Acide Formique: Le Varroa et son Traitement

Date de dernière révision: 04/01/2012

 

Introduction
Le traitement radical contre le Varroa n'existe pas ! Pour meilleure preuve, on doit traiter chaque année.. même avec des souches d'abeilles qui parviennent à lutter naturellement.
Pour obtenir le meilleur résultat contre le varroa, l'idéal est de le faire dès lors qu'on s'aperçoit que nos abeilles en sont porteuses et ne pas attendre la fin de saison pour s'en occuper. Malheureusement, trop d'apiculteurs attendent et traitent trop tardivement leurs colonies car en saison, il y a la production de miel, or, les pesticides utilisés pour les traitements des abeilles laissent des traces dans les miels et les cires. Une certaine presse (qui n'a pas ou plus d'os à ronger) essaie de pointer du doigt les miels qui contiennent des pesticides. Fort heureusement, la plupart des apiculteurs pros français sont très sensibilisés à cela et font d'énormes efforts pour ne pas sombrer dans ce travers. Or, on ne peut en dire de même des importations de miels qui se retrouvent coupés avec nos miels français. Quoi qu'il en soit, le pétard mouillé des articles de presse visant à dénoncer les pesticides dans les miels français, s'est éteint à l'allumage car, au risque de me répéter, la production française est en général bien en dessous des seuils autorisés par la législation européenne.
Pour la grande majorité des apiculteurs, le traitement contre le varroa s'effectue par conséquent à la fin septembre, après la levée des hausses à miel...

Acide Formique et Traitement du Varroa, prédateur de l'abeille
Avec l'acide formique, le traitement contre le varroa peut s'effectuer à n'importe quel moment de l'année sans qu'il laisse de traces dans le miel ou de résidus dans la cire des cadres. Mais ce produit n'est pas simple à utiliser et à doser car il requiert un certain nombre de précautions que nous étudierons un peu plus loin.  D'autre part, avant de traiter à tout va quelque soit le produit, il faut avoir une bonne connaissance sur cet ennemi de l'abeille et son mode opératoire de reproduction. (inscrivez-vous à mon cours d'apiculture).
L'acide Formique, à l'opposé des traitements conventionnels proposés sur le marché est un produit dangereux dont les dosages sont stricts et la méthode d'utilisation très rigoureuse. Elle ne convient pas pour les gens qui n'ont pas de temps à consacrer à leurs abeilles tout comme les apprentis chimistes qui feront une macabre découverte s'ils pratiquent dans l'ignorance. Il ne suffit pas de placer une ou des bandelettes d'acide formique dans la ruche pour croire que cela va suffire !
Le Traitement des colonies avec de l'Acide Formique requière 4 à 6 fois plus de temps qu'un traitement de type Apivar®. Alors dans ce cas, la rentabilité risque fort d'être compromise.

Quand traiter ?
Un petit rappel me semble nécessaire
si j'en juge les très nombreuses questions du courrier des lecteurs:
Dès la fin de la miellée, et au plus tard une dizaine de jours après le retrait des hausses, on procède au nourrissement des colonies (si celles-ci en ont besoin). Une dizaine de jours plus tard encore, si vous traitez à l'acide formique, il faut procéder au traitement contre le varroa et pas en octobre ou en novembre ce qui est trop tard ! Ce n'est pas quand les colonies seront infestées qu'il sera temps de le faire; du moins vous risquez d'essuyer plus de pertes.
Dans notre élevage, nous traitons chaque colonie individuellement en cours de saison dès que nous nous apercevons que les abeilles sont porteuses de varroas. Je n'attends plus jamais la fin de saison pour le faire. Quand un membre de la famille prend une grippe, il n'attend pas que tous les membres soient touchés pour se soigner et ainsi, toute la famille n'est pas obligée de se traiter n'est-ce pas ? C'est ainsi que j'agis, quand il y a lieu de le faire, en cours de saison. En fin de saison, alors seulement, je traite l'ensemble de mes colonies par pure précaution car avec le retour des premières nuits fraîches, le cycle du varroa renoue immanquablement avec la destruction des colonies.
Comprenez que lorsque le cycle du varroa est facilité voire "réarmé", l'infestation se développe d'une manière exponentielle en quelques jours si nous n'avons pas un moyen ultra efficace pour stopper net ce développement. L'acide Formique a souvent été décrit comme un moyen "flash" avec des résultats surprenants et redoutablement efficaces (j'ajoute: "surtout quand le dosage est précis").
Il est temps de fermer les planchers même si les températures sont encore chaudes en journée. Plus vous attendrez, plus vous faites courir de risques à vos colonies car la croissance de développement de Varroa est fulgurante et exponentielle.
Il est connu de l'ensemble des apiculteurs que dès la mi-juillet (parfois avant selon les régions), les reines décroissent leur ponte petit à petit jusqu'à la fin de l'été où là, elles se contenteront de ne pondre que le couvain qui aura la lourde tâche de passer toute la période hivernale. Or, c'est justement à ce moment que redémarre le cycle du Varroa. Et puisque la ponte est ralentie, la vitesse de croissance de l'infestation au varroa dépasse celle des naissances d'abeilles. En une trainée de poudre, et en moins de temps que vous le pensez, l'infestation peut être fatale à la colonie même si vous traitez à l'acide formique car trop d'abeilles seront touchées. Oh bien sûr, vous allez faire tomber des varroas par milliers, mais il est souvent trop tard car l'affaiblissement d'une colonie touchée par le varroa risque de ne pas pouvoir s'en remettre. Une fois le varroa tombé, il ne faut pas oublier qu'il laisse une perforation dans le tégument de l'abeille et tout comme chez l'humain, cette plaie peut très vite s'infecter par des bactéries pathogènes ou des virus.
Par conséquent, souvenez vous de cela: N'attendez jamais la fin de saison pour traiter !

