Bernard NICOLLET  Apiculteur - Éleveur          Vous envisagez de devenir Apiculteur Professionnel ?                   

document révisé le 30/01/2012
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Si vous envisagez seulement de devenir apiculteur de loisir, cliquez ici

Repartir à zéro.. Pourquoi pas ? En apiculture, il y a de la
place pour tout le monde !
Vous envisagez une Reconversion Professionnelle en Apiculture ? Peut-on vivre aujourd'hui de l'apiculture ? Est-il encore possible de devenir apiculteur professionnel ?

Une nouvelle vie à toute heure:
Vous venez d'essuyer un revers financier et il vous faut maintenant rebondir ? Votre vie sentimentale a pris un tournant et vous souhaitez repartir à zéro ? Vous en avez par dessus la tête du métier que vous exercez et avez envie de vous tourner vers le nature ? Vous voilà arrivé à l'âge de la retraite et avez envie d'une occupation qui soit synonyme de complément de revenu ? Etc.. etc.. Autant d'interrogations auxquelles nous pouvons tous un jour être confrontés.
Je vous propose ici des éléments de ma propre réflexion, étayés par ma propre expérience, et destinés à mettre en évidence des problèmes auxquels vous n'avez peut être pas pensé, vous qui envisagez vous lancer dans la grande aventure des abeilles.

Tout d'abord, je vous félicite d'un tel choix. En apiculture il y a de la place pour tout le monde même si nous entrons dans une ère difficile pour le maintien des cheptels.

Devenir Apiculteur Professionnel.
S'il n'est plus possible de s'enrichir avec les abeilles (financièrement parlant), en faire son gagne pain tout comme un complément de revenus est un vrai parcours difficile et souvent une véritable gageure dans certaines régions de France où cultures ne riment plus avec Apiculture mais plutôt "désastre écologique". Les abeilles nous apportent beaucoup sur notre propre méditation quant à la Création et nous aide à trouver la paix de l'esprit quand nous vivons en symbiose avec elle. Je ne cesse de m'émerveiller devant cette symbiose Abeille/Nature et c'est le nom que j'ai choisi de donner à mon activité, en refusant du reste un certain nombre de pratiques apicoles que je ne juge pas bonnes pour la survie de nos abeilles. En France il y a presque autant de méthodes d'apiculture qu'il y a d'apiculteurs c'est tout dire ! mais il ne faut pas s'étonner qu'il y ait autant de pertes. Il ne sert à rien de vouloir réinventer les règles de base de la Nature mais bien au contraire s'en inspirer pour deviner et comprendre l'attitude que nous devons adopter quand cela ne fonctionne pas. Les professionnels de l'apiculture l'on bien compris et leurs méthodes sont bien moins dispersées mais plus cohérentes comparativement "aux jeunots" qui s'installent et qui vont devoir faire leurs preuves. Sachez au passage que la moyenne d'âge des apiculteurs français est de 56 ans

L'Apiculture professionnelle d'aujourd'hui est avant tout une profession des métiers de la nature donc, liée aux caprices de la météo, du réchauffement climatique, de l'usage intensif des pesticides, des maladies etc.. Elle dépend beaucoup également des lieux d'implantation des ruchers et hélas, du facteur temps dont nous disposons pour nous occuper de nos abeilles.
Elle a beaucoup évolué car ce qui était stable autrefois, est devenu totalement instable de nos jours. Ce sujet du reste, est en très grande partie, une cause de discorde entre la génération précédente des apiculteurs et celle d'aujourd'hui. Il faut par conséquent une bonne dose de motivation, et malheureusement beaucoup d'argent à investir avant de pouvoir en vivre ce qui est totalement opposé à une apiculture de loisir qui elle, requiert moins de rigueur.
Avant de gagner sa vie en apiculture, il faut acquérir une solide connaissance et un minimum d'expérience que j'estime au minimum à 5 ans à moins que d'avoir un très solide matelas financier supérieur à cent mille euros et d'être solidement épauler par un apiculteur "parrain", lui même issu de l'apiculture professionnelle.
Ne croyez pas que je veuille vous décourager, bien au contraire. Je vais tout faire sur cette page pour vous convaincre de pratiquer l'apiculture et d'essayer d'en vivre ou d'en tirer quelques revenus. Il y a des pièges à éviter et c'est la raison pour laquelle j'ai pris du temps pour écrire cette page.
Personnellement j'ai trouvé ma niche, à vous de trouver la votre.. S'il y a une chose à faire pour commencer, c'est de vous ôter l'idée que vous gagnerez de l'argent. Vous pourrez tout juste en vivre dès lors que vous aurez payé vos impôts et charges, vos remboursements de crédits et vos frais de gas-oil. En contre partie, vous serez en "live" avec la nature et peut-être la découvrirez-vous sous un tout nouvel angle. Sachez qu'on entre pas en apiculture avec l'espoir de gagner de l'argent; il est des métiers bien plus lucratifs et à moindres efforts
Bien qu'à la MSA (Mutualité Sociale Agricole), il faille un certain nombre de ruches pour passer en Pro (400 ruches), la production de miel selon l'apiculteur, peut passer du simple au quadruple voire plus. Je connais des apiculteurs passés en pro qui produisent deux fois moins de miel qu'un apiculteur semi professionnel avec 200 unités seulement et ceci dans le même environnement, les ruchers étant à peine espacés de 500m les uns des autres (j'ai un cas précis sur les cultures de Lavande).
Savoir produire du miel est un art qui s'apprend et qui ne se mesure pas à la quantité de ruches qui plus est, encore moins aux abeilles d'importation, véritable miroir aux alouettes. Il ne suffit pas de poser les ruches à proximité immédiate d'un champ de culture pour faire son miel (quand ce n'est pas dans le champ lui-même directement). Beaucoup calculent d'avance le rendement à l'hectare sur des écrits passés où il était dit par exemple que sur la phacélie ou la moutarde, il était aisé de produire 500 à 600 kg de miel à l'hectare, sur les lavandes, près de 500 Kg etc... Aujourd'hui, ces chiffres ne sont plus adaptés car il faut hélas tenir compte de la dépréciation des terres agricoles truffées de pesticides où les taux de mortalité des abeilles sont particulièrement élevés.
Aujourd'hui en France, à moins de connaître des zones bio, il n'est pratiquement plus possible de compter sur les cultures pour faire son quota de miel qui vous assurait autrefois votre salaire déjà bien maigre pour ce si dur labeur. Au passage, saviez-vous que dans le domaine du bio, le chiffre de 5% exprime la surface totale des terres agricoles ?

