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Touchés par la
Disparition des abeilles ?
Nombre d'apiculteurs de loisir comme Professionnels
déplorent la perte de leur colonies d'abeilles. Bien que de maigres
subventions existent pour le remplacement des colonies perdues, nous
constatons maintenant de façon de plus en plus évidente la
disparition totale des abeilles dans les zones de grandes cultures ou
d'assolements spécifiques aux cultures céréalières traitées à grands
renforts de pesticides systémiques.
Je n'ai pas la prétention de
donner ici une leçon aux gens qui perdent leur abeilles mais voyez
mes recommandations pour donner quelques pistes de réflexion.
1/- Fuyez les zones de culture
Facile à dire mais quand
on a que des cultures autour de soi comment faire autrement ?
Si
le biotope local ne peut pas fournir une biodiversité importante
toute l'année, les monocultures auront raison de vos abeilles et
vous les perdrez tôt ou tard.
Si en revanche, vous avez observé
que dans un rayon de 3 à 4 Km autour de votre rucher, il y a de
nombreuses essences mellifères et pollénifères des fleurs de tout
type alors vous pouvez envisager l'implantation de ruches,
mais attention ! une abeille peut visiter jusqu'à 5000 fleurs par jour..
Donc, ce ne sont pas les quelques pensées ou fleurs de jardins ou
bien encore quelques mètres carrés de jachères fleuries ( dites
jachères apicoles )
qui pourront fournir une quantité suffisante de nourriture à une
colonie. D'autre part, ce ne sont pas toujours les plus grosses
fleurs qui apportent le plus de nectar ou de pollen.
 |
Cela
veut-il dire que si mon rucher se trouve dans une zone essentiellement de
culture, je ne pourrai pas faire de l'apiculture ? Ma réponse
franche est de l'affirmer à moins que vous ne soyez dans une région
bio. Ceci étant, il est bon de tenir compte de ceci:
La
plupart des semences achetées par les agriculteurs sont des
semences enrobées avec des insecticides systémiques. Ces
insecticides ont la particularité d'éviter la pulvérisation
de produits chimiques de traitement en cours de pousse. Si
dans l'idée cela semble louable, en
revanche, ces substances se diffusent dans la plante, via les canaux de
sève et se propagent de cellule en cellule, jusque dans le
pollen. Votre agriculteur vous affirmera qu'il ne traite pas
et vous pouvez le croire mais ses plantations sont
entièrement contaminées par les traitements qui ont lieu en
amont. |
|
Le sait-il
? Malheureusement, bon nombre ne cherchent pas à savoir et
ne se posent pas les bonnes questions, celles qui
dérangent.. quoi qu'il en soit, retenez que deux périodes
sont particulièrement dangereuses avec le maïs pour les
abeilles. Il s'agit de la période des semis et la période de
la floraison du maïs. Pourquoi la période des semis ? (Merci
à Boris qui m'a fourni cette explication). Les graines sont
emmagasinées en masse dans des semoirs agricoles. Au moment
où l'engin plante (sème), les graines sont soumises à des frictions
importantes, libérant ainsi une poussière de cette substance
assassine qui, véhiculée par le vent va immanquablement
polluer des hectares à la ronde (Par exemple.. le colza qui
est en fleurs à cette période de l'année).. |
Certains vocifèrent que les abeilles ne vont pas sur les
maïs.. Faux ! N'en croyez pas un traitre mot
!
Si les abeilles disposent d'un biotope local très fourni,
effectivement, elles ne seront pas tentées d'aller sur les maïs, car le pollen est
plus difficile à récolter d'une part, et d'autre part, il s'agit
d'un pollen très pauvre en vitamines. En revanche, avec le
réchauffement climatique, des périodes de sècheresse se font souvent
sentir vers la mi-juin qui correspond aussi à la floraison du maïs.. Or, tôt le matin, nous pouvons observer une
légère rosée sur les feuilles de maïs. Si ce champ fait partie des
plantations avec des semences dites "enrobées" toute abeille qui
sera tentée de boire ou de ramener cette eau empoisonnée à la ruche,
périra ou fera périr plusieurs centaines d'abeilles au sein de la
ruche.. multiplié par le nombre d'abeilles.. vous imaginez la suite.
