Devenir Apiculteur Professionnel.
S'il n'est plus possible de s'enrichir avec les abeilles
(financièrement parlant), en faire son gagne pain tout
comme un complément de revenus est un vrai parcours
difficile et souvent une véritable gageure dans certaines
régions de France où cultures ne riment plus avec
Apiculture mais plutôt "désastre écologique". Les abeilles nous apportent beaucoup sur notre propre méditation
quant à la Création et nous aide à trouver la paix de
l'esprit quand nous vivons en symbiose avec elle. Je ne cesse de m'émerveiller devant
cette symbiose Abeille/Nature et c'est le nom que j'ai
choisi de donner à mon activité, en refusant du reste un
certain nombre de pratiques apicoles que je ne juge pas
bonnes pour la survie de nos abeilles. En France il y a
presque autant de méthodes d'apiculture qu'il y a
d'apiculteurs c'est tout dire ! mais il ne faut pas
s'étonner qu'il y ait autant de pertes. Il ne sert à rien
de vouloir réinventer les règles de base de la Nature mais
bien au contraire s'en inspirer pour deviner et comprendre
l'attitude que nous devons adopter quand cela ne fonctionne
pas. Les professionnels de l'apiculture l'on bien compris
et leurs méthodes sont bien moins dispersées mais plus
cohérentes comparativement "aux jeunots" qui s'installent
et qui vont devoir faire leurs preuves. Sachez au passage
que la moyenne d'âge des apiculteurs français est de 56
ans
L'Apiculture
professionnelle d'aujourd'hui est avant tout une
profession des métiers de la nature donc, liée aux
caprices de la météo, du réchauffement climatique, de
l'usage intensif des pesticides, des maladies etc.. Elle
dépend beaucoup également des lieux d'implantation des
ruchers et hélas, du facteur temps dont nous disposons pour nous occuper de
nos abeilles. Elle a beaucoup évolué car ce qui était stable autrefois,
est devenu totalement instable de nos jours. Ce sujet du reste,
est en très grande partie, une cause de
discorde entre la génération précédente des apiculteurs et
celle d'aujourd'hui. Il faut par conséquent une bonne dose de
motivation, et malheureusement beaucoup d'argent à
investir avant de pouvoir en vivre ce qui est totalement
opposé à une apiculture de loisir qui elle, requiert moins
de rigueur. Avant de gagner sa
vie en apiculture, il faut acquérir une solide
connaissance et un minimum d'expérience que j'estime au
minimum à 5 ans à moins que d'avoir un très solide matelas
financier supérieur à cent mille euros et d'être
solidement épauler par un apiculteur "parrain", lui même
issu de l'apiculture professionnelle. Ne croyez pas que
je veuille vous décourager, bien au contraire.
Je vais tout faire sur cette page pour vous convaincre de
pratiquer l'apiculture et d'essayer d'en vivre ou d'en
tirer quelques revenus. Il y
a des pièges à éviter et c'est la raison pour laquelle
j'ai pris du temps pour écrire cette page. Personnellement j'ai trouvé ma niche, à vous de trouver la
votre.. S'il y a une chose à faire pour commencer,
c'est de vous ôter l'idée que vous gagnerez de l'argent.
Vous pourrez tout juste en vivre dès lors que
vous aurez payé vos impôts et charges, vos remboursements
de crédits et vos frais de gas-oil. En contre partie, vous
serez en "live" avec la nature et peut-être la découvrirez-vous
sous un tout nouvel angle. Sachez qu'on entre pas en
apiculture avec l'espoir de gagner de l'argent; il est des
métiers bien plus lucratifs et à moindres efforts Bien qu'à la MSA (Mutualité
Sociale Agricole), il faille un certain nombre de ruches
pour passer en Pro (400 ruches), la production de miel
selon l'apiculteur, peut passer du simple au quadruple
voire plus. Je connais des apiculteurs passés en pro qui
produisent deux fois moins de miel qu'un apiculteur semi
professionnel avec 200 unités seulement et ceci dans le
même environnement, les ruchers étant à peine espacés de
500m les uns des autres (j'ai un cas précis sur les cultures de Lavande).
Savoir produire du miel est un art qui s'apprend et qui ne
se mesure pas à la quantité de ruches qui plus est, encore
moins aux abeilles d'importation, véritable miroir aux
alouettes. Il ne suffit pas de poser les ruches à
proximité immédiate d'un champ de culture pour faire son
miel (quand ce n'est pas dans le champ lui-même
directement). Beaucoup calculent d'avance le rendement à
l'hectare sur des écrits passés où il était dit par
exemple que sur la phacélie ou la moutarde, il était aisé
de produire 500 à 600 kg de miel à l'hectare, sur les
lavandes, près de 500 Kg etc... Aujourd'hui, ces chiffres
ne sont plus adaptés car il faut hélas tenir compte de la
dépréciation des terres agricoles truffées de pesticides
où les taux de mortalité des abeilles sont
particulièrement élevés.
Aujourd'hui en France, à moins de connaître des zones bio,
il n'est pratiquement plus possible de compter sur les
cultures pour faire son quota de miel qui vous assurait
autrefois votre salaire déjà bien maigre pour ce si dur
labeur. Au passage, saviez-vous que dans le domaine du
bio, le chiffre de 5% exprime la surface totale des terres
agricoles ?
Vous envisagez de quitter votre job
actuel pour devenir Apiculteur Professionnel ?
Pourquoi pas ? J'ai bien moi-même entrepris cette démarche
voici maintenant 13 ans. Or si je l'ai fait,
bien d'autres peuvent le faire mais attention ! il y a,
encore une fois, un
certain
nombre de pièges à éviter et il serait dommage de tomber
dedans.. C'est le genre même d'informations qui m'ont
manqué à mes débuts et c'est ce que je souhaite vous
éviter. Une Reconversion Professionnelle dans les métiers
de la nature ? Quoi de plus merveilleux ? Mais
commençons par le début. Si vous exploitez déjà des ruches, ce n'est pas parce que
vous avez réussi à faire un peu de miel en amateur que
vous réussirez en pro ! D'autre part, si vous cherchez de
l'information sur Internet, sachez qu'on trouve de bonnes
infos tout comme on trouve n'importe quoi, écrit par
n'importe qui, surtout dans les forums, où il y a de quoi
faire le tri car ce sont surtout dans les forums que s'expriment
des apiculteurs de loisir trop influençables par les
courants du dernier qui a parlé ou expérimenté mais qui
n'ont pas d'expérience de la vie professionnelle en
qualité d'apiculteur. Ces apiculteurs parlent beaucoup..