Vous envisagez de quitter votre job actuel pour devenir Apiculteur Professionnel ?
Pourquoi pas ? J'ai bien moi-même entrepris cette démarche voici maintenant 13 ans. Or si je l'ai fait, bien d'autres peuvent le faire mais attention ! il y a, encore une fois,  un certain nombre de pièges à éviter et il serait dommage de tomber dedans.. C'est le genre même d'informations qui m'ont manqué à mes débuts et c'est ce que je souhaite vous éviter.
Une Reconversion Professionnelle dans les métiers de la nature ? Quoi de plus merveilleux ?
Mais commençons par le début. Si vous exploitez déjà des ruches, ce n'est pas parce que vous avez réussi à faire un peu de miel en amateur que vous réussirez en pro ! D'autre part, si vous cherchez de l'information sur Internet, sachez qu'on trouve de bonnes infos tout comme on trouve n'importe quoi, écrit par n'importe qui, surtout dans les forums, où il y a de quoi faire le tri car ce sont surtout dans les forums que s'expriment des apiculteurs de loisir trop influençables par les courants du dernier qui a parlé ou expérimenté mais qui n'ont pas d'expérience de la vie professionnelle en qualité d'apiculteur. Ces apiculteurs parlent beaucoup.. Ce sont de grands bavards, tous passionnés qu'il soient, mais les pros, eux, gardent jalousement ce qu'ils ont mis des années à découvrir. Ils s'expriment peu en réalité. Vous n'avez qu'à leur demander combien de kilos en moyenne ils obtiennent par ruche, quel est leur circuit de distribution etc.. et vous verrez que les portes se ferment de suite quand peu vous répondront.  L'apiculture ne s'acquière pas à coups de "trucs" ou d'astuces, mais d'un profond respect du cycle biologique de l'abeille dont il est indispensable d'acquérir le BA-BA.
On ne devient pas apiculteur professionnel du jour au lendemain. Il faut du temps.. beaucoup de temps ! Or, peut-être est-ce là ce qui vous fait défaut ? Bien que ce soit introuvable, il est toujours possible de "racheter" une entreprise apicole, mais bien souvent, les apiculteurs qui arrêtent leur activité ont déjà plus qu'entamé l'âge de la retraite, et dans la plupart des cas, le matériel est vétuste, les registres d'élevage absents, l'âge des reines est incertain. Alors oui.. peut-être.. vous penserez réaliser un bon coup mais si vous débutez, je pense honnêtement que ce n'est pas la voie à suivre, d'autant plus si vous envisagez percevoir un revenu de votre exploitation.
Je suis prêt à vous recevoir si vous prenez le temps de venir jusqu'ici (sur RV bien entendu), mais avant cela, n'hésitez pas à me faire part de votre projet.

Quelle mise de fonds pour devenir apiculteur professionnel ?
Ce sujet est très délicat car il relève plus ou moins de l'utopie voire d'une très grosse part de subjectivité qui pourrait être largement débattue et commentée. Quoi qu'il en soit, je pense être réaliste dans mon chiffrage en tenant compte du fait de ne pas avoir recours à l'importation. Entendez aussi qu'un certain nombre d'obstacles se dressent devant tout candidat à l'apiculture professionnelle. Pour devenir pro, on n'a pas besoin de diplômes ou de cursus scolaire ou universitaire particulier, c'est déjà une bonne chose. Il y a deux voies principales, entendez 2 façons d'accéder au milieu pro:
- A/.Soit Vous disposez d'un capital à investir
- B/.Soit Vous ne disposez pas de capital

 A/ Vous disposez d'un capital: Quel montant ?
Si vous avez gagné le loto pas de problème en revanche si vous devez emprunter, mettez de suite un terme à votre projet, pourquoi ?
Les raisons sont multiples mais tout d'abord, il vous faudra acquérir un cheptel d'au minimum 400 ruches (minimum encore une fois exigé de la MSA, l'organisme social de l'agriculture). A moins de passer commande au moins un an et-demi avant, vous ne trouverez pas un éleveur français capable de répondre à votre demande, à moins qu'il ne s'agisse d'abeilles d'importation (ce qui met gravement votre exploitation en cause à N+1 ou N+2)
Vous pouvez éventuellement envisager la reprise d'une entreprise apicole ? pourquoi pas, mais si vous avez à délocaliser les ruches, vous risquez de les dépayser et vous vous exposez à subir de graves pertes..
Bon, prenons un cas concret afin de chiffrer:
Imaginons que vous passiez commande dans le courant 2012 à Abeille et Nature pour 400 essaims. Il vous faudra attendre l'année suivante (Mai 2013) pour recevoir votre cheptel d'essaims. En 2013, vous aurez pour travail de les élever pour les aider à se développer avant leur premier hivernage. Selon si vous êtes dans le Sud ou le Nord de la France, vous ne pourrez démarrer votre exploitation au plus tôt qu'à partir de mars 2014 pour entrer en exploitation et production de miel. Vous ne produirez donc rien avant juillet 2014 mais croyez moi, ce n'est pas le travail qui vous manquera.
Il vous faut donc envisager la disposition de 12 à 15 emplacements distants au minimum de 6 kilomètres les uns des autres à condition d'avoir étudié préalablement le biotope. Si celui-ci est pauvre, vous allez devoir faire des kilomètres voire envisager de faire de la transhumance. Une technique d'exploitation en marguerite s'impose afin de limiter les coûts de déplacement et le temps perdu dans vos rotations de visites.
Le coût d'acquisition de 400 essaims de base avoisinerait les 100 000 euros (nous partons ici sur des essaims souches produits à l'ancienne afin d'établir une base solide pour votre exploitation. Bien évidemment, si vous misez sur des essaims d'importation, il vous en coûtera 2 fois moins mais.. le jeu en vaut-il la chandelle ? d'autre part, il est connu dans le métier que les importateurs ne tiennent pas leurs promesses de livraisons et invoquent toujours des problèmes météo pour se décharger de leurs responsabilités).
Les essaims étant livrés en ruchettes d'exploitation, il vous faut investir dans les ruches. Ce budget représente à lui-seul environ 60 000 euros (pour avoir des ruches correctes, et de bonne prestation)
Le budget cadres (corps et hausses):  10000 euros
Maintenant, il faudra également investir dans une miellerie même si cet investissement pourra être réalisé à N+1): 60 000 euros + les engins type transporteurs, grue..
Investissement d'un 4x4 avec sa remorque: 50 000 euros
Montant total de l'investissement + l'aménagement des emplacements:  300 000 euros
Mais imaginons toujours que vous disposiez d'un tel capital.. Il va vous manquer l'indispensable: La connaissance et l'expérience ! Ce n'est pas parce que vous avez les moyens d'investir que vous allez réussir en apiculture. Même si vous avez déjà une ruche ou deux depuis quelques années, cela n'a plus rien à voir avec l'apiculture professionnelle.
Par conséquent, il est impératif de vous faire assister ce qui va vous couter 50 000 euros rien que pour la première année (salaire + charges sociales). Nous sommes donc sur un investissement de 350 000 euros et vous n'avez pas gagné le moindre euro.
Je poursuis donc dans le cas où vous seriez un mécène fortuné et que cet investissement ne soit pas pour vous un obstacle..
à N+1, si vous avez été conseillé correctement, vous engrangez une récolte de 12 tonnes de miel (il faudra compter les frais d'exploitation pour y parvenir), à 6 euros du Kg si votre miel est d'excellente qualité, vous réalisez un CA de 72.000 euros. S'il s'agit d'un miel issu de cultures, le prix moyen au kilo vrac se situera entre 4.00 et 5 euros donc votre CA se limitera à 50 000. Pourquoi si peu ?
La première année, vos abeilles auront à construire les cadres, par conséquent, votre récolte de miel sera amputée à cause d'un manque de temps (la saison apicole en France étant relativement courte) mais aussi parce qu'elles ont besoin de miel pour produire la cire des cadres. Ce n'est donc qu'à N+4 que votre production passera à 20 tonnes.
Sans catastrophe liées aux aléas des maladies ou de la météo ou bien encore des pesticides, il vous faudra environ 6 ans pour parvenir à l'équilibre financier
Par conséquent, avec 400 ruches, vous ne pouvez pas vous en sortir; il faut très vite passer à 600 ou 700 unités..
Si vous ne disposez pas du capital de base, ne rêvez pas! aucune banque ne sera assez folle pour prendre un tel risque de financement.

