Bernard NICOLLET  Apiculteur  Éleveur  

Le nourrissement des abeilles

L'apiculteur, qu'il soit amateur, de loisir ou professionnel doit se soucier des réserves alimentaires de ses colonies d'abeilles. Une colonie bien équilibrée est une colonie qui dispose d'un nombre suffisant de butineuses, d'ouvrières, de nourricières et de mâles. Pendant toute la période de la miellée, elles se suffisent à elles-mêmes et le surplus de production sera stocké d'abord dans le haut des cadres de corps puis, dans la hausse.
En principe, l'apiculteur n'a pas à nourrir ses abeilles en cours de saison à moins que les conditions météo ne soient catastrophiques plusieurs semaines d'affilée. Dans ce cas, il nourrira exclusivement les ruches qui n'ont pas de hausse, généralement, des essaims en cours de développement.

Pour ce qui me concerne, je pratique le nourrissement des essaims car ils n'ont pas suffisamment de butineuses pour assurer un apport régulier et constant de nectar ainsi que pour assurer la construction des cadres. En effet, pour que les glandes cirières des abeilles soient très productrices, il leur faut un apport riche en miel et en eau. Sans un tel apport, elles ne bâtissent que très lentement, voire, deviennent paresseuses et se contentent des quelques cadres de la ruchette (c'est ainsi que je nomme une ruche non complète). Cette assistance, je la porte jusqu'à ce que la colonie soit sur 10 cadres ou bien suffisamment populeuse pour devenir autonome. Selon Pierre-andré Pelissier, il faut environ six heures pour construire une seule cellule.. il y a environ 2500 cellules sur une seule face de cadre Dadant.. soit 50.000 dans la ruche x 6 heures... Vous comprenez aisément que le ..Beefsteak a toute son importance !
A la fin de la miellée ou fin de saison, je pratique un nourrissement général après avoir retiré toutes les hausses, ceci afin de complémenter les colonies dans le besoin et m'assurer qu'elles disposeront d'une réserve de nourriture suffisante pour passer les longs hivers de notre région montagneuse.

Sur cette page, je vous présente ma méthode. Je n'ai rien inventé mais retenu ce qui se pratique dans le milieu apicole et surtout adapté cette façon de faire à mon propre élevage.
Nous allons donc étudier deux aspects du nourrissement des abeilles:

  • - d'une part, le nourrissement des essaims
  • - d'autre part, le nourrissement hivernal ou automnal

 

A/ - Le nourrissement des essaims             

Le cours d'Apiculture étudié dès maintenant vous sera très utile au printemps. Dès la création d'un essaim, alors que celui-ci n'a pas encore de Reine, la perturbation induite par l'orphelinage ne lui permet pas de subvenir seul à une autonomie suffisante. En effet, alors qu'il n'est basé que sur 3 cadres de couvain plus un cadre de nourriture les abeilles qui sont au nombre d'environ 5000 à 7000, doivent commencer un travail de création de cadres supplémentaires en attendant la naissance de leur future reine. Sans apport de nourriture complémentaire fraîche, elles ne commenceront aucun travail de construction. En revanche, dès lors qu'une reine est sur le point de naître, les cirières s'activent à créer de nouveau rayons.

En utilisant ma technique de cadres à jambage (voir ici), les abeilles se pendent en grappe pour tirer de nouvelles cires. La bonne proportion de sucre contenu dans le sirop de bideronnage, excite les glandes cirières..
La suite ici.. (Cours d'apiculture sur internet )

Dans la nature ne l'oublions pas, les abeilles ne disposent pas de cires gaufrées, elles ne disposent pas non plus de cadres qui prédéfinissent un format spécifique.
D'autre part, quand un essaim quitte une ruche et n'est pas repris par un apiculteur, les abeilles ont tout à faire, tout à nettoyer et construire si elles adoptent une ruche à l'abandon et, pour celles et ceux qui ont eu la chance d'observer ce phénomène, qui n'a pas été surpris de constater à quelle vitesse les abeilles parviennent à construire. Quand un essaim reste "pendu" sur une branche d'arbre, les cirières entrent en action le deuxième jour et construisent un ou deux rayons suspendus afin de ne pas "fatiguer la grappe" par un poids important (n'oublions pas que l'essaim a quitté la ruche avec de lourdes provisions qui lui sont indispensables non seulement pour la survie de l'essaim mais aussi pour le 'surnourrissement' des charpentières et cirières.

Les abeilles sont faites pour construire et non pour squatter un lieu.