Ce sont de grands bavards, tous passionnés qu'il soient,
mais les pros, eux, gardent jalousement ce qu'ils ont mis des
années à découvrir. Ils s'expriment peu en réalité. Vous
n'avez qu'à leur demander combien de kilos en moyenne ils
obtiennent par ruche, quel est leur circuit de
distribution etc.. et vous verrez que les portes se
ferment de suite quand peu vous répondront.
L'apiculture ne s'acquière pas à coups de "trucs" ou
d'astuces, mais d'un profond respect du cycle biologique
de l'abeille dont il est indispensable d'acquérir le
BA-BA. On ne devient pas apiculteur professionnel du jour au
lendemain. Il faut du temps.. beaucoup de temps ! Or, peut-être est-ce là ce qui
vous fait défaut ? Bien que ce soit introuvable, il est toujours possible de "racheter"
une entreprise apicole, mais bien souvent, les apiculteurs
qui arrêtent leur activité ont déjà plus qu'entamé l'âge
de la retraite, et dans la plupart des cas, le matériel est vétuste, les
registres d'élevage absents, l'âge des reines est
incertain. Alors oui.. peut-être.. vous penserez réaliser un bon
coup mais si vous débutez, je pense honnêtement que ce
n'est pas la voie à suivre, d'autant plus si vous
envisagez percevoir un revenu de votre exploitation. Je suis prêt à vous recevoir si vous
prenez le temps de venir jusqu'ici (sur RV bien entendu),
mais avant cela, n'hésitez pas à me faire part de votre
projet.
Quelle mise de fonds pour devenir apiculteur professionnel
?
Ce sujet est très délicat car il relève plus ou moins de
l'utopie voire d'une très grosse part de subjectivité qui
pourrait être largement débattue et commentée. Quoi qu'il
en soit, je pense être réaliste dans mon chiffrage en
tenant compte du fait de ne pas avoir recours à
l'importation. Entendez aussi qu'un certain nombre d'obstacles
se dressent devant tout candidat à l'apiculture
professionnelle. Pour devenir pro, on n'a pas besoin de
diplômes ou de cursus scolaire ou universitaire
particulier, c'est déjà une bonne chose. Il y a deux voies
principales, entendez 2 façons d'accéder au milieu pro:
- A/.Soit Vous disposez d'un capital à investir -
B/.Soit Vous ne
disposez pas de capital A/
Vous disposez d'un capital: Quel montant ? Si vous
avez gagné le loto pas de problème en revanche si vous
devez emprunter, mettez de suite un terme à votre projet,
pourquoi ? Les raisons sont multiples mais tout
d'abord, il vous faudra acquérir un cheptel d'au minimum
400 ruches (minimum encore une fois exigé de la MSA,
l'organisme social de l'agriculture). A moins de passer
commande au moins un an et-demi avant, vous ne trouverez
pas un éleveur français capable de répondre à votre
demande, à moins qu'il ne s'agisse d'abeilles
d'importation (ce qui met gravement votre exploitation en
cause à N+1 ou N+2) Vous pouvez éventuellement
envisager la reprise d'une entreprise apicole ? pourquoi
pas, mais si vous avez à délocaliser les ruches, vous
risquez de les dépayser et vous vous exposez à subir de
graves pertes.. Bon, prenons un cas concret afin de
chiffrer: Imaginons que vous passiez commande dans le
courant 2012 à Abeille et Nature pour 400 essaims. Il vous
faudra attendre l'année suivante (Mai 2013) pour recevoir
votre cheptel d'essaims. En 2013, vous aurez pour travail
de les élever pour les aider à se développer avant leur
premier hivernage. Selon si vous êtes dans le Sud ou le
Nord de la France, vous ne pourrez démarrer votre
exploitation au plus tôt qu'à partir de mars 2014 pour
entrer en exploitation et production de miel. Vous ne
produirez donc rien avant juillet 2014 mais croyez moi, ce
n'est pas le travail qui vous manquera. Il vous faut
donc envisager la disposition de 12 à 15 emplacements
distants au minimum de 6 kilomètres les uns des autres à
condition d'avoir étudié préalablement le biotope. Si
celui-ci est pauvre, vous allez devoir faire des
kilomètres voire envisager de faire de la transhumance.
Une technique d'exploitation en marguerite s'impose afin
de limiter les coûts de déplacement et le temps perdu dans
vos rotations de visites. Le coût d'acquisition de 400
essaims de base avoisinerait les 100 000 euros (nous
partons ici sur des essaims souches produits à l'ancienne
afin d'établir une base solide pour votre exploitation.
Bien évidemment, si vous misez sur des essaims
d'importation, il vous en coûtera 2 fois moins mais.. le
jeu en vaut-il la chandelle ? d'autre part, il est connu
dans le métier que les importateurs ne tiennent pas leurs
promesses de livraisons et invoquent toujours des
problèmes météo pour se décharger de leurs
responsabilités). Les essaims étant livrés en ruchettes
d'exploitation, il vous faut investir dans les ruches. Ce
budget représente à lui-seul environ 60 000 euros (pour
avoir des ruches correctes, et de bonne prestation) Le
budget cadres (corps et hausses): 10000 euros
Maintenant, il faudra également investir dans une
miellerie même si cet investissement pourra être réalisé à
N+1): 60 000 euros + les engins type transporteurs, grue..
Investissement d'un 4x4 avec sa remorque: 50 000 euros
Montant total de l'investissement + l'aménagement des
emplacements: 300 000 euros Mais imaginons
toujours que vous disposiez d'un tel capital.. Il va vous
manquer l'indispensable: La connaissance et l'expérience !