B/. Si vous ne disposez pas d'un capital suffisant:
Alors je vus conseille de programmer votre investissement sur 5 ou 6 ans en amateur d'abord puis en semi-pro ensuite, ce que nous allons étudier un peu plus loin

Combien gagne un apiculteur ?
A question simple, réponse simple : tout dépend de votre marché, de votre investissement de base, du nombre de ruches que vous êtes réellement capable de conduire sachant qu'il faut officiellement avoir un minimum de 400 ruches pour parvenir à vous sortir un salaire tout juste et à peine supérieur à celui d'un smicard en ayant payé toutes vos charges, TVA et impôts. De plus, comme il en est de même dans les métiers de l'agriculture, vous devez être prêt à ne pas compter vos heures, surtout en saison où le travail commence dès le lever du jour (et non pas du soleil) pour se terminer à la nuit tombante auquel il faut ajouter le temps de rentrer si le rucher est situé à distance.
Or, Disposer d'un cheptel de 400 ruches n'est pas une mince affaire ! D'une part, il y a la phase incontournable des investissements en matériels et cheptel, d'autre part, une fois l'investissement réalisé, il ne suffit pas de poser les ruches quelque part et de laisser faire jusqu'à la récolte. Les colonies ont besoin de soins, d'être surveillées, bichonnées et disposées de manière à avoir suffisamment de nourriture toute l'année. Ce ne sont pas les quelques arbres plantés dans vos vergers qui nourriront vos abeilles.. il faut de l'espace et de bons biotopes. De plus, 400 ruches, cela signifie au minimum 10 bons emplacements statiques, c'est à dire , capables de fournir de quoi manger aux abeilles toute l'année.
En apiculture professionnelle, quand on possède 400 unités, il faut du temps pour s'occuper de son cheptel. Or avec une telle quantité de ruches, vous ne pourrez pas faire des visites régulières du couvain de chacune d'entre elle à moins de faire des visite "à l'arrache" et à toute vitesse. Conduire 400 ruches pour moi: c'est impossible et inconcevable quand on est seul si l'on veut respecter l'abeille ! il faut obligatoirement l'aide d'un conjoint ou des enfants, voire, avoir recours à de la main-d'œuvre passagère (ce qui va plomber le coût et la rentabilité de l'exploitation). La saison apicole dure 6 mois tout au plus (selon les régions). Or, entre conduire les ruches, procéder au changement de vos propres reines, de vos propres essaims, conduire les transhumances, croyez-moi, il ne vous restera guère de temps pour dormir et ne comptez pas sur les week-end pour vous détendre et vous reposer ! en apiculture, on ne connait pas ce mot.
Essayons si vous le voulez bien de dresser un schéma financier:

Le Salaire d'un apiculteur:
Pour pouvoir se payer un salaire il faut inclure les charges sociales soit en gros et à la louche 40% en plus. Si donc vous souhaitez 1500 euros de salaire, il faudra que votre exploitation soit capable de dégager environ 2100 euros par mois. Vous me direz que cela ne représente jamais que 200 pots de miel à vendre. Oui mais une exploitation (ses frais) ne se résument pas au salaire. Il faut ajouter à cela les investissements du matériel roulant, des ruches, des essaims, du matériel de miellerie etc.. etc..
Un apiculteur débutant en milieu professionnel est lourdement désavantagé par rapport à l'apiculteur professionnel en place depuis 15, 20 ou 30 ans. Pourquoi ?
- L'aspirant pro doit rechercher des emplacements pour faire butiner ses abeilles. Il va donc générer beaucoup de frais de déplacements pour se rendre sur place afin d'évaluer les biotopes locaux.
- Pour extraire 10 à 15 tonnes et plus de miel, il faut impérativement une miellerie équipée d'un bon matériel et non pas d'un simple extracteur. Il faut par conséquent investir dans une miellerie. Son amortissement se fera sur 5 ans ou plus.. Pendant 5 années, il faudra rembourser l'emprunt (entre 800 et 1500 euros/mois selon la durée de l'emprunt et de l'investissement.
- Le transport et le déplacement des ruches imposent l'achat d'un véhicule puissant (type 4x4) ou petit camion avec une remorque d'un PTAC de 3.5T soit un PTCRA de 5.5 T (Permis remorque obligatoire - environ 1000 euros par mois)
- L'achat de 400 ruches soit un investissement de 60 à 80 000 euros (car il faut compter 2 hausses par ruche + les cadres) soit un remboursement de 1300 euros/mois
- Devoir posséder 400 colonies d'abeilles ! là l'investissement est colossal si on veut le réaliser sur une année. il faut compter au minimum 80 000 euros.
Là mon conseil est de ne pas emprunter sur le vivant à cause du problème de mortalité possible. Tout le matériel en effet peut se revendre assez facilement sans décote sévère, en revanche si on perd son cheptel, c'est foutu car même avec une aide à la re-cheptelisation, ce seront 2 années de perdues pendant lesquelles il faudra rembourser les emprunts. Or, ces aides, quand on y a droit ne sont versées que seulement l'année suivante (et encore !), par conséquent, c'est souvent la clé sous la porte qui se profile à court terme.

Au total par mois, l'aspirant pro va devoir rembourser mensuellement environ 4000 euros plus son salaire et ses charges sociales. A cela viennent s'ajouter les frais de gas-oil, de déplacements, et de fonctionnement ajoutez une moyenne de 1500 euros. Le chiffre d'affaires minimum à réaliser s'élève environ à :  7600 à 8000 euros /mois soit vendre une quantité journalière de 30 pots de miel par jour, tous les jours pendant 5 ans ! Et là, c'est le chien qui se mord la queue car pendant que vous ferez les marchés et votre prospection, vous ne serez pas dans vos ruchers. Par conséquent, vous allez devoir envisager de vendre votre production par le réseau des grossistes. Or, qui dit Grossistes, dit prix de vente divisé par deux par rapport à la vente directe autrement dit, il vous faudra produire au moins 20 à 30 tonnes de miel pour vous en sortir. C'est là, que la boucle est bouclée car 20 tonnes avec 400 ruches, c'est 50Kg de miel par ruche en moyenne. Pour obtenir celle-ci, il vous faudra de très bons emplacements de butinage.
L'apiculteur Pro déjà en place, n'a pas besoin d'un tel chiffre d'affaires car son matériel est déjà amorti et compte tenu qu'il s'agit d'un matériel qui ne se renouvelle que tous les 20 ans si ce n'est plus, il peut se permettre pour un même CA, un salaire un peu plus décent.
Vous comprenez peut-être un peu mieux pourquoi, avant de devenir pro, vous avez intérêt à maîtriser d'une part mais d'autre part, à monter progressivement en puissance !
Les abeilles ne se conduisent pas toutes seules et ceux qui ont fait l'impasse sur cette vérité l'on payé très cher la 3ème année si ce n'est avant.
En effet, au démarrage, le travail des ruches n'est pas trop demandeur et mangeur de temps, mais quand les colonies arrivent à 2 saisons complètes, il y a le remplacement des reines à prévoir, remplacer les colonies qui se sont éteintes naturellement, traiter contre le varroa, prévoir le nourrissement automnal etc.. etc.. là, ceux qui ont un poil dans la main ne pourront pas s'en sortir.