Le bricolage maison:
Si dans le passé j'ai joué les apprentis chimistes, ne refaites pas mes erreurs et optez pour des solutions qui fonctionnent bien. Cela m'a coûté un certain nombre de colonies alors que je souhaitais réaliser des économies. Le problème varroa est un problème sérieux encore une fois ! Vous vous éviterez ainsi bien des pertes. Vous pensez quoi ? Gagner quelques euros sur votre budget d'apiculture ? Combien de ruches avez-vous pour que cela en vaille la chandelle ? Avoir le sentiment de régner en maître sur votre activité de loisir ? Le Varroa est un véritable fléau et il ne faut pas le sous-estimer. Pourquoi fuir les méthodes qui fonctionnent pour tenter une approximation de copie de produits plus ou moins illicites et qui plus est, dont les molécules sont parfois hautement cancérigènes quand les dosages ne sont pas corrects ?
Dans la panoplie de l'apprenti chimiste, il y a malheureusement souvent une chose bien cachée: la mort des colonies par la seule faute de l'apiculteur.
Bien sûr, tout n'est pas forcément voué à l'échec Dieu Merci ! Sur internet, on trouve souvent de bonnes informations mais malheureusement tout autant, voire plus, d'informations hasardeuses et non vérifiées pour ne pas dire qui conduisent dans le mur. Dans le système "débrouille" figure une célèbre poudre anti tiques que l'on peut facilement se procurer en Pharmacie. De plus, la molécule est celle qui est utilisée dans les produits préconisés. La tentation est alors grande pour économiser quelques euros par ruche. Quand on lit sur internet le modus opérandi de ces poudres, et bien il ne fait plus bon consommer du miel, du moins le miel de ceux qui tombent dans ce travers !
Nombre de "papiculteurs" traitent avec des produits illicites comme le Taktic dont je viens de parler juste un peu plus haut (Le principe actif est l'Amitraz). Ces produits n'étaient peut-être pas interdits dans le passé, mais ils le sont devenus aujourd'hui, soit pour des raisons de santé publique, soit aussi parce que des laboratoires hold-upent des réseaux en essayant de faire main basse comme c'est le cas en médecine, sur un marché qui au fond, n'est pas aussi "juteux" que cela. Quoi qu'il en soit, N'oubliez jamais que la plupart des pesticides utilisés dans le traitement du Varroa laissent des résidus chimiques dans les cires, propolis, pollen comme je viens de l'écrire juste un peu plus haut.. Alors si vous êtes de ceux qui prônent à leurs voisins qu'on attend une cessation de l'utilisation des pesticides qu'en serait-il si on découvrait dans votre propre miel, des traces de résidus chimiques introduits par votre seule main ?

Varroa, un sujet fort préoccupant toute la saison
De nombreux ouvrages et sites internet parlent du Varroa ainsi que quelques recherches scientifiques très sérieuses.
J'ai souhaité créer cette page pour dresser mon constat d'études personnelles et vous faire part de mes observations portant sur plus de 300 colonies. Je n'ai pas la prétention de tout connaître mais ce sujet est tellement sérieux et préoccupant qu'il me semble en effet de mon devoir de vous donner cette connaissance et vous faire profiter de mon expérience portant sur treize années d'apiculture dont dix en pro.
Pendant mes années de débutant, j'ai trop longtemps sous-estimé la puissance destructrice de ce parasite, croyant ci ou là qu'il ne servait à rien de traiter car l'abeille devait faire face et se défendre seule. D'autre part, n'étant pas un adepte des traitements (chimiques principalement), je faisais plus ou moins confiance à la nature, mais je reconnais aujourd'hui que ce laxisme et utopie de ma part était en très grande partie la genèse même des pertes de mes colonies.
Aussi, je vous encourage à ne pas commettre les mêmes erreurs et ne pas suivre ceux qui prétendent ne pas traiter ("Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais" en quelques sortes) car il s'agirait d'une attitude totalement irresponsable.
Comment pouvons nous donc pointer du doigt l'agriculture qui pollue les terres et ses produits si nous mêmes agissons parallèlement de la même manière ?
Si aujourd'hui l'abeille traverse une époque très difficile, nous avons pour devoir de l'aider dans ce monde que nous avons, nous humains, dégradé bien souvent au nom d'une soit-disante biodiversité générée par une science avide de diriger l'agriculture mondiale et qui se contrefiche pas mal de la santé humaine à court, moyen ou long terme. A contrario, cela ne nous autorise pas à faire n'importe quoi dans ce domaine. Il est impératif que nous prenions soin de nos colonies tout au long de la saison plutôt qu'attendre la fin de celle-ci.

Des Abeilles plus résistantes que d'autres.. ?

On peut avoir la chance d'avoir des souches résistantes au varroa. C'est notamment pour cette raison que les critères de sélection chez les éleveurs sont de la plus haute importance. Par exemple, chez Abeille & Nature, il s'agit de l'un de nos tous premiers critères sélectifs. Quand une colonie nécessite plus de 2 traitements anti varroa dans son année, elle est non seulement mise à l'index, mais nous procédons à son remplacement sans prélever le moindre essaim sur celle-ci. Ainsi, petit à petit et au fil des ans, nous sommes parvenus à diminuer considérablement les taux d'infestation. Ce long travail de sélection devrait être effectué chez tous les apiculteurs et pas seulement chez les pros.

A propos du Varroa
Varroa est un arachnide (4 paires de pattes); il fait partie de la famille des gamasides acariens. Le Varroa n'est pas un insecte (3 paires de pattes).
Sa taille varie de 1/4 de mm à 3/4 mm

Observations Personnelles

J'ai observé au microscope (x500-1000) à la "naissance" ou éclosion de bébés Varroas. La femelle Varroa pond ses œufs soit directement dans la cellule à couvain devant recevoir un œuf de la reine soit directement dans le système pileux de l'abeille (un peu comme à la manière des poux et lentes dans les cheveux d'un enfant) En fin de saison, quand il n'y a plus de couvain, elle peut aussi, alors qu'elle est en squat sur une abeille, pondre sous sa carapace afin de protéger ses œufs jusqu'à leur éclosion. Bien protégés sous cette carapace, ils peuvent être jusqu'à une bonne dizaine.
Alors que chez la plupart des arachnides, les naissances donnent directement de jeunes adultes, Chez le varroa, ceux-ci ne sont pas totalement formés. Leur bouche très développée ressemble à une foreuse de tunnel. ils sont dotés d'un genre de tentacule 5 fois plus long que leur corps qui va leur permettre de s'agripper aux poils d'une abeille de passage afin de la squatter. Mais ils peuvent tout aussi bien élire domicile sur la même abeille que leur mère.
La durée de vie d'un "bébé Varroa" isolé de toute source d'alimentation est de 8 jours à 20°. Il semble qu'il y ait une forme de léthargie au-delà dont il peut sortir sous certaines conditions, ce qui expliquerait sa survie dans les alvéoles du couvain et sa résurgence même après traitement. La femelle varroa peut pondre plusieurs œufs dans une cellule du couvain.