Ce n'est pas parce que vous avez les moyens d'investir que
vous allez réussir en apiculture. Même si vous avez déjà
une ruche ou deux depuis quelques années, cela n'a plus
rien à voir avec l'apiculture professionnelle. Par
conséquent, il est impératif de vous faire assister ce qui
va vous couter 50 000 euros rien que pour la première
année (salaire + charges sociales). Nous sommes donc sur
un investissement de 350 000 euros et vous n'avez pas
gagné le moindre euro. Je poursuis donc dans le cas où
vous seriez un mécène fortuné et que cet investissement ne
soit pas pour vous un obstacle.. à N+1, si vous avez
été conseillé correctement, vous engrangez une récolte de
12 tonnes de miel (il faudra compter les frais
d'exploitation pour y parvenir), à 6 euros du Kg si votre
miel est d'excellente qualité, vous réalisez un CA de
72.000 euros. S'il s'agit d'un miel issu de cultures, le
prix moyen au kilo vrac se situera entre 4.00 et 5 euros
donc votre CA se limitera à 50 000. Pourquoi si peu ?
La première année, vos abeilles auront à construire les
cadres, par conséquent, votre récolte de miel sera amputée
à cause d'un manque de temps (la saison apicole en France
étant relativement courte) mais aussi parce qu'elles ont
besoin de miel pour produire la cire des cadres. Ce n'est
donc qu'à N+4 que votre production passera à 20 tonnes.
Sans catastrophe liées aux aléas des maladies ou de la
météo ou bien encore des pesticides, il vous faudra
environ 6 ans pour parvenir à l'équilibre financier Par
conséquent, avec 400 ruches, vous ne pouvez pas vous en
sortir; il faut très vite passer à 600 ou 700 unités..
Si vous ne disposez pas du capital de base, ne rêvez pas!
aucune banque ne sera assez folle pour prendre un tel
risque de financement.
B/. Si vous ne disposez
pas d'un capital suffisant: Alors je vus conseille
de programmer votre investissement sur 5 ou 6 ans en
amateur d'abord puis en semi-pro ensuite, ce que nous
allons étudier un peu plus loin
Combien gagne un apiculteur ? A question simple,
réponse simple : tout dépend de votre marché, de votre
investissement de base, du nombre de ruches que vous êtes
réellement capable de conduire sachant qu'il faut
officiellement
avoir un minimum de 400 ruches pour parvenir à vous sortir
un salaire tout juste et à peine supérieur à celui d'un smicard en ayant payé toutes vos charges,
TVA et impôts. De plus, comme il en est de même dans les
métiers de l'agriculture, vous devez être prêt à ne pas
compter vos heures, surtout en saison où le travail
commence dès le lever du jour (et non pas du soleil) pour se terminer à la nuit
tombante auquel il faut ajouter le temps de rentrer si le
rucher est situé à distance. Or, Disposer d'un cheptel de 400 ruches
n'est pas une mince affaire ! D'une part, il y a la phase
incontournable des
investissements en matériels et cheptel, d'autre part, une
fois l'investissement réalisé, il ne suffit pas de poser
les ruches quelque part et de laisser faire jusqu'à la
récolte. Les colonies
ont besoin de soins, d'être surveillées, bichonnées et disposées de
manière à avoir suffisamment de nourriture toute l'année.
Ce ne sont pas les quelques arbres plantés dans vos
vergers qui nourriront vos abeilles.. il faut de l'espace
et de bons biotopes. De plus, 400 ruches, cela signifie au
minimum 10 bons emplacements statiques, c'est à dire ,
capables de fournir de quoi manger aux abeilles toute
l'année. En apiculture professionnelle,
quand on possède 400 unités, il faut du temps pour s'occuper de son
cheptel. Or avec une telle quantité de ruches, vous ne
pourrez pas faire des visites régulières du couvain de
chacune d'entre elle à moins de faire des visite "à
l'arrache" et à toute vitesse. Conduire 400 ruches pour
moi: c'est impossible et inconcevable quand on est seul si
l'on veut respecter l'abeille ! il faut
obligatoirement l'aide d'un conjoint ou des enfants,
voire, avoir recours à de la main-d'œuvre passagère (ce
qui va plomber le coût et la rentabilité de
l'exploitation). La saison apicole dure 6 mois tout au
plus (selon les régions). Or, entre conduire les ruches, procéder au
changement de vos propres reines, de vos propres essaims,
conduire les transhumances, croyez-moi, il ne vous restera
guère de temps pour dormir et ne comptez pas sur les
week-end pour vous détendre et vous reposer ! en apiculture, on ne connait pas ce mot.
Essayons si vous le voulez bien de dresser un schéma
financier:
Le Salaire d'un apiculteur:
Pour pouvoir se payer un salaire il faut inclure les
charges sociales soit en gros et à la louche 40% en plus.
Si donc vous souhaitez 1500 euros de salaire, il faudra
que votre exploitation soit capable de dégager environ
2100 euros par mois. Vous me direz que cela ne représente
jamais que 200 pots de miel à vendre. Oui mais une
exploitation (ses frais) ne se résument pas au salaire. Il
faut ajouter à cela les investissements du matériel
roulant, des ruches, des essaims, du matériel de miellerie
etc.. etc.. Un apiculteur débutant en milieu
professionnel est lourdement désavantagé par rapport à
l'apiculteur professionnel en place depuis 15, 20 ou 30 ans.
Pourquoi ? - L'aspirant pro doit rechercher des
emplacements pour faire butiner ses abeilles. Il va donc
générer beaucoup de frais de déplacements pour se rendre
sur place afin d'évaluer les biotopes locaux. - Pour
extraire 10 à 15 tonnes et plus de miel, il faut impérativement
une miellerie équipée d'un bon matériel et non pas d'un
simple extracteur. Il faut par conséquent investir dans
une miellerie. Son amortissement se fera sur 5 ans ou plus..