La rentabilité en apiculture professionnelle
L'apiculture pro est-elle rentable ? Oui et non.. tout dépend de 3 éléments:
- de l'investissement de base,
- de la compétence de l'apiculteur et sa maîtrise de l'élevage,
- de la qualité du cheptel de base
Elle peut l'être dans le circuit court plus facilement que dans le circuit long (Circuit court = vente directe au consommateur, Circuit long = vente aux grossistes, importateurs, réseaux de distribution etc..).
Cependant, comme nous venons de le voir, les investissements de base doivent répondre présents ! Pour envisager sérieusement de dégager un revenu minimal en apiculture, il faut, nous l'avons vu, démarrer au minimum avec 400 ruches. Le problème réside surtout dans la capacité de trouver une telle quantité de colonies ou d'essaims si l'on souhaite démarrer sans traîner. Or, le mot vitesse est un mot qu'il faut bannir quand on veut respecter l'abeille et son cycle biologique et ne pas aller au-devant d'ennuis sérieux. La rentabilité passe obligatoirement par la formation ou une expérience solide de l'élevage d'abeilles et de reines. Sans cette maîtrise, c'est un droit dans le mur assuré avec toutes ses conséquences !
Par conséquent, il est plus que raisonnable de prévoir une montée en puissance au minimum sur 3 années en partant avec un cheptel de 200 essaims déjà en ruches + 250 à 300 ruches (vides) pour N+1 (qui accueilleront les essaims de l'année suivante), l'ensemble du matériel de miellerie,  et enfin du matériel roulant. La première année étant uniquement consacrée à l'élevage des essaims, il n'y aura aucune rentrée d'argent. La seconde année, on multipliera le cheptel par 2 avec les premières rentrées financières qui permettront de couvrir 1/2 Smig si tout va bien. A la fin de la 3ème année, on devrait atteindre l'équilibre financier à condition de ne pas connaître au cours des trois premières années, une année cata du point de vue météo.
La 3ème année est donc le pivot de la réussite ou de l'échec. L'apiculteur va devoir équilibrer en effet, sa production de miel mais aussi prévoir le remplacement des reines du cheptel qui arriveront déjà en fin de parcours. En misant sur un tel renouvellement sans incident, le cheptel devrait atteindre les 500 colonies en fin de 3ème année. En partant sur une production moyenne de 20 Kg net de miel par colonie sur 400 exploitables (à moins d'avoir des emplacements exceptionnels), vous devriez produire 8 à 10 tonnes de miel. La 4ème année sera la seconde année charnière car il vous faudra obligatoirement et impérativement doubler votre production pour atteindre les 20 tonnes. Là se pose le problème de la distribution de votre production car le circuit court va devenir problématique pour une telle quantité. Vous allez donc avoir obligatoirement recours aux coopératives apicoles et grossistes mais qui pratiqueront eux, un prix d'achat bien inférieur.
Pour avoir des chances de réussir avec une montée en puissance à court terme, il faut prévoir un investissement minimum de 200 000 euros. En dessous, je conseille vivement une montée en puissance plus longue sur 5 ou 6 ans.

 Si vous êtes bien accroché, alors pourquoi pas ?

Amateur ou Pro ?
En France, entre faire de l'apiculture en amateur et en faire son métier, il y a un très large fossé. Le système fiscal et social français avantage grandement les "exploitations amateurs" dont les charges sont quasiment inexistantes si ce n'est qu'une cotisation solidaire forfaitaire à la MSA et une simple déclaration sur votre feuille d'impôts annuelle. Un amateur peut ainsi exercer avec un cheptel portant jusqu'à 199 ruches sans payer de charges sociales alors que si vous optez pour une apiculture pro, vous serez plombé par les charges, c'est un choix. Ceci étant, il semblerait que depuis le Grenelle de l'environnement, les choses commencent enfin à bouger un peu dans la règlementation, bien que ce soit encore une pagaille qui risque de décourager l'apiculture de loisir basique (moins de 10 ruches) à cause de démarches un peu contraignantes. D'un autre coté, en favorisant l'apiculture amateur (entre 40 et 199 ruches), on désavantage l'apiculture pro qui a du mal à joindre les deux bouts et qui est obligée de faire appel aux aides. Ce que je trouve aberrant, c'est que l'apiculture amateur peut elle aussi bénéficier de ces aides: comment voulez-vous vous en sortir avec un statut pro alors que le statut amateur est vraiment plus cool surtout si vous avez un job à temps partiel à coté (donc couverture sociale assurée..) il vous suffit dans ce contexte d'obtenir un numéro de Siret pour vous, un autre au nom de votre conjoint et le tour est joué.. vous pouvez monter jusqu'à 398 ruches (!) en ayant payé seulement un forfait d'imposition sur le revenu à la ruche et deux cotisations solidaires à la MSA, ce qui vous donnera le droit de vendre votre production,  en toute légalité sans la contrainte des charges sociales et impôts que paye une société ou activité apicole pro.
Pour l'apiculteur professionnel, il lui faut à ce jour un minimum de 400 ruches pour arriver à boucler un budget "raz les pâquerettes". Au-dessus, il faudra envisager d'embaucher.. mais compte tenu des charges supplémentaires que cela apporte, c'est difficilement envisageable.. L'apiculture professionnelle n'est envisageable que dans le cadre d'exploitation familiale à moins que vous ne comptiez sur le salaire de votre conjoint pour assurer ou bien que vous disposiez d'économies substantielles. Si vous comptez vous en sortir seul(e), vous serez contraint d'investir lourdement  dans le matériel pour compenser en partie la main d'œuvre. Il vous faudra très vite acquérir votre permis remorque, un 4x4 puissant ou un camion, un engin de levage et chargement (type grue) sans compter le matériel de la miellerie qui à lui seul représente un véritable et lourd investissement.. Si les investissements peuvent passer en charges d'exploitation, il n'en est pas de même en apiculture amateur où il n'est pas possible de déduire quoi que ce soit donc en général, le matériel de miellerie se résume à un bon extracteur et de l'huile de coude.
L'apiculture professionnelle s'inscrit dans un projet sur le long terme. Devenir apiculteur pro exclue d'office les décisions sur simple coup de tête. On ne devient pas professionnel de l'apiculture sur un simple claquement de doigts même quand on en a les moyens financiers. Cela ne peut se faire qu'à la force du poignet, de patience et surtout d'un élevage réussi qui monte en puissance année après année.

Devenir Professionnel de l'Apiculture:
Quelle est généralement la motivation première des personnes qui envisagent une reconversion professionnelle en apiculture ?
Bon c'est entendu.. vous avez envie de changer de vie et faire un retour aux sources n'est-ce pas ? Pour certains, c'est une sorte d'appel de la nature.. Les reportages TV ont un peu trop tendance à montrer le coté facile de l'apiculture.. Pensez donc ! on met des ruches sur les toits de Paris.. et hop.. on fait du miel avec un label !.
Cette idée peut à l'inverse être issue d'un calcul basic des personnes qui possèdent déjà une petite dizaine ou vingtaine de ruches et qui, ayant réussi à produire un peu de miel, multiplient dans leur tête le nombre de ruches. Elles obtiennent donc un résultat de kilos produits et en déduisent in fine un certain chiffre d'affaires.. qui logiquement devrait leur permettre de s'en sortir.  Quoi de plus simple et évident me direz-vous ?
Malheureusement, il n'en est jamais comme cela sinon cela se saurait.. (pensez à la fable de La Fontaine "Perrette et le pot au lait")
Il faut penser que si vendre une quantité de 500 kg de miel en amateur est chose très facile, vendre plusieurs tonnes est un autre enjeu car cela oblige l'apiculteur à entrer dans un certain type de circuit de distribution pour vendre sa production auprès de grossistes et autres acheteurs de grosses quantités de miel (GMS). Le prix de vente au kg n'a donc plus rien à voir avec celui que l'on paye sur un marché à l'apiculteur local et se retrouve au minimum divisé par deux, trois et parfois plus. Or, pour assurer du volume, il faut un minimum d'investissements, et très certainement prévoir l'embauche d'un salarié au minimum saisonnier: ce qui augmente et plombe considérablement le coût de l'exploitation comme je l'ai déjà fait remarqué un peu plus haut. Il va falloir envisager de faire de la transhumance et trouver des zones protégées de l'agriculture tueuse d'abeilles. Or ce n'est pas avec votre bonne vieille 4L que vous pourrez envisager sérieusement de vous y mettre. Qui dit transhumance ou déplacements temporaires de ruchers pour s'installer sur des cultures productrices, dit matériels et véhicules adéquats (donc des investissements coûteux et rentables uniquement sur le long terme). On peut toujours se rabattre sur de l'occasion certes, mais il faut pouvoir compter dessus. D'autre part, les réinvestissements pour le remplacement ou les lourdes réparations vont également plomber la rentabilité (et oui hélas, pour vivre de l'apiculture, il est impératif de parler de rentabilité)
Enfin, il faut tenir compte du fait que certaines années sont bonnes et d'autres moins bonnes quand il ne s'agit pas de conditions plutôt catastrophiques liées à la météo ou aux pertes liées aux pesticides sur les cultures. N'oubliez jamais en effet qu'une année peut-être dite de vaches grasses mais vous pouvez aussi avoir plusieurs années de vaches maigres.. (Il faut avoir un cœur solidement accroché à la passion).
L'apiculture ne produit plus autant que ce qu'elle a produit voici une trentaine d'années. Il faut donc, non pas seulement une super dose de motivation, mais il faut encore une fois de solides investissements sur le long terme. Et si l'on passe par le crédit.. il faudra rembourser.
Il est possible de penser qu'on n'a pas besoin d'autant de ruches pour s'en sortir ou bien que l'on se contentera de ruches d'occasion. C'est vrai dans l'ensemble mais en-dessous de 400 unités, il faut avoir une "niche". Par exemple, produire un miel de très haute qualité qui n'entrera pas en concurrence avec un miel de grandes surfaces, produire de la gelée royale (ce qui impliquera obligatoirement plusieurs années avant d'y parvenir), produire des produits de la ruche: propolis, cire, pollen, essaims etc.. ce sont bien des petits plus qui vous aideront à boucler vos fins de mois.
Si la première grande question concerne les investissements, la seconde grande question va concerner votre circuit de distribution. Si vous envisagez la vente directe, vous aurez certes une meilleure marge mais vous allez passer votre temps à cela et quand vous serez présent sur  les marchés, foires et salons, vous ne serez pas dans vos ruchers pour vous occuper de vos abeilles. Quand vous vendrez votre miel à 13 euros le kilo et que l'apiculteur local amateur vendra le sien à 8,5 voire 9 euros ou carrément moins, votre miel risque fort de vous rester sur les bras et vous serez contraint d'accepter la loi des grossistes et importateurs. Pour mon avis, ce n'est pas gagné d'avance sans une solide réflexion !
En tout dernier point, je souhaite vous parler "trésorerie". L'apiculture n'est pas un métier qui produit un salaire mensuel. On travaille plutôt par Campagne saisonnière où le miel se vend généralement d' Aout à Février. Ensuite, vous entrez dans votre saison "travail" et il faut tenir bon jusqu'à la mise en vente de la future récolte autrement dit, vous ne rentrez pas d'argent pendant 6 mois de l'année. Savoir être économe et bon gestionnaire est aussi une qualité requise de l'apiculteur professionnel.