La photo montre un gros Varroa luste sous la 1ère tergite de l'abeille
Abeille morte avec son Varroa/FONT>
Ainsi, lorsque la Reine des abeilles pond son œuf, les petits varroas sont déjà présents dès l'éclosion de notre larve ce qui provoquera la mort de cette dernière ou bien l'atrophie de ses membres dont celle la plus visible: les nécroses des ailes. Souvent, de telles jeunes abeilles sont porteuses de plusieurs varroas.. vous imaginez la vitesse de propagation dans la ruche !

Idées à propos du Varroa

II est connu que le varroa joue un rôle important dans la disparition de l'abeille. Certes, on ne peut pas l'incriminer d'une manière directe dans le CCD (entendez Colonie Collapse Disorder - ou syndrome de la disparition de l'abeille). Bon nombre d'apiculteurs pensent que les abeilles en général parviennent à résister à la longue contre ce prédateur, mais que le traitement devient indispensable que lorsque la colonie commence à s'amenuiser. L'argument souvent avancé étant qu'une ruche forte résiste mieux.

Je suis d'accord et pas d'accord avec ce point de vue car ce n'est pas parce qu'une colonie est faible qu'elle est attaquée par le varroa mais que le varroa a affaibli la colonie qui était forte parce qu'il prolifère plus vite que le cycle de renouvellement des abeilles. Pour meilleure preuve, considérons le cas d'un essaim naissant. Il n'y a pas plus fragile et faible que ce type de mini colonie ! Si l'on devait donner raison à l'argument ci-dessus avancé, il ne serait plus possible de multiplier les colonies. [ j'ouvre ici une parenthèse pour souligner que, malheureusement, dans le monde des apiculteurs, c'est souvent celui qui a parlé en dernier qui semble avoir raison et l'apiculteur débutant ne sait plus qui croire tellement les avis sont différents voire, opposés et c'est l'une des raisons qui m'a poussé à développer ce site. Je souviens de mes débuts en apiculture.. Lorsque que posais une question à "jean" la réponse était totalement opposée à celle de "Pierre" encore différente de celle de "Paul".. Qui a raison ? qui a tord ? C'est une véritable cacophonie qui me faire conclure: "Un apiculteur, Une apiculture !"]
En revanche, Que sait-on sur la compensation du nombre d'abeilles nouvellement nées par rapport au nombre d'abeilles décimées dans ce même temps par le varroa ? Il est souvent dit que " Une colonie forte sait résister au varroa" oui et non.. mais pourquoi ?
Quand la colonie est "malade" elle réagit comme le corps humain qui fait de la fièvre et qui par cette manière d'agir tue les microbes pathogènes.
La colonie d'abeilles sait faire un coup de montée de fièvre à l'intérieur de la ruche pour se débarrasser du trop plein de son prédateur. Il est indispensable pour cela qu'elle soit nombreuse et populeuse. D'autre part, une qualité essentielle d'une bonne souche d'abeilles est qu'elles doivent s'épouiller pour se défendre contre les jeunes varroas.
Mais alors pourquoi deviendrait-elle faible ?
L'apiculteur a toujours traité ses colonies en fin de saison afin de ne pas contaminer le miel et ne pas perturber ses colonies car la plupart des produits de traitement sont des produits chimiques qui laissent des traces comme je viens de le souligner un peu plus haut. Pour ce qui me concerne dans mon élevage, dès lors que je constate la présence de varroas sur les abeilles, j'effectue un traitement dit "flash" à l'AF (Acide Formique) même s'il s'agit d'une de mes colonies mères qui sont fortes de nature. Il est incroyable de constater la chute d'un paquet de varroas dans les vingt quatre heures qui suivent. Quelques jours plus tard, je constate que la colonie traitée reprend de la vigueur et redevient populeuse rapidement. Je n'attends plus, comme dans le passé, qu'une colonie soit affaiblie pour la traiter et je n'attends plus la fin de l'été pour le faire ! Quand il y a besoin, je traite .. point final ! A quoi servirait-il d'avoir une colonie boiteuse toute la saison ?
Par précaution, et bien que l'AF soit un produit naturel synthétisé (H--COOH -> CH2O2), je retire la ou les hausses si la colonie en question en possède. En réalité, je la laisse sur place par dessus le couvre-cadres de façon à ne pas être atteinte par les vapeurs du traitement d'une part, et, d'autre part, pour m'éviter d'avoir à transporter les hausses et les stocker même provisoirement avec de grosses chances de créer du pillage d'une part mais aussi de refroidissement du miel d'autre part. Il est à noter ici que ce n'est que par pur principe de précaution car dans le principe même, le dégazage de l'acide Formique est sans danger pour le miel qui en contient à très faible dose de manière naturelle. Lors de traitements acaricides à l'acide formique, ce n'est pas le Varroa qui devient résistant puisqu'un traitement efficace l'éradique de l'abeille. Ceci étant, (et là je m'adresse à tous les candidats apprentis sorciers), un mauvais dosage peut avoir des conséquences dramatiques aussi bien dans le trop que le trop peu).
Dans le courrier des lecteurs, on me pose souvent la question suivante:
Peut-on mettre plusieurs produits de traitement différents ? Raisonnablement NON !, il vaut mieux éviter car nous pourrions rencontrer des interactions et obtenir un cocktail mortel.
Les abeilles ne vivent pas assez longtemps pour s'accoutumer aux traitements Mais, les traitements qui laissent des traces dans les cires, peuvent provoquer un phénomène d'accoutumance.
Pour ce qui concerne l'acide Formique, celui-ci ne reste pas suffisamment longtemps sous forme gazeuse dans la ruche pour que le varroa s'en accoutume ce qui n'est pas le cas des substances comme l'Amitraz, le fluvalinate et autres molécules chimiques toxiques couramment utilisées en apiculture. Il est connu et reconnu que nombre de traitements chimiques imprègnent leurs traces dans les cires des cadres. C'est très probablement ce qui est à la genèse des phénomènes d'accoutumance et de résistance aux pesticides de la part du Varroa.

varroa en train de squatter une larve de bourdon
Photo C.NICOLLET
Varroa, ce minuscule petit acarien de la taille d'une chiure de mouche dont la carapace rappelle une forme de crabe

