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Bernard
NICOLLET Apiculteur
- Éleveur
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| document
révisé le
04/02/2010 |

Repartir à
zéro.. Pourquoi pas ? En apiculture, il y a de la
place pour tout le monde ! |
Vous
envisagez une Reconversion Professionnelle en Apiculture
? Peut-on vivre aujourd'hui de l'apiculture ?
Je vous
propose ici des éléments de ma propre réflexion,
destinés à peut être mettre en évidence de
problèmes ou avantages auxquels vous n'avez peut être
pas pensé.
Tout
d'abord, je vous félicite d'un tel choix. En apiculture
il y a de la place pour tout le monde même si nous
entrons dans une ère difficile pour le maintien des
cheptels. S'il n'est plus possible de s'enrichir avec
les abeilles (financièrement parlant), en faire son
gagne pain est un vrai parcours difficile et souvent une
véritable gageure dans certaines régions de France où
cultures ne riment plus avec Apiculture. En revanche,
elles nous apportent beaucoup sur notre propre
méditation quant à la Création et nous aide à trouver la
paix de l'esprit. Croyance ou pas, (je n'entre pas dans
cette considération) je ne cesse de m'émerveiller devant
cette symbiose Abeille/Nature et c'est le nom que j'ai
choisi de donner à mon activité, en refusant du reste un
certain nombre de pratiques apicoles que je ne juge pas
bonnes pour la survie de nos abeilles. L'Apiculture
professionnelle d'aujourd'hui est avant tout une
profession des métiers de la nature donc, liée aux
caprices de la météo, du réchauffement climatique, de
l'usage intensif des pesticides, des maladies etc..
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Elle a beaucoup évolué car ce qui était stable autrefois
est devenu totalement instable de nos jours. C'est du reste, en très grande partie, une cause de
discorde entre la génération précédente des apiculteurs et
celle d'aujourd'hui. Il faut par conséquent une bonne dose de
motivation, et malheureusement beaucoup d'argent à
investir avant de pouvoir en vivre. Ne croyez pas que
je veuille vous décourager, bien au contraire.
Personnellement j'ai trouvé ma niche, à vous de trouver la
votre.. Mais s'il y a une chose à faire pour commencer,
c'est de vous ôter l'idée que vous gagnerez de l'argent.
Vous pourrez tout au plus tout juste en vivre dès lors que
vous aurez payé vos impôts et charges, vos remboursements
de crédits et vos frais de gas-oil. En contre partie, vous
serez en "live" avec la nature et peut-être la découvrirez-vous
sous un tout nouvel angle.
Combien gagne un apiculteur ? A question simple,
réponse simple : tout dépend de votre marché, de votre
investissement de base, du nombre de ruches que vous êtes
réellement capable de conduire sachant qu'il vaut mieux
avoir un minimum de 400 ruches pour parvenir à vous sortir
un salaire de smicard en ayant payé toutes vos charges,
TVA et impôts.
Entre faire de l'apiculture
en amateur et en faire son métier, il y a un très large
fossé. Le système fiscal français avantage grandement les
"exploitations amateurs" dont les charges sont
inexistantes si ce n'est qu'une cotisation solidaire à la
MSA et une simple déclaration des gains sur le revenu. Un
amateur peut ainsi exercer avec un cheptel portant jusqu'à
199 ruches. Pour l'apiculteur professionnel, il lui faut à
ce jour un strict minimum de 400 ruches pour arriver à
boucler un budget "raz les pâquerettes". Au-dessus, il
faudra envisager d'embaucher.. mais compte tenu des
charges supplémentaires que cela apporte, c'est
difficilement envisageable.. L'apiculture professionnelle
n'est envisageable que dans le cadre d'exploitation
familiale à moins que vous ne comptiez sur le salaire de
votre conjoint pour assurer ou bien que vous disposiez
d'économies substantielles. Afin de vous aider dans votre approche
et votre réflexion, je vous ai dressé une petite liste de
questions destinées à vous faire réfléchir sur l'activité
envisagée. Je pense en effet qu'il est très important de
ne pas se voiler la face, mais regarder en face certaines
réalités objectives: |
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| Avez
vous une réponse à chacune de ces questions ?
- Avez vous un peu d'économies
de coté ?
- Dans quelle région allez vous
exercer ? Culture, plaine, montagne..
- Quelle est votre véritable
motivation ?
- Quelles(s) production
allez-vous privilégier ? Miel, gelée royale, produits de la
ruche, essaims reines...
- Avez-vous déjà un rucher ?
- Avez-vous la maîtrise de
conduite d'un rucher d'au moins 30 ruches ?
- Si vous n'avez pas de
compétence en Apiculture, comment envisagez-vous de la
mettre en valeur ?
- Quelle est votre formation en termes d'apiculture ?
- Sur quoi tablez vous pour
gagner votre vie tout en amortissant votre installation ?
- Combien de temps vous
donnez-vous pour arriver à l'équilibre financier ?
- Avez-vous pensé aux années de vaches maigres ?
- Sur quel type de ruches
allez-vous fonder votre exploitation ? Voirnot, Dadant,
Warré, Quentin, Langstroth..
- Avez-vous une idée de ce que gagne
un apiculteur professionnel ?
- Avez-vous visité
plusieurs exploitations fonctionnant de manière rentable ?
Si oui, avez-vous évalué le temps de travail ?
- Savez-vous combien de ruches
vous seront nécessaires pour vivre de votre future
exploitation ?
- Comment allez-vous écouler
votre production de miel ?
- Comment allez-vous acquérir
vos colonies d'abeilles de base ? par quel intermédiaire ?
- Combien pensez-vous conduire
de ruches à vous seul ?
- Envisagez-vous l'aide de votre
conjoint ?
- Vos moyens ou économies vous
permettront de tenir combien de temps sans toucher de salaire
?
- Avez vous fait un business
plan ? une étude de faisabilité conduite par un expert
comptable ?
- Envisagez vous d'acheter votre
matériel et votre premier cheptel avec un financement
bancaire ?
- Quand souhaitez vous débuter
?
- Avez vous des connaissances en
élevage de reines ou multiplication de colonies ?
- Savez-vous comment augmenter
votre cheptel ou comment le remplacer en cas de défaillance
?
- Disposez-vous suffisamment de
place pour le rangement, le travail de menuiserie et la
miellerie ?
- Avez-vous une idée ou
connaissance à propos de la disparition des abeilles ?
Je vous propose de m'écrire vos
réponses à chacune de mes questions si vous souhaitez mon avis
en retour. Cela restera confidentiel bien entendu, et entre
nous. ( Cliquez ici )

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