Pendant 5 années, il faudra rembourser l'emprunt (entre 800 et 1500 euros/mois
selon la durée de l'emprunt et de l'investissement. - Le transport et le
déplacement des ruches imposent l'achat d'un véhicule
puissant (type 4x4) ou petit camion avec une remorque d'un
PTAC de 3.5T soit un PTCRA de 5.5 T (Permis remorque
obligatoire - environ 1000 euros par mois) - L'achat de
400 ruches soit un investissement de 60 à 80 000 euros (car il
faut compter 2 hausses par ruche + les cadres) soit un
remboursement de 1300 euros/mois - Devoir posséder 400
colonies d'abeilles ! là l'investissement est colossal si
on veut le réaliser sur une année. il faut compter au
minimum 80 000 euros. Là mon conseil est de ne pas
emprunter sur le vivant à cause du problème de mortalité
possible. Tout le matériel en effet peut se revendre assez
facilement sans décote sévère, en revanche si on perd son
cheptel, c'est foutu car même avec une aide à la re-cheptelisation,
ce seront 2 années de perdues pendant lesquelles il faudra
rembourser les emprunts. Or, ces aides, quand on y a droit
ne sont versées que seulement l'année suivante (et encore
!), par
conséquent, c'est souvent la clé sous la porte qui se
profile à court terme.
Au total par mois,
l'aspirant pro va devoir rembourser mensuellement environ
4000 euros plus son salaire et ses charges sociales. A
cela viennent s'ajouter les frais de gas-oil, de
déplacements, et de fonctionnement ajoutez une moyenne de
1500 euros. Le chiffre d'affaires minimum à réaliser
s'élève environ à : 7600 à 8000 euros /mois soit
vendre une quantité journalière de 30 pots de miel par
jour, tous les jours pendant 5 ans ! Et là, c'est le chien
qui se mord la queue car pendant que vous ferez les
marchés et votre prospection, vous ne serez pas dans vos
ruchers. Par conséquent, vous allez devoir envisager de
vendre votre production par le réseau des grossistes. Or,
qui dit Grossistes, dit prix de vente divisé par deux
par rapport à la vente directe autrement dit, il vous faudra produire au moins
20 à 30 tonnes
de miel pour vous en sortir. C'est là, que la boucle est bouclée car
20 tonnes avec 400 ruches, c'est 50Kg de miel par ruche
en moyenne. Pour obtenir celle-ci, il vous faudra de très
bons emplacements de butinage. L'apiculteur Pro déjà en
place, n'a pas besoin d'un tel chiffre d'affaires car son
matériel est déjà amorti et compte tenu qu'il s'agit d'un
matériel qui ne se renouvelle que tous les 20 ans si ce
n'est plus, il peut se permettre pour un même CA, un
salaire un peu plus décent. Vous comprenez peut-être un
peu mieux pourquoi, avant de devenir pro, vous avez
intérêt à maîtriser d'une part mais d'autre part, à monter
progressivement en puissance ! Les abeilles ne se
conduisent pas toutes seules et ceux qui ont fait
l'impasse sur cette vérité l'on payé très cher la 3ème
année si ce n'est avant. En effet, au démarrage, le
travail des ruches n'est pas trop demandeur et mangeur de temps, mais
quand les colonies arrivent à 2 saisons complètes, il y a
le remplacement des reines à prévoir, remplacer les
colonies qui se sont éteintes naturellement, traiter
contre le varroa, prévoir le nourrissement automnal etc..
etc.. là, ceux qui ont un poil dans la main ne pourront
pas s'en sortir.
La rentabilité en apiculture professionnelle L'apiculture pro est-elle rentable ?
Oui et non.. tout dépend de 3 éléments: - de
l'investissement de base, - de la compétence de l'apiculteur et sa maîtrise
de l'élevage, - de la qualité du cheptel de base Elle peut l'être dans le
circuit court plus facilement que dans le circuit long
(Circuit court = vente directe au consommateur, Circuit
long = vente aux grossistes, importateurs, réseaux de
distribution etc..).
Cependant, comme nous venons de le voir, les
investissements de base doivent répondre présents ! Pour
envisager sérieusement de dégager un revenu minimal en
apiculture, il faut, nous l'avons vu, démarrer au minimum avec 400 ruches.
Le problème réside surtout dans la capacité de trouver une
telle quantité de colonies ou d'essaims si l'on souhaite
démarrer sans traîner. Or, le mot vitesse est un mot qu'il
faut bannir quand on veut respecter l'abeille et son cycle
biologique et ne pas aller au-devant d'ennuis sérieux. La
rentabilité passe obligatoirement par la formation ou une
expérience solide de l'élevage d'abeilles et de reines.
Sans cette maîtrise, c'est un droit dans le mur assuré
avec toutes ses conséquences !
Par conséquent, il est plus que raisonnable de prévoir une montée
en puissance au minimum sur 3 années en partant avec un
cheptel de 200 essaims déjà en ruches + 250 à 300 ruches
(vides)
pour N+1 (qui accueilleront les essaims de l'année
suivante), l'ensemble du matériel de miellerie, et
enfin du matériel roulant. La première année étant
uniquement consacrée à l'élevage des essaims, il n'y aura
aucune rentrée d'argent. La seconde année, on multipliera
le cheptel par 2 avec les premières rentrées financières
qui permettront de couvrir 1/2 Smig si tout va bien. A la fin de la 3ème
année, on devrait atteindre l'équilibre financier à
condition de ne pas connaître au cours des trois premières
années, une année cata du point de
vue météo. La 3ème année est donc le pivot de la
réussite ou de l'échec. L'apiculteur va devoir équilibrer
en effet, sa production de miel mais aussi prévoir le
remplacement des reines du cheptel qui arriveront déjà en
fin de parcours. En misant sur un tel renouvellement sans
incident, le cheptel devrait atteindre les 500 colonies en
fin de 3ème année. En partant sur une production moyenne
de 20 Kg net de miel par colonie sur 400 exploitables (à
moins d'avoir des emplacements exceptionnels), vous
devriez produire 8 à 10 tonnes de miel. La 4ème année sera
la seconde année charnière car il vous faudra
obligatoirement et impérativement doubler votre production
pour atteindre les 20 tonnes.
Là se pose le problème de la distribution de votre
production car le circuit court va devenir problématique
pour une telle quantité. Vous allez donc avoir
obligatoirement recours aux coopératives apicoles et
grossistes mais qui pratiqueront eux, un prix d'achat bien
inférieur. Pour avoir des chances de réussir avec une
montée en puissance à court terme, il faut prévoir un
investissement minimum de 200 000 euros. En dessous, je
conseille vivement une montée en puissance plus longue sur
5 ou 6 ans. Si vous êtes bien accroché,
alors pourquoi pas ?