Après un traitement efficace, il reste toujours dans la ruche quelques abeilles porteuses de Varroas notamment chez les mâles au stade embryonnaire (en saison). Des larves de Varroa peuvent être en squat dans des cellules, principalement les cellules à mâles mais aussi dans de nombreuses cellules femelles. Une dizaine d'entre elles suffit à réactiver le cycle de reproduction et d'infestation de la colonie. Souvenez-vous de mes quelques lignes plus haut: Un bébé Varroa peut vivre plus de huit jours à 20° et 2 à 3 semaines dans une température humide de 32°.
J'ai fait l'expérience de doubler les doses d'acaricide (AF) sur 5 colonies infestées. Le résultat est identique au traitement classique mais j'ai perdu une reine dans l'une des colonies test. (Traitement effectué sur la base d'acide formique à 88% ). En répétant le traitements (aussi bien 7 que 14 jours plus tard), on diminue ce risque mais on ne l'éradique toujours pas à 100% bien que le résultat de ce traitement soit redoutablement efficace.
J'effectue ce type de traitement principalement à deux périodes de l'année:
-1/ avant les premières miellées de printemps quand je constate la présence de Varroas sur plusieurs abeilles d'une colonie. Dans ce cas, je ne traite que seulement la ou les colonies concernées, pas les autres !
-2/ De suite après la dernière levée de miel, après le nourrissement soit vers la mi-septembre, j'effectue un traitement de toutes mes colonies sans exception.

Ceci étant, je peux être amené à traiter une colonie à n'importe quel moment de l'année comme je viens de le souligner. 


L'acide Formique, une aide naturelle remarquable contre le varroa:

Beaucoup pensent que l'acide formique fait partie des traitements chimiques non recommandables. En réalité qu'en est-il ?
Parmi tous les traitements disponibles sur le marché (il reste un des plus difficiles à utiliser, mais très certainement l'un des plus naturels et proches de l'équilibre de l'écosystème de base).
D'une part, son très fort dégazage (évaporation) au contact de l'air par des températures au-delà des 18° incommode l'apiculteur et peut provoquer de très graves brûlures cutanées si celui-ci n'utilise pas de gants de protection.
D'autre part, ce n'est pas un produit facile à doser du fait de son évaporation et de la population d'une colonie. Il ne faut pas rêver, ce n'est pas non plus le produit miracle bien qu'il soit utilisé en agriculture biologique.
Troisièmement, il est plus compliqué à l'utilisation comparativement aux bandelettes proposées sur le marché du traitement car il requiert une présence et de disponibilité plus importante et impose un comptage à un moment très précis.
En effet, comparativement aux bandelettes du commerce, où il suffit de les introduire dans le corps de ruche entre deux cadres, et de les laisser agir plusieurs semaines, l'usage d'acide formique exige une méthode très particulière si l'on veut obtenir d'excellents résultats qui ne doivent rien au petit bonheur la chance.
Alors pourquoi se compliquer la tâche ?
Pour ce qui me concerne, c'est surtout dans un esprit de respect de la nature, car la fourmi procure à l'abeille (d'une manière totalement naturelle - on peut parler de véritable symbiose), un moyen redoutablement efficace pour lutter contre son prédateur: Le Varroa.
Saviez-vous que la fourmi est certainement l'insecte ennemi de Varroa par excellence ? On dit souvent que chaque individu du règne animal a son ennemi ou prédateur.. Et bien pour ce qui concerne le varroa, la fourmi en est un !
L'acide Formique produit par la fourmi est destiné à repousser les prédateurs des œufs qu'elle élève généralement sous le toit de la ruche. Il est composé: d'oxygène, d'hydrogène et de carbone. Sa formule chimique est on ne peut plus simple: CH2O2
Schématiquement, sous l'action de l'air et une petite chaleur relative, cette combinaison chimique "dégaze" ou réduit en Gaz carbonique (CO2) et en hydrogène (H2).
Ces deux gaz faisant partie de notre environnement, nous pouvons par conséquent, en déduire qu'il s'agit bien d'un Traitement Naturel, de surcroît quand on considère que certaines colonies (celles qui abritent sous leur toit des petites fourmis uniquement présentes pour l'élevage de leurs œufs) sont souvent exemptes de varroa. Parmi les avantages majeurs, je rappelle le fait que l'acide formique ne laisse aucune trace de résidus dans les cires, le pollen ou le miel ( il se dit que le miel contiendrait naturellement d'infimes quantités d'AF? )
La fourmi produit donc de manière régulière de l'acide formique afin d'éloigner certains prédateurs. Enfin, n'oublions pas que Fourmis et Abeilles font partie de la même famille: celles des hyménoptères. Il est donc assez logique que les abeilles, bien que incommodées pendant le très court temps de l'application, supportent parfaitement bien l'Acide Formique à condition toutefois que celui-ci soit bien dosé.
L'année prochaine, si vous constatez que des fourmis squattent le dessus du couvre cadres de votre ruche, surtout laissez les bien et ne les chassez pas. Au contraire, livrez-vous à cette petite expérience:
Essayez de prélever un Varroa vivant d'une abeille et introduisez-le au centre du nid de fourmis. Vous allez voir le spectacle suivant: le Varroa pend ses pattes à son coup et se sauve à toutes empattées !!
Les fourmis fabriquent l'acide formique pour défendre leurs œufs dont Varroa serait un prédateur s'il le pouvait.
Saviez-vous que l'ortie produit également de l'acide formique ? En revanche la quantité d'orties qu'il faudrait pour réaliser un traitement anti-varroa serait telle qu'il faudrait l'équivalent d'une botte de 10 Kg sous le toit de la ruche.
Après mon test en 2011, c'est une telle corvée que j'ai été contraint d'abandonner cette idée. L'acide formique n'est disponible à l'extrémité des picots que pendant quelques secondes, puis s'évapore ultra-rapidement}