Il est donc primordial de disposer ou ménager des abreuvoirs dans
les ruchers surtout en été.
L'apiculteur ne se rend pas toujours compte de la catastrophe qui se
prépare car comme nous sommes à ce moment là en pleine saison, la
reine assure et compense les pertes par une ponte démesurée.
Content et satisfait de voir de véritables placards de couvain
operculé l'apiculteur en conclue hâtivement que sa colonie assure.. et
pourtant, tout à l'inverse, elle est moribonde.. car en février (souvent avant), il
constatera la perte de sa colonie pourtant très forte et
populeuse lors de la saison passée.. Pourquoi en Février alors que nous sommes en été ? Le
pollen de maïs récolté fait partie (selon les zones géographiques)
des derniers pollens de culture récoltés et stockés pour la génération
d'abeilles d'hiver. Or, cette "nourriture empoisonnée" sera
consommée par les larves de cette future génération et non pas par celle qui a récolté.
Par conséquent, au fur et à mesure de la ponte de la reine, les
larves sont alimentées avec une nourriture empoisonnées. Puisque ces
larves meurent avant d'être métamorphosées en abeilles, les abeilles
vont par conséquent en éjecter les cadavres chaque jour (ils feront
la nourriture des oiseaux et autres insectes carnivores. En
attendant, petit à petit, la ruche va se vider. Et compte tenu que
la génération des abeilles d'hiver ne sera pas née, il n'y aura pas
de jonction entre les abeilles d'automne et les abeille de
printemps. CQFD.. en ouvrant ses ruches vers la fin février ou début
mars.. il n'y a plus d'abeilles.. tout juste une ridicule poignée
avec la tête enfoncée dans les cellules pour tenter un ultime
recours contre le froid. Parfois, on découvre au milieu de ces
quelques dizaines d'abeilles, la reine, elle aussi morte de faim et
de froid.
En période de forte disette, il est également un signe
caractéristique et typique dans la disparition des abeilles surtout
quand cette période tombe à la fin de l'été et que l'apiculteur
néglige le nourrissement précoce: La mortalité de nombreuses larves que
les abeilles vont tenter de dégager. Comme il ne s'agit pas de
mauvaises bactéries ou de virus, il n'y a pas d'autre contamination.
Ceci étant, ce phénomène peut être important et gare à ceux qui ne
visitent pas souvent leurs colonies pour s'apercevoir que celles-ci
ont faim !
Une disparition des abeilles programmée
C'est donc le plus souvent au cours de l'hiver, dans le courant du mois de janvier
que commence le véritable massacre. Dès les premiers rayons de soleil,
l'apiculteur est content de voir s'activer ses abeilles. Hélas, ce
spectacle oh combien attendu ne sera que trop éphémère et de courte durée car ces
abeilles vont mourir hors de la ruche. Il est important de bien
considérer ceci:
Les larves sont nourries pendant cette période
avec ce pollen contaminé et meurent à l'état larvaire. Au premiers
rayons de soleil, et malgré des températures encore basses, les
abeilles éjectent hors de la ruche, chacune des larves mortes
jusqu'à ce que l'ensemble du couvain d'abeilles de printemps ne soit
plus. La colonie s'amenuisant à
grande vitesse (car elle arrive en fin de vie) ne parviendra plus à fournir suffisamment d'énergie
pour maintenir la température requise, celle-ci meurt donc de froid.
Un diagnostique typique de cette situation est que l'on ne retrouve
plus d'abeilles dans la ruche, tout juste une minuscule poignée, la
tête enfoncée dans les cellules comme pour s'isoler du froid alors
qu'il reste du miel et du pollen en quantité dans les cadres..
Les apiculteurs amateurs penseront alors que c'est la faute de
l'hiver, trop rude, trop froid qui a "tué" ses colonies.. Il en
aurait été de même si la température avait été plus clémente car
l'origine des pertes est bien ailleurs : la source d'alimentation des
larves et des abeilles d'hiver. Bien entendu, cette cause peut ne
pas être
la seule. Elle se cumule souvent avec une régénération du cycle du
Varroa, quand ce n'est pas un problème de faim ou de maladie.