Amateur ou Pro ? En France, entre faire de l'apiculture
en amateur et en faire son métier, il y a un très large
fossé. Le système fiscal et social français avantage grandement les
"exploitations amateurs" dont les charges sont
quasiment
inexistantes si ce n'est qu'une cotisation solidaire
forfaitaire à la
MSA et une simple déclaration sur votre feuille d'impôts
annuelle. Un
amateur peut ainsi exercer avec un cheptel portant jusqu'à
199 ruches sans payer de charges sociales alors que si
vous optez pour une apiculture pro, vous serez plombé par
les charges, c'est un choix. Ceci étant, il semblerait que depuis le
Grenelle de l'environnement, les choses commencent enfin à
bouger un peu dans la règlementation, bien que ce soit
encore une pagaille qui risque de décourager l'apiculture
de loisir basique (moins de 10 ruches) à cause de démarches un peu
contraignantes. D'un autre coté, en favorisant
l'apiculture amateur (entre 40 et 199 ruches), on
désavantage l'apiculture pro qui a du mal à joindre les
deux bouts et qui est obligée de faire appel aux aides. Ce
que je trouve aberrant, c'est que l'apiculture amateur
peut elle aussi bénéficier de ces aides: comment
voulez-vous vous en sortir avec un statut pro alors que le
statut amateur est vraiment plus cool surtout si vous avez
un job à temps partiel à coté (donc couverture sociale
assurée..) il vous suffit dans ce contexte d'obtenir un
numéro de Siret pour vous, un autre au nom de votre
conjoint et le tour est joué.. vous pouvez monter jusqu'à
398 ruches (!) en ayant payé seulement un forfait
d'imposition sur le revenu à la ruche et deux cotisations solidaires à
la MSA, ce qui vous donnera le droit de vendre votre
production, en
toute légalité sans la contrainte des charges sociales et
impôts que paye une société ou activité apicole pro. Pour l'apiculteur professionnel, il lui faut à
ce jour un minimum de 400 ruches pour arriver à
boucler un budget "raz les pâquerettes". Au-dessus, il
faudra envisager d'embaucher.. mais compte tenu des
charges supplémentaires que cela apporte, c'est
difficilement envisageable.. L'apiculture professionnelle
n'est envisageable que dans le cadre d'exploitation
familiale à moins que vous ne comptiez sur le salaire de
votre conjoint pour assurer ou bien que vous disposiez
d'économies substantielles. Si vous comptez vous en sortir
seul(e), vous serez contraint d'investir lourdement dans le matériel
pour compenser en partie la main d'œuvre. Il vous faudra
très vite acquérir votre permis remorque, un 4x4 puissant
ou un camion, un engin de levage et chargement (type grue)
sans compter le matériel de la miellerie qui à lui seul
représente un véritable et lourd investissement.. Si les
investissements peuvent passer en charges d'exploitation,
il n'en est pas de même en apiculture amateur où il n'est
pas possible de déduire quoi que ce soit donc en général,
le matériel de miellerie se résume à un bon extracteur et
de l'huile de coude. L'apiculture
professionnelle s'inscrit dans un projet sur le long
terme. Devenir apiculteur pro exclue d'office les
décisions sur simple coup de tête. On ne devient pas
professionnel de l'apiculture sur un simple claquement de
doigts même quand on en a les moyens financiers. Cela ne
peut se faire qu'à la force du poignet, de patience et
surtout d'un élevage réussi qui monte en puissance année
après année.
Devenir Professionnel de
l'Apiculture: Quelle est généralement la motivation première des
personnes qui envisagent une reconversion professionnelle
en apiculture ? Bon c'est entendu.. vous avez envie de
changer de vie et faire un retour aux sources n'est-ce pas
? Pour certains, c'est une sorte d'appel de la nature..
Les reportages TV ont un peu trop tendance à montrer le
coté facile de l'apiculture.. Pensez donc ! on met des
ruches sur les toits de Paris.. et hop.. on fait du miel
avec un label !. Cette idée
peut à l'inverse être issue d'un calcul
basic des personnes qui possèdent déjà une petite dizaine
ou vingtaine de ruches et qui, ayant réussi à produire un peu de miel,
multiplient dans leur tête le nombre de ruches. Elles
obtiennent donc un résultat de kilos produits et en déduisent
in fine un
certain chiffre d'affaires.. qui logiquement devrait leur
permettre de s'en sortir. Quoi de plus simple et
évident me
direz-vous ? Malheureusement, il n'en est jamais comme
cela sinon cela se saurait.. (pensez à la fable de La
Fontaine "Perrette et le pot au lait") Il faut penser que si
vendre une quantité de 500 kg de miel en amateur est chose
très facile, vendre plusieurs tonnes est un autre enjeu
car cela oblige l'apiculteur à entrer dans un certain type
de circuit de distribution pour vendre sa production
auprès de grossistes et autres acheteurs de grosses
quantités de miel (GMS). Le prix de vente au kg n'a donc
plus rien à voir avec celui que l'on paye sur un marché à
l'apiculteur local et se retrouve au minimum divisé par
deux, trois et parfois plus. Or, pour assurer du volume,
il faut un
minimum d'investissements, et très certainement prévoir
l'embauche d'un salarié au minimum saisonnier: ce qui
augmente et plombe considérablement le coût de
l'exploitation comme je l'ai déjà fait remarqué un peu
plus haut. Il va falloir envisager de faire de la
transhumance et trouver des zones protégées de
l'agriculture tueuse d'abeilles. Or ce n'est pas avec
votre bonne vieille 4L que vous pourrez envisager
sérieusement de vous y mettre. Qui dit transhumance ou
déplacements temporaires de ruchers pour s'installer sur
des cultures productrices, dit matériels et véhicules
adéquats (donc des investissements coûteux et rentables
uniquement sur le long terme). On peut toujours se
rabattre sur de l'occasion certes, mais il faut pouvoir
compter dessus. D'autre part, les réinvestissements pour
le remplacement ou les lourdes réparations vont également
plomber la rentabilité (et oui hélas, pour vivre de
l'apiculture, il est impératif de parler de rentabilité)
Enfin, il faut tenir compte du fait que certaines années
sont bonnes et d'autres moins bonnes quand il ne s'agit
pas de conditions plutôt catastrophiques liées à la météo
ou aux pertes liées aux pesticides sur les cultures.
