Bernard NICOLLET   - Éleveur -                      42460 Le Cergne     
Date de révision: 16/11/2011

Opération Pour  la Sauvegarde de l'Abeille Noire

Le défi et Challenge d'Abeille &Nature
Comme vous avez pu le lire sur mon site, Je suis parti en croisade pour aider l'Abeille Noire à échapper à sa triste destinée: La disparition et l'extinction de sa sous-espèce: Apis Mellifera Mellifera.
Je tiens quand même à féliciter et à remercier celles et ceux qui ne m'ont pas attendu pour faire quelque chose de bien dans ce domaine, une petite poignée avant moi ont réuni un certain nombre de "forces" pour également se lancer dans ce défi. Je ne suis pas pour autant un Donquichotte ou un arriviste de l'abeille noire mais seulement un hyper passionné qui n'a pas l'intention de quitter cette terre sans avoir tout tenté pour contribuer à sa sauvegarde. Je sais que beaucoup parmi vous éprouvez ce sentiment d'impuissance. Si, seul, il est impossible de faire quelque chose tant les courants contraires sont forts, ce n'est pas un objectif farfelu pour autant bien au contraire. Cette page s'adresse à toute personne de bonne volonté et principalement aux apiculteurs du milieu professionnel tout aussi bien qu'aux amateurs sensibilisés au problème de la disparition des abeilles et j'ajoute: principalement à la disparition de l'abeille noire, celle qui peuplait jadis nos contrées et a fait l'apiculture de nos grands-pères.
Je ne serai que le catalyseur de celles et ceux qui participeront à cette grande aventure.

Avant propos: Quelques indicateurs de la disparition de l'abeille
Les principaux vecteurs de cette disparition sont en grande partie dus aux pratiques apicoles qui ont fragilisé cette sous-espèce mais bien entendu également aux méthodes de traitements d'une agriculture moderne utilisatrice de produits destructeurs. L'agriculture en prend suffisamment pour son grade, (même si je trouve que ce n'est pas assez), par conséquent, je ne me ferai ici que l'écho de ce qui me concerne: Les mauvaises pratiques apicoles. Je n'ai pas la prétention d'être un saint de l'apiculture, mais quand on peut faire différemment, pourquoi ne pas choisir la voie qui nous ramène à la bergerie ? Dans ce monde toujours plus destructeur, qui écoute réellement ? Les Politiques font mine de s'intéresser aux problèmes des nobles causes.. Hélas, ce n'est que dans l'intention de caresser dans le sens du poil de la bête sans réellement mouiller la chemise.
Alors oui, l'abeille est très menacée d'extinction si l'on ne prend pas urgemment les dispositions qui s'imposent, Mais qui en a vraiment souci ?
L'apiculture de loisir doit être consciente des dangers qu'elle fait courir dans la survie de l'Abeille.  En effet, les apiculteurs amateurs sont trop souvent tentés de débuter leur activité avec des abeilles non adaptées à notre milieu, mais quand l'un d'entre eux pose la question, on lui répond souvent que "l'abeille noire n'existe plus" et qu'il vaut mieux de toutes manières acheter des abeilles de telle ou telle autre sous-espèce car elles piquent moins, produisent plus de miel et autres boniments d'importateurs ou d'affairistes..

L'importation et l'exploitation de sous-espèces "non indigènes"
En important ou en élevant d'autres sous-espèces, les croisements sont malheureusement inévitables. Or comme il y a plus de sous-espèces importées et utilisées en apiculture, l'abeille noire va tout droit dans le mur. "Oui mais on ne trouve pas d'essaims à acheter" me direz vous "et c'est pour cela que j'ai acheté un essaims de Buckfast, ou d'ailleurs"..
Ce phénomène est d'autant plus accentué que dans la littérature apicole, on peut lire que l'Abeille Noire est une abeille "piquante" voire "agressive".
Pour enrichir les marchands, y compris certains éleveurs, on accuse notre chien de la rage. Ainsi, trop souvent dans l'ignorance, l'apiculteur débutant est passé au-dessus d'un problème dont il ignore totalement les enjeux.
Qu'en est-il réellement ?
En réalité, et je suis bien placé pour en parler, cette abeille n'a rien d'agressif du tout, bien au contraire. Ayant eu à mes débuts aussi bien de la Buckfast que de l'italienne ou caucasienne, j'affirme que l'abeille noire fait très certainement partie des abeilles les plus douces du monde ! Pourquoi dès lors de tels propos à son endroit ?
Des abeilles Douces pour bien débuter.. Si vous n'avez pas visionné cette petite vidéo, cliquez sur le bouton ou la photo.
Vous verrez notamment ici que l'abeille noire n'a rien d'un comportement agressif et qu'il est agréable de travailler en petite tenue quand il fait chaud au lieu d'être obligé de se protéger dans un véritable scaphandrier sauna
Lancer la video