Que faire si vous avez perdu des colonies alors
qu'il reste du miel et du pollen dans les cadres ? ...
Suivez mon cours
d'apiculture par Internet
2/- Faiblesses des abeilles
L'essaimage naturel fait souvent le bonheur spontané de l'apiculteur
débutant ou de loisir. On voit même des
petites annonces
de personnes prêtes à intervenir pour venir ramasser un essaim. Si
on ne peut que succomber à la ramasse d'un essaim d'abeilles qui se présente à
nous, il est une chose à déterminer:
Cet essaim provient-il de
l'une de vos ruches ou bien s'agit-il d'un essaim dit vagabond
provenant d'un rucher voisin ?
Parfois, les essaims vagabonds sont surprenants car ils sont très
productifs et on entend souvent des apiculteurs dire qu'un essaim
capturé cette année a produit deux ou trois fois plus de miel que ses autres
ruches.. Je peux vous dire, même si cela m'est arrivé et d'accepter
ce fait, que c'est loin d'être une généralité. L'essaimage est
souvent provoqué par un problème lié à la reine.. son âge, son état
de santé, un simple blocage en ponte etc..
Si l'essaim ne provient pas de l'une de vos
ruches, sa capture vous oblige dès son enruchage à le placer dans un
rucher de quarantaine et non pas dans immédiatement dans votre
rucher ! Si l'essaim transporte une maladie, c'est tout votre rucher
qui risque en effet d'être contaminé. Laissez-le au moins 3 semaines dans un rucher à
plus de 3 Km de votre rucher; puis, s'il prouve qu'il est en bonne
santé, alors seulement, vous pourrez prendre la décision de l'introduire dans
votre rucher de base s'il est de la même sous espèce que les
abeilles de votre rucher, sélection oblige.
Chez Abeille et
Nature, nous ne mettons jamais de tels essaims dans nos ruchers de
lignées souches mais dans des ruchers spécifiques. D'autre part,
nous procédons depuis trois ans au remplacement systématique des
reines en introduisant une reine en provenance de nos souches en fin
de saison afin que les abeilles de printemps puissent correspondre à
celles de notre élevage.
La faiblesse des reines vagabondes est
souvent une cause de fragilisation d'un rucher. Cela ne s'observe
pas dans l'année
même, mais commence à se faire sentir dans les deux ou trois années qui
suivent. Dans ses gênes, la reine peut très bien avoir des
caractères de type "essaimeuse", "hybrides", "fragiles",
"agressives" etc. Les faux bourdons qui seront issus d'une
telle reine viendront polluer la fécondation de vos jeunes reines,
même si on tient compte du fait que les faux bourdons n'ont pas de
père mais un grand-père et qu'une génération sera sautée.
Si la biodiversité génétique assure un patrimoine généraliste, en
attendant, celle-ci n'est pas naturelle car l'hybridation est
souvent causée à sa genèse par l'importation d'abeilles en
provenance d'autres pays. C'est le cas par exemple de la ligustica
originaire du sud et du bassin méditerranéen et qui se croise avec
l'abeille locale. La première génération issue de ce croisement
produit des abeilles absolument remarquables: travailleuses,
populeuses.. En revanche, dès la deuxième génération, cela produit
des abeilles ingouvernables, plus agressives, peu productives,
sujettes plus facilement aux maladies, bref, des colonies qui
s'effondrent très facilement.
L'ensemble des croisements
et re-croisements finit par apporter une bâtardisation des abeilles,
bâtardisation qui fragilise l'abeille descendante. Continuez à penser ce que
vous voulez mais on ne peut pas sortir du cercle infernal de la
perte des abeilles quand on poursuit dans cette voie.