L'apiculteur se doit juste de "canaliser" ce travail afin que l'harmonisation et la régularité concernant la construction des cadres soit maintenue et que les abeilles "ne tirent pas en travers.

Elles sont capables, d'aller vite.. très vite.

Voyons maintenant la composition de mon sirop de biberonnage

Réservé aux abonnés du cours internet

Ce sirop n'a rien à voir avec un sirop de nourrissement hivernal. Encore une fois, il est destiné pour aider à la production de la cire.
L'avantage des Nourrisseurs conçus par Christian NICOT, c'est leur double compartiment. En effet, si le climat est très sec, j'introduis dans l'un d'eux le sirop..............

Certains penseront qu'il s'agit d'une assistance.. un peu trop assistée.. Oui je le concède mais il ne faut pas oublier que c'est dans un but de multiplication du cheptel et que pour compenser le stress occasionné, il est tout à fait normal de les dorloter ! Du reste elles nous le rendent au centuple !

 

B/ - Le nourrissement pour l'hivernage  
Comme je l'indique dans le chapitre précédent, ce type de nourrissement est purement prévisionnel. Il consiste à apporter un complément de provisions afin que les abeilles puissent passer l'hiver sans la moindre intervention humaine et sans rupture de nourriture surtout si on leur a enlever les hausse de miel.
Le problème pour l'apiculteur réside dans l'évaluation du besoin. En principe, nous ne devrions pas avoir à nourrir nos abeilles car elles savent se débrouiller sans nous.

Elevage d'abeilles noires
 Préparation à l'hivernage.. Toits sanglés, abeilles traitées et nourries.. Bonne nuit les filles !

Oui mai voilà, non seulement nous avons récolté leur magasin de stockage que nous appelons "Hausse" mais de surcroît, il devient difficile en fin de saison de tomber sous le coup de miellées tardives. Enfin, les méthodes modernes d'agriculture font que nos amies les abeilles ont du mal à trouver des sources polliniques riches en protéines surtout en fin de saison.

Dans le passé, les apiculteurs ne complémentaient pas leur colonies. D'une part, parce qu'il n'y avait pas autant de traitements agricoles, d'autre part, beaucoup de ruches étaient des "12 cadres" donc des réserves importantes de nourriture. Enfin, les colonies n'étaient pas poussées comme elles le sont maintenant, même dans une optique biologique.

Ne pas complémenter une colonie comporte un risque. En effet, si l'hiver est long, il ne sera pas possible de nourrir tardivement ou en plein milieu de celui-ci car les abeilles ne monteront pas dans le nourrisseur. La colonie s'appauvrira en provision donc en ressources énergétiques et connaîtra le froid ce qui d'une manière redondante pourra favoriser le développement de Nosema Ceranae.
Le nourrissement doit avoir lieu suffisamment tôt dans la fin de saison, même si la biodiversité permet encore quelques miellées tardives, ce qui reviendrait à l'apiculteur de tenter un coup de Poker. Quand on aime ses colonies, les bichonne toute l'année, on n'a pas le droit de les laisser en pensant qu'elles se débrouilleront seules. N'oublions pas tout de même qu'elles nous ont apporté la satisfaction de quelques cadres de miel. Nous leur devons bien cela en récompense.
Certaines abeilles sont plus gourmandes que d'autres et consomment de grandes quantités de nourriture au cours de l'hiver. Je pense particulièrement à la Buckfast, la Carniolienne et l'Italienne. L'abeille noire est à mon avis la plus économe si j'en juge à ma seule expérience sous aucune influence externe de ce qui se dit ci ou là, seulement mon constat.

Pourquoi nourrir les abeilles tôt ?
voir le cours.. inscrivez-vous !

Les sirops de nourrissement foisonnent sur le marché. Toutes les rumeurs vont bon train surtout depuis l'avènement des OGM. Tout et n'importe quoi se dit, se pense. Pour ce qui me concerne, j'avais renoncé aux sirops industriels car je trouvais que c'était payer un peu cher l'eau additionnée dans les mélanges. Préférant confectionner moi-même les mélanges, soit dit en passant que cela demande beaucoup de temps et d'énergie, j'ai constaté qu'il n'y avait pas plus de pertes hivernales dans un cas comme dans l'autre. La seule différence est que je dose moi-même et au moins, je sais ce que je mets dans la composition de celui-ci.