Qui dit acide pense aux dangers..
Le seul véritable problème que pose un traitement à l'acide formique, c'est son mode de préparation et ses précautions d'emploi comme par exemple le port de gants de protection et de lunettes et ne pas respirer ses vapeurs. En dehors de cela, l'Acide Formique me donne des résultats plus que satisfaisants comparativement aux autres traitements que j'ai essayé et qui sont pourtant des classiques de l'apiculture professionnelle.
J'ai donc créé mes propres bandelettes prédosées pour mon usage interne afin de ne pas perdre de temps aux ruchers. Je me vois mal en effet, répandre à la seringue, la dose précise d'AF sur chacune d'entre elle. Il me suffit donc d'ouvrir le toit, poser mes deux bandelettes dans le nourrisseur (vide cela va de soit) et de refermer le toit soit environ 15 secondes par ruche !  L'application connue jusqu'à ce jour de l'acide formique se fait essentiellement par évaporation par le plancher de la ruche. Si un tel traitement reste efficace il requière cependant des températures relativement douces (au minimum de 18°). En deçà, le dégazage n'est pas suffisamment efficace pour diffuser dans le corps de ruche ce qui explique qu'une quantité importante de produit soit diffusée sur un lange couvrant tout le plancher.
C'est pour éviter cette cause que j'applique notre traitement en utilisant le nourrisseur de la ruche, indépendamment du fait qu'il soit en plastique ou en bois (surtout pas métallique). Puisque la chaleur du nid à couvain "monte", obligatoirement le nourrisseur ne subit pas les écarts de température que subit le plancher. Ainsi, il peut faire 10° à l'extérieur, j'ai acquis la certitude que le nourrisseur joue un rôle plus efficace.
Et puis, il est utile de souligner le fait qu'un substrat bien dosé ne met pas la vie de la colonie en Danger. Une fois l'évaporation d'une dose adéquate, il est possible de laisser la bandelette dans le nourrisseur plusieurs jours ou semaines. Il n'y a pas lieu de les retirer obligatoirement puisqu'il n'y a plus de produit ! En revanche, quand on a besoin du nourrisseur, c'est évident.

Pour aider mes abeilles à se débarrasser du Varroa:

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Encore une fois, L'utilisation de l'acide formique requiert la plus grande attention. Ce produit peut être salvateur comme destructeur, tout étant une question de dosage interdépendant du nombre d'abeilles et du volume de confinement pour le traitement. A trop fort dosage, on risque l'asphyxie et un stress énorme des abeilles et, à contrario, à trop faible dosage, une inefficacité à ne pas douter. D'autre part, un mauvais dosage ou une mauvaise utilisation peut bloquer la ponte de la reine; pire, la rendre stérile définitivement ou la tuer.
Mon modus operandi pour aider mes abeilles à lutter efficacement contre le Varroa est décrit dans mon cours d'apiculture. Mais sans vous obliger, vous pouvez en prendre connaissance sur cette page plus succinctement dans les grandes lignes.
depuis cette année, j'ai mis au point le dosage de différentes bandelettes convenant spécifiquement pour un traitement de printemps ou d'automne pour des ruches à 10 cadres mais aussi pour des ruches à 12 cadres qui contiennent beaucoup plus d'abeilles. (Le dosage est de 13ml au lieu de 11 ml) Attention toutefois à ne pas utiliser des bandelettes pour ruches 12 cadres si vous n'avez que des 10 cadres ! Cela équivaudrait à un surdosage mortel pour les reines.
Il faut savoir rester raisonnable et ne pas penser qu'en mettant plus, ce sera plus efficace. Comme je le montre dans mon cours, l'équilibre ne tient qu'à un fil.

Cliquez sur l'image ci-contre pour lancer mes explications

L'efficacité de l'acide formique dans le traitement contre le varroa:
Tout d'abord, les ruches doivent être équipées d'un plancher 100% grillagé dit "à ouverture totale". Le dessous du plancher sera lui, équipé d'une planche de fond. Un "rail" est généralement prévu pour cela sur la partie inférieure du plancher. L'ouverture totale du plancher (grillagé) permettra de faire tomber les varroas en dehors de la ruche. La planche de fond permet de récupérer les varroas morts ou incapables de remonter.
Au moment du traitement, cette planche doit être parfaitement propre et débarrassée de toutes impuretés. On peut l'enduire d'une couche de graisse végétale afin d'enliser les varroas qui tomberont.
- j'introduis une bandelette (ou deux selon l'importance de la colonie et son taux d'infestation) directement dans le nourrisseur,
- Je laisse agir l'évaporation (qui dure environ 24 heures). Il n'est pas nécessaire de retirer les bandelettes de suite car de toutes manières, le produit s'est totalement volatilisé. J'attendrais pour cela la certitude de l'efficacité du traitement ou bien le moment venu d'introduire une 2ème bandelette..
- Mais déjà, après une heure, je peux voir sur la planche de fond, les premières chutes de Varroa. Cela indique par conséquent que la colonie était bien infestée et que mon constat visuel ne laissait aucun doute possible. Il est à noter que les premiers varroas tombés sont encore vivants pour la plupart d'entre eux. Je pense qu'ils sont très sensibles aux odeurs et principalement aux émanations de cet acide formique. Ils cherchent à fuir la ruche, les cellules du couvain non operculées et surtout les abeilles.
- Le sixième jour, je reviens constater la quantité de varroa tombée. C'est souvent impressionnant. Je change ou nettoie la plaque de fond très minutieusement, plaque que je ré-enduis de graisse..
- 24 Heures plus tard, exactement à la même heure du nettoyage de la veille, (soit le 7ème jour), je retire la planche de nouveau très délicatement puis je compte les varroas tombés dans cette période de temps de 24 heures.
- Si je compte moins de 3 varroas, c'est à dire un ou deux maximum, je peux en conclure que l'application a été efficace surtout si la colonie est très populeuse. En revanche, quand je compte plus de 3 varroas, je considère alors qu'une deuxième application doit être effectué sans attente**.
Dans ce cas, je retire la bandelette qui est en principe complètement sèche et la remplace par une nouvelle bandelette.
- Je recommence exactement la période de contrôle comme je l'ai fait pour la première bandelette... et le 7ème jour, (après avoir parfaitement nettoyé la planche de dessous de plancher le 6ème jour), je procède à un nouveau comptage de varroas :
Moins de 3 varroas, j'estime que l'application a été efficace mais à partir de 3 varroas, alors je procède à une 3ème application (ce qui est extrêmement rare, mais que je ne néglige surtout pas en se disant qu'après tout..)
** Il est cependant important de prendre en considération que dans le cycle infernal de la reproduction du Varroa, un bon nombre d'entre eux vont survivre à ce dégazage. Il s'agit des varroas qui étaient emprisonnés dans les cellules operculées du couvain. L'opercule de ces cellules aura servi de "bouclier" non seulement aux larves mais également à leur prédateur. Dès l'éclosion des jeunes abeilles, celles-ci vont réarmer le cycle de reproduction des varroas aussi, je considère qu'il est important de procéder à une seconde application d'office surtout si la première a été effectuée en présence de couvain operculé. D'un autre coté, si on attend qu'il n'y ait plus de couvain pour recourir à l'acide formique, les colonies risquent fort d'être décimées par une infestation de varroas sur les larves qui font partie de celles mises en operculation au moment du traitement.