N'oubliez jamais en effet qu'une année peut-être dite de
vaches grasses mais vous pouvez aussi avoir plusieurs
années de vaches maigres.. (Il faut avoir un cœur
solidement accroché à la passion).
L'apiculture ne produit plus autant que ce qu'elle a produit voici une
trentaine d'années. Il faut donc, non pas seulement une
super dose de motivation, mais il faut encore une fois de solides
investissements sur le long terme. Et si l'on passe par le crédit.. il faudra
rembourser.
Il est possible de penser qu'on n'a pas besoin
d'autant de ruches pour s'en sortir ou bien que l'on se
contentera de ruches d'occasion. C'est vrai dans
l'ensemble mais en-dessous de 400 unités, il faut avoir
une "niche". Par exemple, produire un miel de très haute
qualité qui n'entrera pas en concurrence avec un miel de
grandes surfaces, produire de la gelée royale (ce qui
impliquera obligatoirement plusieurs années avant d'y
parvenir), produire des produits de la ruche: propolis,
cire, pollen, essaims etc.. ce sont bien des petits plus qui vous
aideront à boucler vos fins de mois. Si la première
grande question concerne les investissements, la seconde grande question va concerner votre circuit de
distribution. Si vous envisagez la vente directe, vous
aurez certes une meilleure marge mais vous
allez passer votre temps à cela et quand vous serez
présent sur les marchés, foires et salons, vous ne serez pas
dans vos ruchers pour vous occuper de vos abeilles.
Quand vous vendrez votre miel à 13 euros le kilo et que
l'apiculteur local amateur vendra le sien à 8,5 voire 9
euros ou carrément moins, votre miel risque fort de vous rester sur les bras
et vous serez contraint d'accepter la loi des grossistes
et importateurs. Pour mon avis, ce n'est pas gagné
d'avance sans une solide réflexion ! En tout dernier
point, je souhaite vous parler "trésorerie". L'apiculture
n'est pas un métier qui produit un salaire mensuel. On
travaille plutôt par Campagne saisonnière où le miel se
vend généralement d' Aout à Février. Ensuite, vous entrez
dans votre saison "travail" et il faut tenir bon jusqu'à
la mise en vente de la future récolte autrement dit, vous
ne rentrez pas d'argent pendant 6 mois de l'année. Savoir
être économe et bon gestionnaire est aussi une qualité requise de l'apiculteur
professionnel.
Sagesse et Réserves: Les deux meilleurs moyens de parvenir à
se lancer et à faire de
l'apiculture son métier, c'est soit: - d' Avoir un bon
matelas financier qui permette d'investir sans emprunter
(auquel cas, le seul risque encouru est la mise de fonds
soit: - Se fixer un objectif de 5 à 6 ans pour monter
en puissance raisonnable en partant avec un cheptel de
base d'une trentaine à une cinquantaine de très bonnes colonies. Mais, même
dans ce cas, il faudra quand même disposer d'une bonne
ressource financière qui vous permettra de tenir la
distance. D'autre part: puisque vous n'êtes pas rôdé à
l'apiculture professionnelle, vous devez impérativement
acquérir la connaissance et la pratique. Contrairement à
ce que beaucoup pensent, si la connaissance de base ou
théorie peut s'acquérir relativement facilement (je dis
bien "relativement"), tout dépendra de celui qui vous
enseignera ! Si c'est un pro pas de problèmes majeurs en
revanche s'il s'agit d'un amateur ou apiculteur de loisir
il n'en sera peut-être pas de même), Acquérir la pratique
est une vraie école de la patience. Pour maîtriser, encore
une fois il faut du temps et croyez moi, même si vos
moyens vous le permettent, ils ne vous permettront pas
d'acheter l'expérience. Les essaims de base, ceux qui
vont bâtir votre futur empire, doivent impérativement être
des essaims issus d'une sélection professionnelle. Vous
devez construire sur du solide et non du tout venant qui
se paye au final toujours trop cher. En prêchant ici pour
ma paroisse en toute honnêteté, ne partez surtout pas sur
des bases douteuses. Ce n'est pas parce que vous
réaliserez un bon coup que vous réussirez. Trop souvent il
y a la mortalité en bout de course. Si vous faisiez un
investissement pour un loisir, à la limite, vous ne
prendriez que le risque de perdre votre investissement;
mais là, il s'agit d'un investissement en vue de gagner
votre vie future.. ce qui n'est pas tout à fait la même
chose. Ici nous parlons d'investissement..
Tenez, en
comparaison, imaginez que vous souhaitiez devenir éleveur
canin.. Vous viendrait-il à l'esprit de démarrer avec des
bâtards ? Il sont certes bien mignons et bien gentils,
mais quand il sera pour vous temps de vendre les chiots,
vous ne pourrez pas escompter en vivre (à moins que vous
ne soyez plus fort et plus malin que tous les autres
éleveurs). Bon, vous l'aurez compris on ne joue pas
dans la même cour, et pour conclusion sur ce chapitre je
dirai comme le proverbe: "un homme averti en vaut deux !"