Sagesse et Réserves:
Les deux meilleurs moyens de parvenir à se lancer et à faire de l'apiculture son métier, c'est soit:
- d' Avoir un bon matelas financier qui permette d'investir sans emprunter (auquel cas, le seul risque encouru est la mise de fonds
soit:
- Se fixer un objectif de 5 à 6 ans pour monter en puissance raisonnable en partant avec un cheptel de base d'une trentaine à une cinquantaine de très bonnes colonies. Mais, même dans ce cas, il faudra quand même disposer d'une bonne ressource financière qui vous permettra de tenir la distance.
D'autre part: puisque vous n'êtes pas rôdé à l'apiculture professionnelle, vous devez impérativement acquérir la connaissance et la pratique. Contrairement à ce que beaucoup pensent, si la connaissance de base ou théorie peut s'acquérir relativement facilement (je dis bien "relativement"), tout dépendra de celui qui vous enseignera ! Si c'est un pro pas de problèmes majeurs en revanche s'il s'agit d'un amateur ou apiculteur de loisir il n'en sera peut-être pas de même), Acquérir la pratique est une vraie école de la patience. Pour maîtriser, encore une fois il faut du temps et croyez moi, même si vos moyens vous le permettent, ils ne vous permettront pas d'acheter l'expérience.
Les essaims de base, ceux qui vont bâtir votre futur empire, doivent impérativement être des essaims issus d'une sélection professionnelle. Vous devez construire sur du solide et non du tout venant qui se paye au final toujours trop cher. En prêchant ici pour ma paroisse en toute honnêteté, ne partez surtout pas sur des bases douteuses. Ce n'est pas parce que vous réaliserez un bon coup que vous réussirez. Trop souvent il y a la mortalité en bout de course. Si vous faisiez un investissement pour un loisir, à la limite, vous ne prendriez que le risque de perdre votre investissement; mais là, il s'agit d'un investissement en vue de gagner votre vie future.. ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Ici nous parlons d'investissement..

Tenez, en comparaison, imaginez que vous souhaitiez devenir éleveur canin.. Vous viendrait-il à l'esprit de démarrer avec des bâtards ? Il sont certes bien mignons et bien gentils, mais quand il sera pour vous temps de vendre les chiots, vous ne pourrez pas escompter en vivre (à moins que vous ne soyez plus fort et plus malin que tous les autres éleveurs).
Bon, vous l'aurez compris on ne joue pas dans la même cour, et pour conclusion sur ce chapitre je dirai comme le proverbe: "un homme averti en vaut deux !"

Etude de cas.
Dans cet exemple, je ne tiens pas compte du temps passé, ni des frais de déplacements, ceux-ci étant considérés comme une mise de fond et engagement personnel d'un loisir axé essentiellement sur l'élevage avec une production de miel quasiment inexistante (en vue d'acquérir la maîtrise pour passer Pro). Enfin, puisque vous n'êtes pas aguerri aux techniques d'élevage, j'ai revu à la baisse le prévisionnel de mon ancien exemple à propos duquel, je considérai que vous maîtrisiez déjà, ce qui n'est pas le cas dans l'hypothèse suivante. D'autre part, je compte ici sur un "dégrèvement de 10% du cheptel chaque année pour cause de mortalité + ou - naturelle (alors que les chiffres nationaux sont maintenant bien au-dessus):

Année de départ = Acquisition de 20 essaims d'excellentes souches de sélection permettant un taux de prolificité de 2 en moyenne (une colonie mère produisant 2 essaims filles chaque année).
Votre premier travail, la première année consistera à développer les essaims d'acquisition (ceux que vous venez d'acheter) pour qu'ils soient forts et aptes à passer leur premier hiver. Cette première acquisition représente un investissement de 8000 euros avec les ruches (en partant sur du neuf, du "non bricolé" mais quelque chose de sérieux). Bien sûr, on peut faire l'expérience d'acheter des ruches d'occasion avec des colonies d'abeilles déjà rôdées. Cet achat peut se révéler plus ou moins douteux sur leur provenance (abeilles d'importation, en bout de course, malades, etc..) quand vous en aurez assez des pertes engendrées y compris et surtout de la perte d'année(s), vous verrez les choses d'un autre angle et il vous faudra impérativement repartir à zéro ! Vous aurez perdu X années et dépensé au final beaucoup plus d'argent comparativement au fait d'avoir démarré sur des bases saines. Vous verrez que dans la réalité, vous connaîtrez à peu de chose près le verdict de ce schéma. Allez, on poursuit dans le positif..
Année N+1 = 54 ruches dont 18 ruches mères et 36 essaims. Il faut par conséquent investir dans le prix du matériel pour une quarantaine de ruches supplémentaires soit environ 3000 euros
Année N+2 = 147 ruches dont 49 ruches mères plus 98 essaims à développer. Il faut donc investir sur une centaine de nouvelles ruches soit:8500 euros
Année N+3 = 390 ruches dont 130 ruches mères + 260 essaims. il faut par conséquent investir sur 25 à 30 000 euros
Pour obtenir une telle ascension, croyez moi, ce n'est pas aussi simple car il vous faudra être solidement appuyé par un pro sur qui vous puissiez compter, une sorte de tuteur ou "parrain" spécialiste et surtout ne pas tenter quoi que ce soit qui sorte et relève d'une bonne technique et maîtrise de l'élevage . D'autre part, vous n'allez commencer à recevoir vos premiers revenus qu'en fin de 4ème année. Par conséquent: non seulement vous n'avez pas dégagé de revenus pendant tout ce temps de montée en puissance mais vous avez du investir progressivement dans celle-ci. Tout cela, bien entendu peut se financer, mais la frilosité des banques sera certainement un de vos premiers obstacles.

