégazage) est moins violente
qu'en disposant les bandelettes sur les cadres comme je le faisais dans le
passé, mais le temps de dégazage s'en trouve un peu augmenté laissant toutefois les abeilles reprendre
plus vite leur activité.
Signalons un autre avantage en disposant les bandelettes dans le nourrisseur. C'est celui de la diffusion des vapeurs même à basse température extérieure.
Si vous utilisez des nourrisseurs plastiques, il est possible de placer les bandelettes directement dans les compartiments ce qui produit une bonne efficacité.
D'autre part, le fait de disposer l'acide formique sur un substrat absorbant
dans le nourrisseur,
me permet d'effectuer le tour de mes ruchers même sous la pluie sans déranger
les
abeilles et enfin, empêche les abeilles de propoliser les bandelettes. Le
nourrisseur étant situé au-dessus du couvain, cela produit une chaleur douce et
humide dans le nourrisseur lui-même.
Très poreux
mais absorbant, ce substrat des bandelettes permet une évaporation totale. Après 24 heures, il n'y a plus du tout d'émanation. Les bandelettes ne peuvent pas être réutilisées car elles sont fortement dégradées sous l'action de l'acide,
mais pas le nourrisseur. En revanche, ne mettez jamais des bandelettes à l'acide formique si vous
avez des nourrisseurs métalliques.
J'utilise les bandelettes que l'on peut se procurer sur le site
agriculture-bio.com/acide_formique.htm.
Après la récolte
du miel puis le nourrissement, C'est le moment le plus favorable pour
aider les colonies à lutter contre le Varroa ! Quelque soit le
traitement retenu, N'attendez pas l'hiver !
Je suis assez surpris de constater que
bon nombre d'apiculteurs surtout parmi les amateurs, bâclent ou n'attachent pas une haute importance à ce prédateur. Il ne faut pas s'étonner donc que le taux de mortalité
de fin d'hiver soit si conséquent. Il ne faut pas attendre l'hiver, quand les abeilles auront alors
débuté leur cycle de mise en Grappe. L'utilisation de l'acide
formique trouvera un maximum d'efficacité vers la mi-septembre, ce
qui laisse le temps d'agir une seconde fois si c'est nécessaire ou
indispensable avant que la reine ponde ses abeilles d'hiver.
Encore une fois, j'effectue mes traitements après le nourrissement
des colonies. Bien évidemment, les apiculteurs qui nourrissent
leurs colonies tardivement n'obtiendront qu'un très piètre
résultat dans la lutte contre le varroa. Comme je l'ai expliqué un
peu plus haut, il faut comprendre que le traitement doit se faire
quand il y a encore de l'activité dans la ruche. Nous
étudierons dans le cours, les bienfaits d'un nourrissement en
temps et heure. Retenez pour l'instant que le nourrissement doit
se faire suffisamment tôt en fin de saison dès lors que les
colonies ne disposent pas d'une réserve de miel suffisante.
Certaines colonies ont en effet bien joué leur rôle en stockant
toutes les provisions dans les hausses. Après le passage de
l'apiculteur, elles se retrouvent sans ressources ou presque,
parfois à la limite de la famine. Si l'apiculteur est négligent,
une telle colonie sera très affectée et sa population souvent plus
suffisamment nombreuse pour faire front à un hiver rigoureux.
Enfin, n'oubliez pas que lorsque les abeilles "descendent" le
sirop dans les cadres, elles doivent pouvoir disposer du temps
nécessaire à la transformation du sirop en miel. Quand un
nourrissement est trop tardif, elles n'auront pas le temps de
procéder à cette opération et le sirop sera stocké tel que avec
bien souvent à la clé une cristallisation si puissante que les
abeilles ne pourront pas même se nourrir avec. Quel dommage !
Les kits de bandelettes proposés sont des kits de 10 bandelettes.
Il faut compter 2 bandelettes par ruche. et depuis que j'opère ainsi, je n'ai
plus de problème de mortalité à cause du varroa (en réalité, 3
colonies pour 320 ruches soit un taux tout à fait acceptable).
Ma Conclusion: On nourrit d'abord, on traite ensuite mais .. dès
la mi-Septembre !.
Traitement de printemps à l'acide
Formique On me pose souvent la question: dois-je traiter
mes ruches au printemps ?
A titre personnel, sachez qu'au printemps, je traite en sélectif et non en
préventif car ce dernier n'a aucun pouvoir s'il n'y a pas de
varroa si ce n'est que le pouvoir de bloquer le développement de
la colonie. Vous devez donc acquérir la certitude que vos colonies
soient porteuses de varroas. Si tel est le cas, il ne faut pas
attendre ! Si lors de mon tout premier contrôle de
printemps, j'observe que certaines abeilles sont porteuses de
varroa, alors je traite ponctuellement mais sans délai, uniquement les colonies
qui doivent l'être à l'exclusion de toute autres. Ce n'est pas
la peine d'aller secouer les abeilles qui n'en n'ont pas besoin !!
Nous sommes là pour les aider et non les empester inutilement.
Vous trouverez des bandelettes
prédosées en
vente ici:
cliquez ici
Stockage des bandelettes. Les
bandelettes à l'acide formique se dégradent assez rapidement. Les
conditions de stockage sont par conséquent très rigoureuses. Pour
ce qui me concerne, je les confectionne généralement dans la
semaine qui précède l'application. Sachez cependant que vous
pouvez les stocker dès réception dans le bas d'un
réfrigérateur (Attention aux enfants !!). Le réfrigérateur doit être
une solution temporaire. Par exemple, dès réception des
bandelettes et en attendant le jour du traitement. Encore une
fois.. bien que l'emballage soit hermétique, Attention aux enfants
!! |