3/- Disparition des Abeilles: en cause supplémentaire: L'industrialisation des reines et des essaims
Depuis quelques années, nous constatons aussi la fragilisation non
seulement des colonies mais aussi des reines qui ne tiennent plus la
distance. Dans le passé, une reine pouvait largement assurer sa
ponte pendant une période de 3 ou 4 années sans problème. Seulement
dans ses vieux jours, la pérennité de la colonie était assurée par
un essaimage, laissant ainsi place à une jeune reine, véritable
descendance de lignées pratiquement pures.
Avec l'importation
d'abeilles sous l'idiotie de soit disant "améliorer le patrimoine
génétique", nous avons plutôt assisté à une bâtardisation de notre
abeille locale (dite aussi abeille noire - Apis Mellera Mellifera)
Tantôt croisée avec Apis Mellifera ligustica, caucasica ou carnica,
ces croisements ont donné sur le long terme des colonies plus
fragiles. A ce sujet, je constate du reste plus de pertes sur mes
ruchers hybrides que sur les lignées souches.
Une autre
source de fragilisation des abeilles et qui contribue de loin à sa
disparition, c'est l'avidité de bon nombre d'apiculteurs et je m'en
explique. Afin d'améliorer la productivité en miel, nombre
d'apiculteurs changent leurs reines chaque année ou en deuxième
année. Pour ce faire, il ont recours à des méthodes dite de
"greffage" ou de "picking" qui consistent à prélever des œufs ou
très jeunes larves et les faire élever par les abeilles en tant que
reine.
Dans cette méthode non naturelle, je pose cette question:
C'est la main de l'homme qui choisit les larves qui seront élevées
comme reines; Mais que sait-on des critères de choix qui pousse les
abeilles à changer leur reine quand celle-ci est en fin de ponte
(donc en fin de vie), en cas de mortalité subite, ou malade ?
Mon constat personnel:
Depuis mes débuts et afin d'essayer de
monter en puissance en nombre de colonies, je me suis rendu compte
que je faisais fausse route dans l'élevage de reines. Et,
effectivement, quand une reine avait fait deux années, elle n'avait
plus du tout de jus la 3ème année et ne passait généralement pas
l'hiver de sa 2ème à sa 3ème année. En revanche, les colonies qui
avaient essaimé naturellement et procédé à un remérage naturel
tenaient facilement les 4 années.
D'autre part, j'ai remarqué
également qu'elles sont moins sujettes aux problèmes liés au
varroas.
C'est ainsi que j'en suis venu à mettre en place une
pratique ou méthode d'élevage naturel des reines. C'est plus coûteux
c'est certain mais le résultat est à la hauteur de nos attentes !
Un très beau documentaire sur la Disparition des Abeilles publié
sur France 5 tout dernièrement, montrait cette avidité des
producteurs américains qui se plaignent de la disparition des
abeilles et qui sont maintenant contraints de faire de l'importation
d'abeilles en masse pour activer la pollinisation des milliers d'hectares
d'amandiers et orangers en Californie. En pratiquant la monoculture,
ces "géants" apiculteurs sont plutôt des "bouchers des abeilles".
Ils ne tiennent en aucun cas des besoins alimentaires de leurs
colonies. Avec pour unique régime la même fleur et toujours et
encore la même fleur, l'abeille ne connaît plus le mot biodiversité
pour laquelle est est faite. Imaginez vous en train de manger un
seul et unique aliment pendant 3 ou 4 semaines ! il y a fort à
parier que votre intérieur tombera malade avant ce délai car vous
serez vite en carence de bon nombre d'éléments indispensables à la
vie.
La transhumance contribue et de loin à fragiliser les
abeilles. Placer des colonies sur des monoculture va à contre-sens
de la nature et conduit tôt ou tard dans le mur, aussi bien les abeilles que
l'apiculteur. Ne pensez-vous pas que l'on a déjà suffisamment à
faire avec les pollutions agricoles sans qu'on en ajoute une couche
? Bien sûr, certains apiculteurs professionnels s'en sortent, mais
ils sont de moins en moins nombreux. Parmi les problèmes majeurs de
l'apiculture française commence à se faire sentir le terme de
rentabilité..