En revanche, à moins que le taux d'infestation soit très important, j'applique maintenant pour le second traitement des bandelettes moitié moins dosées, autrement dit, les mêmes bandelettes que j'utilise au printemps (dosées à 5.5ml au lieu de 11ml),

Il est certain que cette méthode est plus contraignante que celle qui consiste à placer des bandelettes traditionnelles fournies par les ruchers écoles ou les GDSA et au nom bien connu. Mais pour moi, après avoir tout essayé, y compris le traitement aux huiles essentielles, en passant par la fumigation à l'acide Oxalique etc.., c'est celle que je retiens maintenant d'autant plus que je maîtrise parfaitement son usage. C'est elle qui non seulement a été la plus efficace dans mes ruchers, mais qui fait appel à des produits on ne peut plus naturels encore une fois. J'ajoute même que pour le début de cette année 2011, l'application méthodique et rigoureuse, de l'automne 2010, a enfin porté un fruit remarquable. En effet, c'était la première fois que je m'employais à une application stricte, rucher par rucher et ruche par ruche, indépendamment du fait qu'il y ait ou non du couvain.

Un recours à l'acide formique (comme toute autre chimie) ne doit pas avoir lieu alors qu'une seule ou plusieurs hausses sont disposées sur la ruche en question à moins de les isoler 24 heures par pur principe de précaution. Le magasin à miel doit impérativement être préservé même si l'Acide Formique ne laisse pas de traces résiduelles à l'inverse d'autres produits chimiques bien connus et trop largement utilisés. N'oubliez pas que si nous dénonçons les pratiques agricoles qui utilisent des pesticides mortels pour nos abeilles, les produits utilisés par l'apiculteur pour débarrasser les parasites de ses abeilles, ne devraient pas nuire ni à leur santé ni à celle de l'homme.. Or, les rapports des GDSA ou les conférences organisées au cours de colloques ou salons apicoles montrent que les analyses des miels et des cires laissent souvent apparaitre des résultats de traitements chimiques supérieurs à la normalité.

Un Constat pour l'obtention de mes meilleurs résultats :
J'ai remarqué 2 périodes favorables pour lutter efficacement contre le Varroa:
- Au printemps (par une application flash d'appoint de sortie d'hiver - seulement quand le besoin s'en fait sentir). En effet, je ne traite que les colonies qui en ont besoin.
- A l'automne après la récolte de miel (application de fond d'office)
Ceci étant, si entre ces périodes, je constate des abeilles aux ailes nécrosées ou des varroas sur le dos des abeilles d'une de mes colonies, alors j'effectue sans tarder un dégazage d'appoint par AF à 88% afin que cette dernière n'infeste pas les autres colonies de mon rucher. Selon le degré d'infestation, je décide alors d'effectuer soit un traitement de printemps (5.5ml), soit si la colonie est bien infestée, une bandelette dosée à 11ml

Comment peut-on voir si les abeilles ont du varroa ?
Ce n'est pas évident quand on débute surtout seul(e) ou isolé d'autres apiculteurs. Si vous apprenez à regarder un panoramique du cadre et non un endroit précis, votre œil sera attiré par les "pixels" de couleur différente de l'ensemble de la couleur du tableau; cela demande un peu d'entraînement. Parfois, c'est un peu plus facile. En effet, certaines abeilles ont des ailes nécrosées voire plus d'ailes du tout. Bien que ce phénomène puisse être annonciateur d'un certain virus, quand les colonies sont saines, si on trouve de telles abeilles c'est certainement qu'il y avait du Varroa tapis au fond des cellules du couvain au moment de la ponte de la reine. Affaiblie, la larve d'abeilles se développe anormalement, Varroa l'amputant bien souvent de ses ailes.
Du reste, lors des visites de cadres, je vous encourage à retirer manuellement ces abeilles aux ailes inexistantes car, bien que ce soient d'excellentes ouvrières, elles contaminent la colonie par les très nombreux "bébés Varroas" qu'elles transportent. Cela ne débarrassera pas votre colonie de ce prédateur, mais ralentira son développement. Cela me fait penser à la lutte contre les doryphores où la main du jardinier attentionné est souvent plus efficace que certains pesticides bien connus.. Bien sûr, cela demande du temps mais en contrepartie, quel résultat !

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Si vous observez bien la photo ci-dessus, vous pouvez voir que l'abeille qui se situe au centre a les ailes nécrosées et porte un varroa sur le thorax. Le petit film que vous pouvez visionner ici en cliquant sur l'image vous en montre plusieurs dans cet état. Il ne faut pas attendre plus longtemps.. je traite !

Comment savoir si la ruche est infestée par le Varroa ?

Dès lors que vous apercevez la présence de varroas sur le thorax ou l'abdomen de l'abeille, ou bien que vous soyez en présence d'abeilles aux ailes nécrosées (voir la vidéo ci-dessus), c'est l'indice que le cycle d'infestation est bien commencé. C'est un peu comme le cycle des poux de nos chers bambins.
Bien souvent, on n'aperçoit pas de varroa tout au long de la saison, et puis tout à coup, immédiatement après les premiers refroidissements annonçant l'automne, voilà que nos ruches se retrouvent infestées de ce prédateur..
Dans la ruche, vous devez savoir reconnaître un varroa mort naturellement. Pour ce faire, observez sur la planche de dessous du plancher, ces minuscules petits "crabes" brunâtres. Bien souvent du reste, il est difficile d'en trouver pour la bonne raison que fourmis et autres perce-oreilles font un festin de tous les vestiges de cires et de pollen qui tombent sur cette planche. Vous retrouvez bien souvent une couche mi-poussière, mi-terre, qui n'est du reste pas représentative de ce qui tombe de plus haut surtout pour celles et ceux qui ne visitent pas régulièrement leurs colonies.
Si vous doutez, prélevez plusieurs abeilles mortes et examinez-les à la loupe à fort grossissement.
Dès l'instant où l'on voit une abeille avec un varroa, il y en a forcément d'autres. Mais surtout ne devenez pas "Varroaphobes". Continuez à noter et observer. Si, lors de vos visites prochaines vous confirmez la présence de varroas, alors, vous devrez envisager un traitement.
Pour ce qui me concerne, encore une fois, j'effectue un traitement systématique dès la récolte de miel terminée et de suite après le nourrissement. Souvent en effet et surtout dans les fortes populations, il est parfois difficile d'observer des varroas sur les abeilles. Je n'attends donc pas une infestation générale et interviens par sécurité ou principe de précaution à cette période.
Souvent, des lecteurs me posent la question de savoir comment, avec certitude, il y a ou non du varroa.
Par sécurité, on peut utiliser une bandelette de 5.5ml d'acide formique et on la laisse agir 24 heures. Si au bout de ce laps de temps on constate la présence de varroas tombés sur la planche de fond du plancher, alors, il y a présence de varroas.