Les problèmes majeurs à résoudre:

à  N+2 va se poser le problème d'emplacements puisque l'on peut considérer qu'il faudra 2 ruchers pour les colonies mères (les 49 ruches de l'année précédente devant être réparties sur les deux) et au minimum 2 autres ruchers où seront mis en développement 50 essaims dans chaque.
à N+3 Le problème d'emplacements va être considérablement accru car il y aura près de 150 colonies mères ce qui veut dire 4 emplacements statiques minimum + 8 nouveaux emplacements qui recevront chacun une cinquantaine d'essaims en développement.
Mortalité: En tenant compte d'un taux normal de mortalité de 10% (ce qui veut dire que vous êtes déjà bon), c'est maintenant un facteur préoccupant car il va falloir consacrer un certain temps à la désinfection et décontamination des ruches et leur remise en état. Sachez quand même que le taux de mortalité en France avoisine les 30%. Je dis en moyenne car dans certaines régions, ce taux peut atteindre 80% et plus !
Cadres: Comme les abeilles auront tout à construire, il faut prévoir le budget cadres neufs, cires, sucre ou sirop, et autre temps consacré au développement des colonies. A La fin de N+2 débute le problème de temps... et sa gestion. Sur l'ensemble de l'année, vous êtes donc déjà à un mi-temps complet alors que vous n'avez pas rentré le moindre euro.
La solution consiste donc à monter moins vite en puissance et prévoir 2 années supplémentaires afin de mettre une partie du cheptel en élevage et une autre partie du cheptel en production de miel. Malheureusement à cette voie choisie il va falloir envisager des investissements concernant d'une part le matériel de miellerie mais d'autre part, le matériel de logistique pour les déplacements: remorque, véhicule tracteur, matériel de manutention etc.. tout autant que les locaux indispensables au stockage et à la miellerie.
Une autre solution consiste à démarrer avec 50, 100 ou 200 essaims.. mais là, il faut aussi que les finances suivent !

Alors quoi.. On baisse les bras ?
Bon, vous voyez que ce n'est pas simple si l'on prend le temps de s'assoir pour calculer la dépense, et je ne parle pas ici des problèmes de territoires, biotopes etc.. etc.. D'autre part, je ne parle pas des sites internet complètement irresponsables où tout apparait beau et facile, qu'il n'y a qu'à...  Entre faire de l'apiculture d'appartement et conduire une apiculture professionnelle, il y a la un large fossé dont seuls les incrédules à mon discours feront les frais.
Plus concrètement, ce n'est pas pour autant mission impossible.. quand on veut vraiment, on peut parvenir à réussir; mais il faut malheureusement ne pas écarter le plus grand fléau pour l'apiculteur: celui de l'agriculture et de ses pesticides qui, dans certaines régions peuvent provoquer la perte de 80% des colonies (quand ce n'est pas 100%) sans que vous ne puissiez escompter toucher le moindre euro de dédommagement ! Alors oui.. il y a des aides possibles comme l'aide à la reconstitution de cheptel mais seulement s'il reste de l'argent dans les caisses.. or les caisses ne me semblent pas souvent pleines dans ce domaine. D'autre part, ces aides, comme je le souligne déjà un peu plus haut ne vous seront pas versées l'année de vos pertes d'abeilles mais seulement l'année suivante si vous y avez droit. Quand vos efforts sont réduits à néant, soit vous retroussez les manches soit vous baissez les bras.. Christine et moi avons "dérouillé" (j'ose ce mot qui n'est pas trop fort ni exagéré croyez-moi) pendant plus de cinq années suite à des pertes magistrales sur deux années consécutives (508 colonies). Je ne veux pas que vous suiviez ce chemin qui d'avance vous mènerait droit dans le mur.
Vous comprenez maintenant tout mon encouragement à rester amateur.. au moins les 4 ou 5 premières années à moins encore une fois que vous n'ayez les ressources financières nécessaires.
Si vous optez pour démarrer avec mes essaims, vous pourrez compter sur une qualité irréprochable.

Les différents degrés de Maîtrise pour passer Pro:
Bien qu'aucun diplôme ne soit requis pour devenir apiculteur professionnel, il est impératif d'acquérir une bonne maîtrise de l'élevage.
Pour envisager une reconversion ou un avenir en Apiculture Professionnelle, vous devez au minimum (en plus des investissements dont nous venons de parler):
- Avoir la maîtrise de l'essaimage artificiel à grande échelle, et non pas en juger et vous fier sur un essaim créé et qui a bien réussi
- Avoir la maîtrise de production de reines et leur fécondation, ainsi que le remplacement des reines de vos colonies en fin de cycle,
- Avoir une maîtrise absolue et une solide expérience d'au moins un rucher stable de 30 ruches depuis deux ou trois ans,
- Être capable d'estimer l'environnement et la quantité de ruches à disposer sur un emplacement,
- Disposer de souches d'abeilles qui puissent assurer leur élevage, autrement dit, disposer d'abeilles hautement sélectionnées du départ ce qui représente déjà en soi un investissement non négligeable
Il y a d'autres critères encore, mais les premiers que je viens d'énumérer me semblent être le BA-BA pour envisager de devenir un jour, Apiculteur Professionnel.

La Formation, un passage indispensable pour mettre toutes les chances de votre coté
I
l y a donc l'aspect Formation. Si vous n'avez pas fait un lycée professionnel, Où allez-vous vous former ? Compter sur une formation sur le tas comprend beaucoup de risques car vous allez constamment enfoncer des portes ouvertes et commettre beaucoup d'erreurs. Encore une fois, entre une apiculture pépère de loisir et une apiculture pro, il y a un large fossé. Comme la filière n'est pas (ou trop peu organisée) cela ne sera pas chose facile. Bien que j'ai suivi un cursus Agricole dans mon jeune temps puis de biologie et chimie, encore une fois, j'ai cruellement manqué de formation pratique quand j'ai débuté. Je dois souligner que j'ai toutefois eu la chance d'être épaulé par un apiculteur pro à la retraite qui m'a certainement permis d'économiser de nombreuses années de souffrance et peut-être même la cata finale. (JC si tu me lis, je te dédie ce petit clin d'œil).

C'est pourquoi j'ai décidé de vous proposer un stage de formation spécifique en vue de vous apprendre l'essentiel pour pérenniser votre ascension en apiculture professionnelle. La différence avec les deux autres types de stages que je propose déjà sur le site réside dans le fait que cette formation vise une technicité qui vous permette d'acquérir les bases indispensables si vous envisagez une exploitation pro ou, si vous avez déjà des ruches, d'acquérir suffisamment de connaissances pour permettre votre montée en puissance dans ce même objectif. Nous travaillerons dans mes ruchers comme vous devrez travailler plus tard dans les vôtres. Ce stage est purement basé sur la technique et ne comprend pas de module de gestion d'entreprise. Si vous souhaitez cet éventuel 4ème module, vous pourrez le demander à notre organisme de formation.