Quel est l'intérêt d'une monoculture de champs
d'amandiers en Californie pour l'apiculteur ? Le business et
l'avidité de la rentabilité en se fichant du sort des abeilles dès
lors que bénéfices il y a. Les apiculteurs amassent de grandes
quantités de pollens et de miel. leur colonies meurent ? Devant la
caméra, ils semblent assez peu étonnés.. bien qu'ils se plaignent
d'une larme de crocodile. Si les champs d'amandiers et citronniers
ne représentaient pas une source garantie de revenus, il y a
longtemps que les transhumances n'existeraient plus aux Etats Unis.
Certains convois routiers transportent 3000 ruches en un seul
déplacement. C'est gigantesque. Alors que j'étais au Canada, un ces
ces mastodontes de camion s'est renversé sur une autoroute avec
toutes les ruches dans le fossé. L'autoroute a été fermée pendant 48
heures entrainant la destruction de la majorité des ruches. Certains
apiculteurs locaux sont venus prêter main forte. Le camion se
rendait du Québec jusqu'en Californie où il était attendu pour la
pollinisation des amandiers.
Les cultures étant l'objet de traitements pesticides, l'intérêt de
la transhumance fait volteface. Seuls les quelques hectares de
cultures bio pourront offrir un terrain d'accueil à une
apiculture jalousement gardée.
4/- Les mesures prophylactiques
Beaucoup d'apiculteurs débutants pensent qu'il n'est pas nécessaire
de traiter leurs abeilles curativement ou préventivement ce qui est
une erreur colossale. La fibre "écolo" apporte et ajoute
malheureusement au lourd tribu de l'apiculture d'aujourd'hui. Si en
effet, nos grands parents ne connaissaient pas les traitements, ils
ne rencontraient pas non plus les problèmes que nous connaissons
aujourd'hui et qui souvent émanent d'une agriculture assassine qui
dérègle les équilibres naturels par l'usage des pesticides à
outrance. Croyez-vous qu'un apiculteur professionnel
prendrait un tel risque ?
Quand les abeilles subissent une
attaque de varroa, elle peuvent lutter elles-mêmes contre leurs
parasites mais imaginez vous avec un crabe d'une douzaine de
centimètres squattant votre abdomen !! (c'est la proportion d'un
varroa par rapport à la taille de l'abeille)
 |
C'était pourtant une ruche neuve,
un essaim très fort de l'année.. quelle désolation ! |
Les abeilles meurent prématurément quand elles sont infestées par le
Varroa. Elles meurent épuisées et pire.. transmettent leur varroa
squatteur. L'apiculteur ne verra pas forcément les dégâts
occasionnés car encore une fois, la reine est sollicitée pour
accroître sa ponte afin de compenser les pertes. L'apiculteur qui ne
traite pas à l'automne s'expose à perdre ses abeilles au cours de
l'hiver. Or, il est un cercle vicieux dont il faut sortir grâce à un
traitement efficace. En affaiblissant l'abeille, le Varroa favorise
le développement de Nosema Ceranae.. Sans intervention immédiate,
c'est la mort assurée de la colonie en quelques jours. Le miel et le
pollen contenu dans les cadres sera contaminé par des spores de ce
champignon microscopique et si le cadres sont réutilisés, la maladie
sera introduite par la main de l'homme. En effet, si la nourriture
(surtout le pollen) contenu dans les cadres est réutilisé pour la
création d'un nouvel essaim, dites vous bien que si celle-ci est à
la genèse de la mortalité de votre ancienne colonie, elle deviendra
la source de la future mortalité de l'essaim suivant, tout
simplement !
5/- Le nourrissement
L'apiculture d'aujourd'hui tendrait à faire croire tout et son
contraire en méthode de nourrissement.
C'est ainsi que je
constate que nombre de débutants nourrissent leurs abeilles au candi
en fin de saison. Mais raisonnons un peu. Le candi n'est pas une
nourriture de fin de saison mais de début de saison.
En début
d'hiver, il est important que les abeilles ne se trouvent pas dans
un état d'excitation mais qu'elles trouvent plutôt à se mettre en
état d'endormissement. C'est un peu comme si vous preniez de la
vitamine C et des excitants avant de vous coucher pour vous endormir..