L'après Varroa ?

Imaginez qu'un crabe de 12 à 15cm d'envergure squatte le dessus de votre abdomen ! Il a forcément percé non seulement votre peau, mais l'épiderme et le derme pour atteindre les tissus dans lesquels il va puiser jusqu'à ce que vous parveniez à vous débarrasser ! Un film d'horreur jamais sorti à ce jour et pourtant, c'est ce qu'il se passe chez l'abeille.
Avec un traitement par acide formique, le varroa se détache de son hôte pour fuir ces vapeurs fortement incommodantes. Il tombe et vous voilà heureux de constater l'efficacité du traitement. Cependant, il a perforé le tégument de l'abeille, laissant au passage une plaie béante !
Dans mon cours d'apiculture, (session 2010-2011),  une vidéo de courte durée montre que l'abeille sait comment se panser de manière urgente. D'autres abeilles enduisent cette perforation de miel et notre abeille n'a plus qu'à se rendre dans la nature où elle trouvera des fleurs aux pouvoirs cicatrisants. C'est une autre des raisons qui me pousse à dire qu'il ne faut pas attendre tardivement dans la saison pour traiter ses abeilles contre le varroa. En effet, comment pourrait-elle trouver ces pollens cicatrisants ?
Quand elle ne peut pas le faire, elle est vouée à une mort certaine. Si encore il n'y avait que ce risque ! Toute plaie est pathogène. Dans le cas de l'abeille, cela peut être une porte ouverte à l'invite des spores de Nosema présents dans l'air ambiant tout autant que dans le confinement de la ruche, cela peut permettre à de mauvaises bactéries ou virus de s'introduire et déclencher une véritable épidémie au sein de la colonie.
Alors s'il vous plaît, faites en sorte de prendre soin de vos abeilles tout au long de l'année et pas seulement en fin de saison. Je ne veux pas dire qu'il faut traiter toute l'année, loin de moi cette pensée, mais que lors de vos visites, soyez attentifs !



Dosages précis: Pourquoi du 88% ?
L'acide formique que j'utilise a une concentration de 88%. Sur internet vous pouvez lire différents modes opératoires avec de l'acide à 60%, voire 80%. Alors pourquoi 88% ? Tout simplement pour réduire le temps de dégazage tout en augmentant son efficacité. En effet, à une telle concentration, l'évaporation est plus rapide sous l'action de la ventilation des abeilles et les vapeurs se propagent mieux surtout dans des colonies fortes en population. J'ai effectué des essais avec des concentrations supérieures (95%, puis 90) mais j'ai pu observer une mortalité importante d'abeilles et perdu 2 reines sur les 15 ruches qui m'ont servi pour mon étude. A 85%, j'obtenais presque le même résultat qu'une concentration à 80%. Par une méthode plus ou moins empirique, j'ai affiné la concentration dans le but d'avoir un maximum d'efficacité avec une courbe de réponse ultra rapide pour le débarras des varroas. Une heure après la pose des bandelettes, je pouvais observer plusieurs dizaines de varroas tombés sur des colonies où je n'en voyais pas à l'œil nu sur les abeilles.
Avec un produit du commerce à 60%, l'efficacité était totalement aléatoire. Il était donc indispensable d'étudier sur un nombre suffisant de colonies, les différents résultats à différents dosages, l'échelle allant de 60% à 95%. Il m'a fallu deux saisons pour établir que l'acide formique à 88% était celui qui me donnait les meilleurs résultats. Depuis maintenant quelques années, mes observations de mes résultats montrent une bonne stabilité avec ce type de produit. Les abeilles sont assez fortement incommodées pendant une heure et puis, tout rentre dans l'ordre. Compte tenu que l'application de mes bandelettes sera faite en deux ou trois temps, je ne ferme plus les portes d'entrées afin que les abeilles qui "suffoquent " puissent sortir librement de la ruche. J'ai observé que ce ne sont généralement pas celles qui sont porteuses de varroas.
Quand un traitement est efficace, on peut apercevoir une sorte de séance d'épouillage sur les planches d'envol comme le font les singes en colonies. Chacune s'occupant d'une autre. Mais j'avais déjà observé cette attitude avec les colonies fortement peuplées en minuscules petites fourmis qui, souvenez-vous, élèvent leurs œufs sur les couvre-cadres ou sous les toits des ruches en saison ..
10 ou 12 cadres ?
Depuis cette année, il existe une formule pour les ruches à 12 cadres. Les bandelettes sont dosées à 13ml pour les dosages de traitement d'automne et à 6.5ml pour les dosages de printemps. Attention ! ne soyez pas tenté d'utiliser les bandelettes réservées pour les 12 cadres quand les ruches ne sont que des 10 cadres, votre traitement risquerait alors de conduire à une catastrophe bien prévisible !
Les dosages décrits ici sont pour des ruches Dadant, Voirnot ou Langsthrot. Pour les ruches Warré, il faut couper les bandelettes au prorata du nombre d'éléments et de cadres de couvain, ce qui est plus compliqué.  
Les contraintes de l'Acide Formique:
Comme j'en ai esquissé un mot un peu plus haut, le dégazage de l'acide formique est vraiment super pour chasser presque la totalité des varroas adultes. En revanche, dans le couvain operculé, l'enveloppe de protection (l'opercule) peut jouer un rôle de filtre réduisant considérablement l'efficacité du produit.
De nombreux varroas devenus adultes pendant la métamorphose de  la larve d'abeille seront tués. Ce sont, en général ceux que l'on retrouve morts, sur les planches de fond. Ceci étant, des œufs de varroas pouvaient très bien être présents dans les cellules au moment du traitement. Ces œufs vont donc immanquablement réinitier le cycle de réinfestation. Il est donc important de renouveler le traitement 7 jours plus tard, puis encore 7 jours plus tard. L'idéal serait de traiter une fois qu'il n'y a plus de couvain mais les températures n'autorisent pas toujours l'ouverture des ruches car en ouvrant pour vérifier, on ferait plus de mal que de bien.