Les gens qui affirment que l'abeille noire est agressive ne la connaissent pas et ne font que colporter des ragots d'apiculteurs qui tentent de justifier leur conduite ou "liberté" d'exploiter d'autres sous espèces. Cette exploitation du reste n'est peut-être pas innocente quand on sait qu'elle enrichit en premier lieux des importateurs d'essaims ou de reines au détriment des générations à venir, que ce soit celles de nos petits enfants ou bien celles des apiculteurs eux-mêmes.

L'Hybridation des abeilles a-t-elle du bon sens ?
A très court terme, si on laisse faire ces importations, nous aurons une telle sur-hybridation que l'apiculture professionnelle perdra totalement ses lettres de noblesse et nous serons très rapidement amenés à connaître ce qui se passe aux Etats Unis.. une disparition des abeilles dans laquelle on cherche encore les responsables ou les causes.
Il y a bien entendu la conduite de l'agriculture conjointement responsable à ce massacre des abeilles, mais je resterai ici encore une fois, seulement sur le terrain des apiculteurs.
Vous aimeriez faire de votre apiculture une noble cause ? Alors faites marche arrière et relevons ensemble le défi qui consiste à sauver notre abeille noire, celle que nos papis nommaient l'abeille locale.
Quand L'abeille noire (la reine) est fécondée par des mâles d'une autre sous-espèce,  la première génération qui suit devient hybride sauf pour les mâles (les mâles n'ont pas de père mais un grand-père, ce que nous étudierons dans le cours par internet).
Si donc les géniteurs sont issus eux-mêmes d'une génération plus ou moins agressive, il transmettent leur gênes ou caractères d'agressivité. En réalité, la première génération croisée est encore à peu près exploitable. Elle n'a un comportement que peu agressif mais elle manifeste généralement des signes de nervosité. En revanche, dès la seconde ou la troisième génération, il est impossible de s'en occuper. S'il y a une chose que je déteste avant tout, c'est d'entrer dans un rucher où dans les quelques secondes qui suivent, être immédiatement accueilli par des gardiennes en furie. Parfois, les abeilles sont si agressives qu'il faut se réfugier dans la voiture pour échapper à leurs piqûres qui parviennent à traverser les vêtements de protection et les gants ! Faire de l'apiculture dans de telles conditions relève du pur masochisme. Alors oui, dans ce cas là, on peut parler d'agressivité.. mais on pourrait en dire exactement de même pour d'autres sous-espèces d'abeilles et pas seulement de l'abeille noire..
En réalité, dès lors que l'apiculteur ne maîtrise pas son apiculture et son élevage, il laisse dériver la reproduction et s'expose par conséquent à une bâtardisation tout autant que la fragilisation de ses colonies dont la première tendance sera d'acquérir des caractères de nervosité et d'agressivité mais aussi de mortalité à la moindre contrariété climatique.
A l'inverse, quand on maintient les lignées de base grâce à un petit travail de sélection, on réduit considérablement cette dérive. C'est pourquoi, en dehors d'une apiculture responsable, beaucoup ignorent cette tâche qui incombent à l'apiculture: La sélection. Il ne s'agit pas de dire ou penser que cette tâche incombe uniquement aux pros.. Même un particulier possesseur de deux ruches devrait avoir ce souci de bien faire. Cela ne concerne pas et n'incombe pas encore une fois qu'à une caste d'initiés.
Avoir une ou deux ruches ou un petit rucher familial, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant ! Il faut avoir une attitude responsable sans laquelle, nous contribuerions  à l'appauvrissement de notre patrimoine. Quand je lis ou entends parler de liberté d'exploitation et que l'on parle d'une certaine biodiversité génétique, cela me donne des boutons ! Je réponds que c'est du n'importe quoi ! Souvenez vous de l'humoriste Coluche.. "Quand on mélange du blanc et du jaune.. il ne reste que du jaune !" Et bien, c'est exactement ce qu'il se passe avec les abeilles. Où seront ces pseudos scientifiques quand nous n'aurons plus d'abeilles ? Notre planète appartient à notre responsabilité collective et non à une poignée d'individus qui aujourd'hui tente de s'imposer en défenseur d'une soit disant "biodiversité du patrimoine génétique" donnant bonne conscience à ceux qui justement font taire leur conscience. Ce qu'il y a de bien avec la nature, c'est qu'elle appartient à tous, dès lors qu'on est animé de respect envers elle. Individuellement, nous en sommes tous des gardiens. Tous, avons le devoir de la protéger et refuser la facilité dont les mauvaises pratiques conduiraient inévitablement dans le mur !