Etude de cas. Dans cet
exemple, je ne tiens pas compte du temps passé, ni des
frais de déplacements, ceux-ci étant considérés comme une
mise de fond et engagement personnel d'un loisir
axé essentiellement sur l'élevage avec une production de miel
quasiment inexistante (en vue d'acquérir
la maîtrise pour passer Pro). Enfin, puisque vous n'êtes
pas aguerri aux techniques d'élevage, j'ai revu à la
baisse le prévisionnel de mon ancien exemple à propos
duquel, je considérai que vous maîtrisiez déjà, ce qui n'est
pas le cas dans l'hypothèse suivante. D'autre part, je compte ici sur un
"dégrèvement de 10% du cheptel chaque année pour cause de
mortalité + ou - naturelle (alors que les chiffres nationaux sont
maintenant bien au-dessus):
Année de départ = Acquisition de 20 essaims
d'excellentes souches de sélection permettant un taux de
prolificité de 2 en moyenne (une colonie mère produisant 2
essaims filles chaque année). Votre premier travail, la première
année consistera à développer les essaims d'acquisition
(ceux que vous venez d'acheter) pour qu'ils
soient forts et aptes à passer leur premier hiver. Cette
première acquisition représente un investissement de 8000
euros avec les ruches (en partant sur du neuf, du "non bricolé" mais
quelque chose de sérieux). Bien sûr, on peut faire
l'expérience d'acheter des ruches d'occasion avec des
colonies d'abeilles déjà rôdées. Cet achat peut se révéler plus ou moins douteux sur leur provenance
(abeilles d'importation, en bout de course, malades, etc..) quand vous en aurez
assez des pertes engendrées y compris et surtout de la
perte d'année(s), vous verrez les choses d'un
autre angle et il vous faudra impérativement repartir à
zéro ! Vous aurez perdu X années et dépensé au final
beaucoup plus d'argent comparativement au fait d'avoir
démarré sur des bases saines. Vous verrez que dans
la réalité, vous connaîtrez à peu de chose près le
verdict de ce schéma. Allez, on poursuit dans le positif.. Année N+1 = 54 ruches dont 18 ruches
mères et 36 essaims. Il faut par conséquent
investir dans le prix du matériel pour une quarantaine de ruches
supplémentaires soit environ 3000 euros Année N+2
= 147 ruches dont 49 ruches mères plus 98 essaims à
développer. Il faut donc investir sur une centaine de
nouvelles ruches soit:8500 euros Année N+3 = 390
ruches dont 130 ruches mères + 260 essaims. il faut par
conséquent investir sur 25 à 30 000 euros Pour obtenir
une telle ascension, croyez moi, ce n'est pas aussi simple
car il vous faudra être solidement appuyé par un pro sur
qui vous puissiez compter, une sorte de tuteur ou
"parrain" spécialiste et surtout ne pas tenter quoi que ce
soit qui sorte et relève d'une bonne technique et maîtrise
de l'élevage . D'autre part, vous n'allez commencer à
recevoir vos premiers revenus qu'en fin de 4ème année. Par
conséquent: non seulement vous n'avez pas dégagé de
revenus pendant tout ce temps de montée en puissance mais
vous avez du investir progressivement dans celle-ci. Tout
cela, bien entendu peut se financer, mais la frilosité des
banques sera certainement un de vos premiers obstacles.
Les problèmes majeurs à résoudre:
à N+2 va se poser le problème d'emplacements
puisque l'on peut considérer qu'il faudra 2 ruchers pour
les
colonies mères (les 49 ruches de l'année précédente devant
être réparties sur les deux) et au minimum 2 autres
ruchers où seront mis en développement 50
essaims dans chaque. à N+3 Le problème
d'emplacements va être considérablement accru car il y
aura près de 150 colonies mères ce qui veut dire 4 emplacements
statiques minimum + 8 nouveaux emplacements qui recevront
chacun une cinquantaine d'essaims en développement. Mortalité:
En tenant compte d'un taux normal de mortalité de 10% (ce
qui veut dire que vous êtes déjà bon),
c'est maintenant un facteur préoccupant car il va falloir
consacrer un certain temps à la désinfection et
décontamination des ruches et
leur remise en état. Sachez quand même que le taux de
mortalité en France avoisine les 30%. Je dis en moyenne
car dans certaines régions, ce taux peut atteindre 80% et
plus ! Cadres: Comme les abeilles
auront tout à construire, il faut prévoir le budget cadres
neufs, cires, sucre ou sirop, et autre temps consacré au développement des
colonies. A La fin de N+2 débute le problème de temps...
et sa gestion. Sur l'ensemble de l'année, vous êtes donc
déjà à un mi-temps complet alors que vous n'avez pas
rentré le moindre euro. La solution consiste donc
à monter moins vite en puissance et prévoir 2 années
supplémentaires afin de mettre une partie du cheptel en
élevage et une autre partie du cheptel en production de
miel. Malheureusement à cette voie choisie il va falloir
envisager des investissements concernant d'une part le
matériel de miellerie mais d'autre part, le matériel de
logistique pour les déplacements: remorque, véhicule
tracteur, matériel de manutention etc.. tout autant que
les locaux indispensables au stockage et à la miellerie.
Une autre solution consiste à démarrer avec 50, 100 ou 200
essaims.. mais là, il faut aussi que les finances suivent
!
Alors quoi.. On baisse les bras ? Bon, vous voyez que ce n'est pas simple
si l'on prend le temps de s'assoir pour calculer la
dépense, et je ne parle pas
ici des problèmes de territoires, biotopes etc.. etc..
D'autre part, je ne parle pas des sites internet
complètement irresponsables où tout
apparait beau et facile, qu'il n'y a qu'à... Entre faire de l'apiculture d'appartement et
conduire une apiculture professionnelle, il y a la un
large fossé dont seuls les incrédules à mon discours feront les
frais.
Plus concrètement, ce n'est pas pour autant mission impossible.. quand on
veut vraiment, on peut parvenir à réussir; mais il faut
malheureusement ne pas écarter le plus grand fléau pour
l'apiculteur: celui de l'agriculture et de ses pesticides
qui, dans certaines régions peuvent provoquer la perte de
80% des colonies (quand ce n'est pas 100%) sans que vous ne puissiez escompter
toucher le moindre euro de dédommagement ! Alors oui.. il
y a des aides possibles comme l'aide à la reconstitution
de cheptel mais seulement s'il reste de l'argent dans les
caisses.. or les caisses ne me semblent pas souvent
pleines dans ce domaine. D'autre part, ces aides, comme je
le souligne déjà un peu plus haut ne vous seront pas
versées l'année de vos pertes d'abeilles mais seulement
l'année suivante si vous y avez droit. Quand vos
efforts sont réduits à néant, soit vous retroussez les
manches soit vous baissez les bras.. Christine et moi
avons "dérouillé" (j'ose ce mot qui n'est pas
trop fort ni exagéré croyez-moi) pendant plus de cinq années suite à des
pertes magistrales sur deux années consécutives (508
colonies). Je ne veux
pas que vous suiviez ce chemin qui d'avance vous mènerait
droit dans le mur. Vous comprenez
maintenant tout mon encouragement à rester amateur.. au
moins les 4 ou 5 premières années à moins encore une fois
que vous n'ayez les ressources financières nécessaires. Si vous
optez pour démarrer
avec mes essaims, vous pourrez compter sur une qualité
irréprochable.