Vous aurez du mal à trouver le sommeil n'est-ce-pas ? Pour les
abeilles c'est la même chose car le candi est une nourriture "coup
de fouet", une nourriture qui ne se stocke pas dans les cadres mais
qui se consomme. Le Candi n'est pas un sirop de nourrissement
compensatoire au miel que vous ont donné vos abeilles !
Le
système commercial apicole présente le candi comme une nourriture
pouvant être donnée à tout moment de l'année. Certes, cela peut être
valable si vous avez une colonie un peu faible et qui a besoin d'un
petit coup de remontant. Encore une fois, il devrait s'agir d'une
alimentation "responsable" de la part de l'apiculteur. Le candi,
souvenez-vous en, c'est une "nourriture " de sortie d'hiver.. Point
! (un homme averti en vaut deux dit le proverbe)
En fin de saison, en début d'automne tout au plus
tard, l'apiculteur attentionné, donnera un sirop de nourrissement en
quantité suffisante mais sans exagération et seulement si c'est
nécessaire. L'abeille noire offre l'avantage d'être économe et de
bien gérer son stock de nourriture hivernale. Il arrive même souvent
qu'elle soit en surstock juste avant l'hiver. Dans ce cas,
l'apiculteur veillera particulièrement à extraire un ou deux cadres
de corps si la reine n'a plus de place pour pondre ses abeilles
d'hiver. Il est bien que la nourriture soit abondante, mais celle-ci
ne doit pas être en excédant sinon, il n'y aura pas assez d'abeilles
pour assurer la liaison jusqu'à la naissance des abeilles de
printemps !
Une ruche bien garnie en cadres de miel n'a pas besoin
de nourrissement ou de complément. Il arrive souvent que les
abeilles continuent à rentrer nectar et pollen en fin de saison..
C'est très bien si vous êtes dans un tel biotope, de surcroît, si
vos cadres sont super bien garnis en provisions pour passer l'hiver,
vous n'aurez peut-être pas besoin de les complémenter.. mais à
l'inverse, pensez
que si elles vous ont fourni une ou deux hausses de miel, elles ont
bien mérité une petite récompense car de telles colonies sont
généralement très populeuses et vont devoir consommer jusqu'à leur
belle mort. C'est à l'apiculteur de juger s'il doit nourrir ou pas.
Le nourrissement des abeilles est une phase
importante à maitriser.. Inscrivez-vous au
cours d'apiculture
ou à l'un de nos stages de formation d'apiculture pour apprendre à maitriser
concrètement votre apiculture. Au final vous gagnerez du temps !
Ma conclusion
courte pour ce site gratuit :
(Mon cours explique plus en détails
l'attitude à adopter)
Je n'ai pas
la prétention d'enseigner l'apiculture à l'ensemble des Apiculteurs
d'expérience.
Je m'adresse plus exactement à des personnes désireuses de bien faire
ou qui ont besoin de conseils pour tout mettre en œuvre. Si vous venez
de perdre vos colonies ou si vous en avez assez de subir des pertes
chaque année, il est indispensable de reconsidérer votre apiculture.
A notre époque, même si les règles de base de l'apiculture sont
immuables, les conditions qui règnent sur notre planète nous
obligent à faire un retour en arrière mais adapté ! Aidez
les abeilles à survivre
et vous aurez fait
quelque chose de bien pour nos petits enfants.
Si le plus grand
fléau de la perte des abeilles est du dans la plus grande partie à
une agriculture toujours plus avide de traitements, la survie de
l'apiculteur professionnel peut aussi être mise en cause. Les règles
du jeu ont changé et bien malheureux sera celui qui n'en tient pas
compte (Souvenez vous de la fable Perette et le pot au lait").
Pourquoi ne pas prendre le temps
d'un week-end pour venir apprendre, écouter et suivre mes conseils
pour une meilleure pratique. Le matériel et l'équipement vous sera
fourni sur place. Inscrivez vous sans hésiter à l'un de mes stages
de formation et cessez de perdre vos colonies ou
démarrez d'un bon
pied !
formation en apiculture