La sélection et l'élevage d'abeilles n'est pas une mince affaire mais à l'inverse pas si compliquée
Quand on décide d'embrasser le loisir de l'apiculture, il faut d'entrée parler de sélection car à un moment ou à un autre, chacun sera au pied du mur devant l'essaimage, qu'il soit artificiel ou naturel. Si vous aviez une petite chienne type Yorkshire et un superbe berger allemand, vous viendrait-il à l'esprit des les faire se croiser en vous disant qu'après tout.. c'est la nature ? Et bien pour ma part, je considère qu'il est d'une totale inconscience que de faire la même chose avec les abeilles et avant d'acquérir une ruche ou deux, il est bien de s'informer ou de se former aux pratiques de la sélection car la sélection est le devoir de chaque apiculteur individuellement et non pas la responsabilité de notre voisin ou des pros seulement.
On lit un peut trop, malheureusement, que l'apiculture c'est facile et qu'il n'y a qu'à laisser faire les abeilles.. et la nature fera le reste !
Et bien pas du tout ! Puisque l'homme a implanté des sous-espèces qui ne faisaient pas partie de notre écosystème d'origine, c'est à nous maintenant qu'il incombe de faire marche arrière ce sans quoi nous porterions une responsabilité toute aussi importante. A quoi bon dès lors, dénoncer la pollution ? les pesticides ? L'élevage intensif ? et une agriculture de grande consommation si nous-mêmes ne commençons pas par balayer devant notre porte ?
Une petite question:
Que pensez-vous des OGM ? êtes vous pour ou contre ?   Rassurez vous, je n'ai pas l'intention ici de me transformer en partisan du contre comme du pour, mais, permettez moi de prendre une certaine analogie:
Beaucoup d'apiculteurs ont été sensibilisés par la lecture d'un ou plusieurs ouvrages dudit "Frère Adam". Cet ecclésiastique a travaillé aux croisements de plusieurs sous-espèces d'abeilles au point d'obtenir des souches capables de se reproduire avec un certain nombre de caractéristiques propres à une sous-espèce. Il a créé sur la base de ces croisements, l'Abeille Buckfast. Cette abeille a été sélectionnée sur des souches d'abeilles très productives et aux qualités de douceur. Elle a suscité immédiatement l'engouement d'une apiculture avide de productivité, et c'est ainsi que cette abeille s'est implantée un peut partout, plus particulièrement dans les pays riches que les pays pauvres. Le Frère Adam peut se vanter d'où il est maintenant d'avoir réussi à "créer" une abeille productive.. Oui, mais il n'a pas pensé un instant aux générations à venir.. ou bien, lui aussi a fermé les yeux et fait taire sa conscience s'il en avait une. Ses abeilles allaient contribuer à polluer les patrimoines génétiques des abeilles locales.. Peut-on parler dans ce cas d'un bienfait ? Pour ma part, ma réponse est non et sans conteste et j'invite chacun à réfléchir avant d'agir.
L'hybridation:
On ne pourra jamais empêcher l'hybridation dans la nature des choses car il n'existe pas de frontières dans le règne animal. Ainsi, par exemple, prenons le cas le l'abeille italienne et de l'abeille noire. Où se situe réellement la limite géographique ? Personnellement, je réponds que la frontière est une délimitation naturelle du milieu dans lequel chacune de ces abeilles évoluent et se complaisent. C'est ainsi par exemple, que l'on trouvera dans une zone commune superposée, un certain nombre de colonies naturellement hybrides, mais chacune finira par trouver son territoire sans que celui-ci s'étende à l'infini (exemple: pourquoi y-a-t-il des lions dans le Sud de l'Afrique et pas dans le nord ?)
Quand on considère la loi de Mendel (qui de surcroît était également apiculteur), les croisements multiples entre ces deux sous-espèces permettent de revenir sur des souches pures après quelques générations.
Par conséquent la nature a bien prévu les choses. Mais là où cela se gâte, c'est l'intervention humaine. En introduisant une nouvelle sous-espèce ou hybride dans un lieu donné, les croisements deviennent plus complexes et parfois de manière irréversible.
Depuis de nombreuses années, je constate que les hybridations produisent des abeilles plus fragiles, tant sur le plan des maladies qu'en longévité.
Merci de votre attention et de la suite que vous donnerez à votre réflexion, mais s'il vous plaît.. Ne donnez pas du champ aux abeilles d'importation !



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