Les différents degrés de Maîtrise
pour passer Pro: Bien qu'aucun diplôme ne soit
requis pour devenir apiculteur professionnel, il est
impératif d'acquérir une bonne maîtrise de l'élevage. Pour envisager une reconversion
ou un avenir en Apiculture Professionnelle, vous devez au
minimum (en plus des investissements dont nous venons de
parler): - Avoir la maîtrise de l'essaimage artificiel
à grande échelle, et non pas en juger et vous fier sur un
essaim créé et qui a bien réussi - Avoir la maîtrise de
production de reines et leur fécondation, ainsi que le
remplacement des reines de vos colonies en fin de cycle, - Avoir une maîtrise absolue
et une solide expérience d'au moins un rucher stable de 30 ruches
depuis deux ou trois ans, - Être capable d'estimer
l'environnement et la quantité de ruches à disposer sur un
emplacement, - Disposer de souches d'abeilles qui
puissent assurer leur élevage, autrement dit, disposer
d'abeilles hautement sélectionnées du départ ce qui
représente déjà en soi un
investissement non négligeable Il y a d'autres
critères encore, mais les premiers que je viens d'énumérer me semblent être le BA-BA
pour envisager de devenir un jour, Apiculteur
Professionnel.
La Formation,
un passage indispensable pour mettre toutes les chances de
votre coté Il y a donc l'aspect Formation. Si
vous n'avez pas fait un lycée professionnel, Où allez-vous
vous former ? Compter sur une formation sur le tas
comprend beaucoup de risques car vous allez constamment
enfoncer des portes ouvertes et commettre beaucoup
d'erreurs. Encore une fois, entre une apiculture pépère de
loisir et une apiculture pro, il y a un large fossé. Comme
la filière n'est pas (ou trop peu organisée) cela ne sera
pas chose facile. Bien que j'ai suivi un cursus Agricole
dans mon jeune temps puis de biologie et chimie, encore
une fois, j'ai cruellement manqué de formation pratique quand j'ai
débuté. Je dois souligner que j'ai toutefois eu la chance
d'être épaulé par un apiculteur pro à la retraite qui m'a certainement
permis d'économiser de nombreuses années de souffrance et
peut-être même la cata finale. (JC si tu me lis, je te
dédie ce petit clin d'œil).
C'est pourquoi j'ai
décidé de
vous proposer un stage de formation spécifique en vue
de vous apprendre l'essentiel pour pérenniser votre ascension en
apiculture professionnelle. La différence avec les deux
autres types de stages que je propose déjà sur le site réside dans le
fait que cette formation vise une technicité qui vous
permette d'acquérir les bases indispensables si vous
envisagez une
exploitation pro ou, si vous avez déjà des ruches,
d'acquérir suffisamment de connaissances pour permettre
votre montée en puissance dans ce même objectif. Nous
travaillerons dans mes ruchers comme vous devrez
travailler plus tard dans les vôtres. Ce stage est
purement basé sur la technique et ne comprend pas de
module de gestion d'entreprise. Si vous souhaitez cet
éventuel 4ème module, vous pourrez le demander à notre
organisme de formation.
Cette formation
apicole est basée
sur 3 modules de 5 jours répartis dans l'année 2012: -
Le premier
module Il a lieu au tout début de printemps. Au programme, nous étudierons
la sortie de l'hiver des colonies, leur nourrissement
éventuel, l'équilibrage et la préparation printanière.
Nous étudierons également le traitement anti-varroa, car
c'est une période propice au développement de la varroase.
Nous préparerons les colonies qui seront aptes à débuter
pour l'essaimage artificiel.
Ce stage de 5 jours débute le samedi pour se terminer le
mercredi soir après une validation des acquis propres à ce
module. - Le
second module Il a lieu en saison, vers la mi-mai. Ce module
permettra d'acquérir les connaissances de l'élevage et de
la production de reines pour
monter en puissance dans le développement de votre
cheptel. Nous procéderons également à l'évaluation des
qualités des reines et à leurs remplacements éventuels.
Nous apprendrons la pose des hausses à miel Ce module est
de 5 jours et se termine par une validation des acquis.
- Le 3ème module Il se déroulera à la première
quinzaine de septembre avec le
traitement des colonies et la préparation pour la mise en
hivernage. Ce stage dure 5 jours également et sera suivi
d'une validation des acquis. A la fin des trois modules, il
vous sera remis un certificat de stage. Si vous le
souhaitez, vous recevrez en plus votre feuille de
notation avec mes commentaires et encouragements des points
à travailler. Le lieu du stage se déroule à
Le Cergne Hors cadre
d'un DIF, Le coût de
chaque module est de 700 euros. Si vous souscrivez aux
3 modules pros, le montant total est globalisé pour 1800
euros. Il faut tenir compte qu'en plus de ces montants,
vous aurez votre hébergement à ajouter. (www.lebelvue.com)
Grace à Sup'Formation, ces stages peuvent être pris en
charge dans le cadre d'un DIF, en partie ou en totalité. Pour que ces
modules voient je jour, il nous faut un minimum de 5
participants. Le programme pro ne figure pas dans la liste
des stages de formation "standards". Dans le
cadre d'un DIF, vous devez
impérativement motiver votre demande ici.
En cas d'absence à l'un ou l'ensemble des modules, il n'y
a pas de formule de rattrapage ni de remboursement.
Calendrier des 3 modules:
Module 1: du 31 mars au 4 Avril Module 2: du 19 au 23 mai
Module 3: du 8 au 12 septembre Pour votre réservation
hors cadre d'un DIF, veuillez l'effectuer directement en
ligne ici
Pour un payement par chèque
bancaire: cliquez
ici
Un peu de réflexion: Afin de vous aider dans votre approche
et votre réflexion, je vous ai dressé une petite liste de
questions destinées à vous faire réfléchir sur l'activité
envisagée. Je pense en effet qu'il est très important de
ne pas se voiler la face, mais regarder en face certaines
réalités objectives: |