Cette formation apicole est basée sur 3 modules de 5 jours répartis dans l'année 2012:
- Le premier module
Il a lieu au tout début de printemps. Au programme, nous étudierons la sortie de l'hiver des colonies, leur nourrissement éventuel, l'équilibrage et la préparation printanière. Nous étudierons également le traitement anti-varroa, car c'est une période propice au développement de la varroase. Nous préparerons les colonies qui seront aptes à débuter pour l'essaimage artificiel.
Ce stage de 5 jours débute le samedi pour se terminer le mercredi soir après une validation des acquis propres à ce module.
- Le second module
Il a lieu en saison, vers la mi-mai. Ce module permettra d'acquérir les connaissances de l'élevage et de la production de reines pour monter en puissance dans le développement de votre cheptel. Nous procéderons également à l'évaluation des qualités des reines et à leurs remplacements éventuels.
Nous apprendrons la pose des hausses à miel Ce module est de 5 jours et se termine par une validation des acquis.
- Le 3ème module
Il se déroulera à la première quinzaine de septembre avec le traitement des colonies et la préparation pour la mise en hivernage. Ce stage dure 5 jours également et sera suivi d'une validation des acquis.
A la fin des trois modules, il vous sera remis un certificat de stage. Si vous le souhaitez, vous recevrez en plus votre feuille de notation avec mes commentaires et encouragements des points à travailler.
Le lieu du stage se déroule à Le Cergne

Hors cadre d'un DIF, Le coût de chaque module est de 700 euros. Si vous souscrivez aux 3 modules pros, le montant total est globalisé pour 1800 euros.
Il faut tenir compte qu'en plus de ces montants, vous aurez votre hébergement à ajouter. (www.lebelvue.com)
Grace à Sup'Formation, ces stages peuvent être pris en charge dans le cadre d'un DIF, en partie ou en totalité.
Pour que ces modules voient je jour, il nous faut un minimum de 5 participants. Le programme pro ne figure pas dans la liste des stages de formation "standards". Dans le cadre d'un DIF, vous devez impérativement motiver votre demande ici. En cas d'absence à l'un ou l'ensemble des modules, il n'y a pas de formule de rattrapage ni de remboursement.

Calendrier des 3 modules:
Module 1:  du 31 mars au 4 Avril
Module 2:  du 19 au 23 mai
Module 3:  du 8 au 12 septembre
Pour votre réservation hors cadre d'un DIF, veuillez l'effectuer directement en ligne ici

Nombre de personnes

Intitulé du stage

Prix unitaire par personne

Stage Accession Pro en 3 modules    Prix : 1800 €
 

 

Pour un payement par chèque bancaire: cliquez ici


Un peu de réflexion:
Afin de vous aider dans votre approche et votre réflexion, je vous ai dressé une petite liste de questions destinées à vous faire réfléchir sur l'activité envisagée. Je pense en effet qu'il est très important de ne pas se voiler la face, mais regarder en face certaines réalités objectives:

Avez vous une réponse à chacune de ces questions ?

  • Avez vous un peu d'économies de coté ?
  • Dans quelle région allez vous exercer ? Culture, plaine, montagne..
  • Quelle est votre véritable motivation ?
  • Quelles(s) production allez-vous privilégier ? Miel, gelée royale, produits de la ruche, essaims reines...
  • Avez-vous déjà un rucher ?
  • Avez-vous la maîtrise de conduite d'un rucher d'au moins 30 ruches ?
  • Si vous n'avez pas de compétence en Apiculture, comment envisagez-vous de la mettre en valeur ?
  • Quelle est votre formation en termes d'apiculture ?
  • Sur quoi tablez vous pour gagner votre vie tout en amortissant votre installation ?
  • Combien de temps vous donnez-vous pour arriver à l'équilibre financier ?
  • Avez-vous pensé aux années de vaches maigres ?
  • Sur quel type de ruches allez-vous fonder votre exploitation ? Voirnot, Dadant, Warré, Quentin, Langstroth..
  • Avez-vous une idée de ce que gagne un apiculteur professionnel ?
  • Avez-vous visité plusieurs exploitations fonctionnant de manière rentable ? Si oui, avez-vous évalué le temps de travail ?
  • Savez-vous combien de ruches vous seront nécessaires pour vivre de votre future exploitation ?
  • Comment allez-vous écouler votre production de miel ?
  • Comment allez-vous acquérir vos colonies d'abeilles de base ? par quel intermédiaire ?
  • Combien pensez-vous conduire de ruches à vous seul ?
  • Envisagez-vous l'aide de votre conjoint ?
  • Vos moyens ou économies vous permettront de tenir combien de temps sans toucher de salaire ?
  • Avez vous fait un business plan ? une étude de faisabilité conduite par un expert comptable ?
  • Envisagez vous d'acheter votre matériel et votre premier cheptel avec un financement bancaire ?
  • Quand souhaitez vous débuter ?
  • Avez vous des connaissances en élevage de reines ou multiplication de colonies ?
  • Savez-vous comment augmenter votre cheptel ou comment le remplacer en cas de défaillance ?
  • Disposez-vous suffisamment de place pour le rangement, le travail de menuiserie et la miellerie ?
  • Avez-vous une idée ou connaissance à propos de la disparition des abeilles ?

Je vous propose de m'écrire vos réponses à chacune de mes questions si vous souhaitez mon avis en retour. Cela restera confidentiel bien entendu, et entre nous. ( Cliquez ici ).

Combien de ruches vous seront nécessaires pour gagner votre vie ?
Cette question (comme bien d'autres) m'est fréquemment posée. En fait, ma réponse la plus courte pourrait être celle-ci dans un langage de bois: "ça dépend !"
Mais cela dépend de quoi ? Voyons ici quelques pistes pour votre réflexion :

- Tout dépend de ce que vous voulez gagner à condition de mettre les moyens nécessaires au départ. Et quand je parle de moyens, j'englobe également les moyens 'Temps à consacrer'. Si vous pensez faire une semaine de 35 heures, dites vous qu'à partir du mardi soir, vous serez déjà en heures sup !
Bon trêve de lourde plaisanterie. Pour parvenir à gagner un salaire minimum, il vous faut au moins 200 ruches. Ce nombre est d'ailleurs requis par la MSA (Mutualité sociale agricole) pour vous considérer comme un demi-exploitant. En principe le chiffre de base à considérer est de 400 ruches. Pour atteindre ce chiffre qu'il soit de 200 ou de 400 unités, c'est impossible à conduire pour un débutant ou toute personne qui n'a pas un minimum de connaissance et d'expérience. Ce n'est pas le tout d'être capable d'investir en bloc, même si vous êtes fortuné(e ) ou avez quelques économies. Il faut de l'expérience et pour acquérir de l'expérience, il faut du temps.. beaucoup de temps.
Imaginez que vous investissiez dans 400 ruches.. vous reprenez par exemple l'exploitation d'un apiculteur qui a fait valoir ses droits à la retraite. Vous serez dans un budget de 60 à 100 000 euros minimum (en dessous, je ne donne pas cher de la qualité).
Vous déménagez le tout pour exploiter chez vous, et voila qu'à la fin du 1er hiver, tout votre cheptel est par terre..!
- Pour gagner sa vie en apiculture, il est nécessaire d'établir un bon fondement et commencer par s'assoir afin de calculer la dépense comme le dit un sage proverbe biblique..
Si vous êtes franchement déterminé(e) à faire de l'apiculture un métier qui vous permette de gagner votre vie, tout comme nous l'avons vu dans un paragraphe plus haut, il faut que 3 éléments soient réunis et ils sont indissociables:

-1/- Vous fixer un nombre raisonnable d'années pour monter en puissance. J'estime à 5 ans minimum et sans catastrophe.
-2/- Vous devez être capable d'investir chaque année dans le matériel nécessaire (ruches, essaims..)
-3/- Compte tenu que vous cherchez à réduire l'investissement au minimum, vous aurez une production de miel très réduite et qui ne vous permettra pas d'assurer un salaire suffisant pour vivre seul de votre exploitation apicole.

En conséquence, vous devez impérativement être capable de rester 3 à 5 années sans toucher de Salaire. Quoi qu'il en soit, il peut exister un certain nombre d'aides de l'Etat pour votre établissement mais gare aux emprunts avec le vivant ! D'autre part, les aides sont attribuées aux jeunes qui s'installent alors au fait.. Quel âge avez-vous ?