Aujourd'hui, je confectionne toujours mes sirops de nourrissement et vous livre ma recette dans mon cours d'apiculture
SIROP DE NOURRISSEMENT HIVERNAL:

1 part d'eau pour 2 part de sucre en poudre (cristallisé)
10 % de miel du total en poids (attention ! 1 litre d'eau + 2kg de sucre = 3 Kg qui ne font pas 3 litres)
J'ajoute le complexe d'apports protéiné et bactéricide (voir plus bas)

Explications: On peut acheter le sucre en gros chez des fournisseurs comme la maison Ickowicz, ou l'Abeille d'Auvergne (Abeille lyonnaise). Les conditionnements en sacs de 20 ou 50 Kg réduisent la manutention et le prix (dans la mesure où l'on ne se déplace pas que pour cela).
Il faut commencer par faire bouillir l'eau puis on ajoute le sucre. On attend à nouveau le bouillonnement. Puis on laisse redescendre la température jusqu'à une cinquantaine de degrés.
On ajoute les 3/4 de la quantité de miel (liquide si possible), on mélange longuement le tout
Avec l'autre 1/4 de miel restant, je dilue ma ration calculée de mon complexe protéiné (voir en bas de page) afin que le mélange et dissolution soit rendue possible (sinon vous aurez droit aux grumeaux si vous versez direct) puis je verse cette mélasse obtenue dans le sirop. A l'aide d'un mélangeur (ou d'une perceuse électrique dotée d'un agitateur), je remue le longuement le tout afin de bien homogénéiser le sirop et le complexe d'huiles essentielles afin d'apporter une odeur alléchante du sirop pour les abeilles tout en ayant pour propriété le nettoyage intestinal.

Quelle quantité de sirop doit-on donner aux abeilles ?

C'est ici la partie la plus délicate car il vous faut évaluer les stock disponible de réserves avant l'hiver. Une ruche (10 cadres), quelque soit son modèle, doit au moins avoir 4 cadres complets de réserve et des réserves sur chacun des cadres. Si la colonie est en surstock, à la limite, il ne sert à rien de nourrir, sauf qu'un petit peu de mon sirop les aide à laver leur paroi intestinale. Ainsi, juste après un traitement anti-varroa, ................(cours)

Un excès de sirop aura l'inconvénient ...................

Peut-on donner le sirop de nourrissement à plusieurs reprises ?

Je ne vous le conseille pas ! ......................

Si vous n'avez pas fait votre nourrissement, et que vous n'ayez pas envie de confectionner votre sirop, je vous propose celui-ci en jerricans de 10 litres prêt à l'emploi avec l'ensemble des ingrédients de ma recette mais.. .

Donner du sirop en sortie d'hiver ?

Non ! surtout pas.. il faut leur donner du candi et encore !! à condition que la température soit d'au moins 13 degrés plusieurs jours d'affilée ou bien que les abeilles rentrent leurs premières pelotes de pollen.
Si vous n'avez pas suffisamment nourri avant l'hiver, vous pouvez tenter un nourrissement léger avec un sirop de nourrissement protéiné (3 à 5 verres à vin pas plus, à moins que l'hiver se prolonge après le mois de février. Si vous en donnez trop, vous risquez de leur donner de la dysenterie.. C'est avant qu'il fallait faire ! Vous comprenez toute l'importance d'une bonne formation ? Mes cours par internet peuvent vous aider mais si vous en avez la possibilité, je vous conseille l'inscription à un de mes stages de formation d'apiculture en week-end. Ainsi, vous ne commettrez plus d'erreur


Service:
Je ne saurai pas vous placer en prix à cause des frais de transport pour le sirop de base que vous pouvez préparer vous-même sur la base de 1 part d'eau pour 2 part de sucre + 10% de miel. En revanche pour le complément au sirop, cela peut être intéressant car il y a tant d'huiles essentielles à acheter qu'il faudrait faire des quantités industrielles de sirop pour amortir.
C'est la raison pour laquelle, je vous propose seulement le complément à ajouter au sirop de base.
Dans la tarification ci-dessous, les frais de port sont inclus (France métropolitaine uniquement - Pour autre destination, me demander ici ) Mentionnez dans la rubrique "Quantité", combien de doses vous souhaitez sachant que le minimum est 1 (à la place du "0" par défaut)

 

 Quantité souhaitée:

Description Prix unitaire

Dose de complexe huile essentielles pour ajout au sirop (pour 10 litres de sirop)

19€ TTC

Complément au Sirop: complexe huile essentielles + pollen bio + protéines + acidifiant + hypochlorite de sodium, alcoolat de propolis, (pour ajouter à 10 litres de sirop)

29€ TTC

Les frais de ports sont inclus pour France Métropolitaine uniquement

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