Quelle est la meilleure méthode d'utilisation de l'acide formique ?

J'ai fait des comparatifs entre une application par le dessous du plancher, une autre à l'aide de diffuseurs (évaporateurs que l'on trouve dans les catalogues de matériel apicole) pour finalement constater que le fait de disposer des bandelettes absorbantes directement dans le nourrisseur est ce qu'il y avait de plus efficace. Ainsi, la diffusion des gaz (dégazage) est moins violente qu'en disposant les bandelettes sur les cadres comme je le faisais dans le passé, mais le temps de dégazage s'en trouve un peu augmenté laissant toutefois les abeilles reprendre plus vite leur activité.
Signalons un autre avantage en disposant les bandelettes dans le nourrisseur. C'est celui de la diffusion des vapeurs même à basse température extérieure. Si vous utilisez des nourrisseurs plastiques, il est possible de placer les bandelettes directement dans les compartiments ce qui produit une bonne efficacité. D'autre part, le fait de disposer l'acide formique sur un substrat absorbant dans le nourrisseur, me permet d'effectuer le tour de mes ruchers même sous la pluie sans déranger les abeilles et enfin, empêche les abeilles de propoliser les bandelettes.
Le nourrisseur étant situé au-dessus du couvain, cela produit une chaleur douce et humide dans le nourrisseur lui-même.
Très poreux mais absorbant, ce substrat des bandelettes permet une évaporation totale. Après 24 heures, il n'y a plus du tout d'émanation. Les bandelettes ne peuvent pas être réutilisées car elles sont fortement dégradées sous l'action de l'acide, mais pas le nourrisseur. En revanche, ne mettez jamais des bandelettes à l'acide formique si vous avez des nourrisseurs métalliques. J'utilise les bandelettes que l'on peut se procurer sur le site agriculture-bio.com/acide_formique.htm.

Après la récolte du miel puis le nourrissement, C'est le moment le plus favorable pour aider les colonies à lutter contre le Varroa ! Quelque soit le traitement retenu, N'attendez pas l'hiver !

 

Je suis assez surpris de constater que bon nombre d'apiculteurs surtout parmi les amateurs, bâclent ou n'attachent pas une haute importance à ce prédateur. Il ne faut pas s'étonner donc que le taux de mortalité de fin d'hiver soit si conséquent. Il ne faut pas attendre l'hiver, quand les abeilles auront alors débuté leur cycle de mise en Grappe. L'utilisation de l'acide formique trouvera un maximum d'efficacité vers la mi-septembre, ce qui laisse le temps d'agir une seconde fois si c'est nécessaire ou indispensable avant que la reine ponde ses abeilles d'hiver. Encore une fois, j'effectue mes traitements après le nourrissement des colonies. Bien évidemment, les apiculteurs qui nourrissent leurs colonies tardivement n'obtiendront qu'un très piètre résultat dans la lutte contre le varroa. Comme je l'ai expliqué un peu plus haut, il faut comprendre que le traitement doit se faire quand il y a encore de l'activité dans la ruche.
Nous étudierons dans le cours, les bienfaits d'un nourrissement en temps et heure. Retenez pour l'instant que le nourrissement doit se faire suffisamment tôt en fin de saison dès lors que les colonies ne disposent pas d'une réserve de miel suffisante. Certaines colonies ont en effet bien joué leur rôle en stockant toutes les provisions dans les hausses. Après le passage de l'apiculteur, elles se retrouvent sans ressources ou presque, parfois à la limite de la famine. Si l'apiculteur est négligent, une telle colonie sera très affectée et sa population souvent plus suffisamment nombreuse pour faire front à un hiver rigoureux. Enfin, n'oubliez pas que lorsque les abeilles "descendent" le sirop dans les cadres, elles doivent pouvoir disposer du temps nécessaire à la transformation du sirop en miel. Quand un nourrissement est trop tardif, elles n'auront pas le temps de procéder à cette opération et le sirop sera stocké tel que avec bien souvent à la clé une cristallisation si puissante que les abeilles ne pourront pas même se nourrir avec. Quel dommage !
Les kits de bandelettes proposés sont des kits de 10 bandelettes. Il faut compter 2 bandelettes par ruche. et depuis que j'opère ainsi, je n'ai plus de problème de mortalité à cause du varroa (en réalité, 3 colonies pour 320 ruches soit un taux tout à fait acceptable). Ma Conclusion: On nourrit d'abord, on traite ensuite mais .. dès la mi-Septembre !.

Traitement de printemps à l'acide Formique
On me pose souvent la question: dois-je traiter mes ruches au printemps ?
A titre personnel, sachez qu'au printemps, je traite en sélectif et non en préventif car ce dernier n'a aucun pouvoir s'il n'y a pas de varroa si ce n'est que le pouvoir de bloquer le développement de la colonie. Vous devez donc acquérir la certitude que vos colonies soient porteuses de varroas. Si tel est le cas, il ne faut pas attendre !
Si lors de mon tout premier contrôle de printemps, j'observe que certaines abeilles sont porteuses de varroa, alors je traite ponctuellement mais sans délai, uniquement les colonies qui doivent l'être à l'exclusion de toute autres.
Ce n'est pas la peine d'aller secouer les abeilles qui n'en n'ont pas besoin !! Nous sommes là pour les aider et non les empester inutilement.

Vous trouverez des bandelettes prédosées en vente icicliquez ici
 
Stockage des bandelettes.
Les bandelettes à l'acide formique se dégradent assez rapidement. Les conditions de stockage sont par conséquent très rigoureuses. Pour ce qui me concerne, je les confectionne généralement dans la semaine qui précède l'application. Sachez cependant que vous pouvez les stocker dès réception dans le bas d'un réfrigérateur (Attention aux enfants !!).
Le réfrigérateur doit être une solution temporaire. Par exemple, dès réception des bandelettes et en attendant le jour du traitement. Encore une fois.. bien que l'emballage soit hermétique, Attention aux enfants !!

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