Vous pourrez toujours compter sur la qualité !
Pour ma part, je considère que si vous ne démarrez pas avec des essaims de qualité, votre entreprise est vouée à l'échec à très court terme et ceux qui vous diront le contraire sont trop intéressés à vous fourguer n'importe quoi.
La meilleure piste c'est savoir Valoriser ses produits et opter pour la haute qualité. Cela réduira vos efforts portant sur la quantité et vous dégagera du temps pour justement répondre et parfaire à des critères de qualité.
Pour vous citer mon propre cas en toute transparence, j'ai opté pour la Qualité. Bon nombre d'apiculteurs produisent des essaims.. or le prix d'un essaim chez Abeille et Nature est deux fois supérieur. Est-ce un scandale pour autant ? Est-ce à dire que je m'enrichis ? Pas du tout mais je sais tenir au minimum un papier et un crayon ! Ceux qui vous dirons que c'est du vol de vendre un essaim aux alentours de 300 euros ne savent pas compter ou bien ne déclarent pas tout sur leurs déclarations fiscales, pire encore pour certains qui se débarrassent de colonies pour qu'elles crèvent ailleurs que chez eux ou bien alors produisent des essaims de collage avec introduction de reines provenant de techniques de greffage.
Quand j'établis le prix de vente d'un essaim je dois tenir compte de plusieurs facteurs:
- Des Charges et impôts,
- Du Temps passé et consacré au développement de ceux-ci,
- du taux de mortalité ou passage au rebut des reines qui ne passent pas la barrière des critères sélectifs de mon cahier des charges
- Le temps passé avec le client (vendre un essaim n'est pas un produit d'étale mais de conseils )
- Mon salaire, même si celui ci est loin d'être établi à sa juste valeur
- Les investissements en matériel et fournitures chaque année etc..
Alors oui, il y a une différence de prix entre un essaim vendu par un apiculteur non professionnel de l'élevage et un essaim vendu par Abeille et Nature contrairement à ce qu'une poignée de détracteurs s'insurgent (s'il y avait tant d'argent à gagner pourquoi sommes nous si peu nombreux à vivre de l'élevage ?).
J'ai choisi ce créneau axé sur la vente d'essaims de qualité et non d'essaims d'importation ou produits sous le manteau ou bien encore issus d'essaims capturés ci-ou là.. Pourtant, je manque chaque année d'essaims à fournir à ma clientèle mais je me limite volontairement car je ne peux pas dégager d'avantage de temps.. Que celui qui pense faire mieux fasse ! Je n'ai pas la prétention de fournir toute la demande française et je ne force personne à se fournir chez moi..
Encore une fois, en Apiculture, il y a de la place pour tout le monde.. Je suis convaincu que ceux qui tiendront le cap dans les années difficiles que nous traversons et qui sont loin d'être terminées, sont celles et ceux qui valoriseront leur travail par la Qualité. C'est ce que Christine et moi nous nous efforçons de faire en nous améliorant d'année en année, et cela fait maintenant 13 ans que cela perdure.

Les incidents de parcours d'un apiculteur:
-1/- Le phénomène allergie
Bien que ce soit assez marginal, un certain nombre d'apiculteurs arrêtent leur activité pour cause d'allergie. Si cela arrive plus dans le monde des amateurs, les professionnels ne sont pas en reste face à cette problématique. Sachez en effet que l'on est jamais immunisé contre le venin d'abeille même après de longues années de piqûres. Tout au plus, un apiculteur est ou devient insensible à la douleur des piqûres d'abeilles mais il n'est jamais immunisé. C'est une grave erreur de ne pas prendre des précautions quand elles méritent d'être prises par exemple:
J'ai vu souvent des apiculteurs travaillant à mains nues dans leur ruches.. et puis voilà qu'au bout d'un moment, qui, pour des raisons météo, qui pour des raisons de dérangement, les abeilles se mettent à piquer.. Faisant fi des piqûres, notre apiculteur poursuit son travail.. et puis, au bout d'un moment, devant l'insistance des abeilles et après avoir reçu une bonne cinquantaine de piqûres (quand ce n'est pas plus), il se résigne à aller mettre les gants ! Cet Apiculteur n'a pas su écouter son corps qui lui commandait de se protéger. Le faisant par contrainte, il réagit tardivement.
La réaction allergique au venin d'abeille peut demander jusqu'à 72 heures pour survenir. Cela ne veut pas dire (fort heureusement) qu'elle viendra, mais disons qu'elle est sur un terrain favorable.
Il est donc indispensable dans les couvertures sociales et d'assurances, de prévoir un tel risque. Oh bien sûr, vous n'aurez pas de mal à revendre vos ruches et votre matériel, mais cela ne sera pas de gaité de cœur.

-2/ Perte de rucher ou pertes importantes d'abeilles
Avec les pesticides utilisés en agriculture, et à moins d'opérer en région de montagne - et encore, - l'apiculture en général, paye un très lourd tribu dans les conséquences d'une agriculture qui n'a rien à faire de ce qu'elle produit. Les produits dits "phytosanitaires" devraient être lourdement taxés afin d'indemniser les apiculteurs qui subissent de lourdes pertes.
Tôt ou tard, les apiculteurs pros connaissent des pertes anormalement élevées dès lors qu'un agriculteur local a recours à des semences enrobées d'insecticides tous plus tueurs d'abeilles les uns que les autres.
Tout le monde n'habite pas la montagne, tout le monde ne peut pas placer ses ruches hors zone de cultures, et tout le monde n'a pas forcément de cultures biologiques à offrir à ses abeilles.
Bien que vous puissiez vous assurer pour vous défendre contre untel ou untel, vous ne serez jamais remboursé à l'égal de votre perte. Vous obtiendrez peut-être quelque aide de l'état pour la reconstitution de votre cheptel, mais vous y laisserez non pas des plumes mais des kilos de plumes si vous voyez ce que je veux dire !
C'est pour cela entre autres que vous devrez sacrifier des kilomètres pour entretenir des ruchers fixes parfois éloignés de votre lieu de résidence. C'est un vrai problème.

Comment établir un bon Business Plan.

Telle sera votre toute première étape. Bien des entreprises comptables proposent d'établir un Business Plan afin de vous aider à obtenir vos prêts bancaires destinés à vos investissements, crédits de campagne etc..
Mais une simple évaluation comptable est loin d'être suffisante. Il faut pousser le bouchon aussi loin que possible car il faut absolument tenir compte de paramètres qu'un comptable ne sait pas ou ne peut pas évaluer à savoir: le grand nombre de paramètres aléatoires qu'il faut prendre en considération.
Connaissant parfaitement le problème, Nous avons mis en place avec Sup' Formation, la possibilité d'établir en votre compagnie, un Business Plan Apicole qui corresponde parfaitement à votre personnalité et objectifs; un Business Plan qui sera un atout dans vos négociations financières et administratives.
Puisque vous n'êtes pas un Financier (pardonnez-moi si je me trompe), Vous devez comprendre comment ça marche !
Aussi, pour réunir toutes vos chances de succès, cet apprentissage peut entrer dans le cadre d'un DIF (Droit Individuel de Formation) dès lors que vous êtes actuellement salarié d'une entreprise. Dans ce cas, Sup'Formation vous propose sous forme d'un stage de deux jours d'établir ce Business Plan (qui ne vous coûtera presque rien et à la sortie duquel, vous aurez appris à faire évoluer votre propre business plan et non un truc déjà tout fait qui ne serait pas crédible).
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En Février, bon nombre de colonies arrivent à leur fin de vie.. parfois avant la jonction avec les abeilles de printemps. Vous souhaitez aider vos abeilles ?
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