| Bernard
NICOLLET Apiculteur
Éleveur |
| document
révisé le
27/12/2010 |
Le nourrissement des abeilles
L'apiculteur,
qu'il soit amateur, de loisir ou professionnel doit se soucier
des réserves alimentaires de ses colonies d'abeilles. Une
colonie bien équilibrée est une colonie qui dispose d'un
nombre suffisant de butineuses, d'ouvrières, de nourricières
et de mâles. Pendant toute la période de la miellée, elles se
suffisent à elles-mêmes et le surplus de production sera
stocké d'abord dans le haut des cadres de corps puis, dans la
hausse.
En principe, l'apiculteur n'a pas à nourrir ses abeilles en
cours de saison à moins que les conditions météo ne soient
catastrophiques plusieurs semaines d'affilée. Dans ce cas, il
nourrira exclusivement les ruches qui n'ont pas de hausse,
généralement, des essaims en cours de développement. C'est sûr..
quand les abeilles consomment leur miel, c'est pure perte pour
l'apiculteur qui laisse faire la nature. |
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En élevage, je pratique le nourrissement des essaims car ils n'ont
pas suffisamment de butineuses pour assurer un apport régulier
et constant de nectar ainsi que pour assurer la construction des
cadres. En effet, pour que les glandes cirières des abeilles
soient très productrices, il leur faut un apport riche en miel
et en eau. Sans un tel apport, elles ne bâtissent que très
lentement, voire, deviennent paresseuses et se limitent à
quelques cadres de la ruchette (c'est ainsi que je nomme une
ruche non complète). Cette assistance, je la porte jusqu'à ce
que la colonie soit sur 6 cadres de couvain ou bien suffisamment populeuse
pour devenir autonome. Selon Pierre-andré Pelissier (Le Berger des Abeilles), il faut
environ six heures pour construire une seule cellule.. il y a
environ 2500 cellules sur une seule face de cadre Dadant.. soit
50.000 dans la ruche x 6 heures... Vous comprenez aisément que
le ..Beefsteak a toute son importance !
A la fin de la miellée ou fin de
saison, je pratique un nourrissement général
après avoir retiré toutes les hausses, ceci afin de
complémenter les colonies dans le besoin et m'assurer qu'elles
disposeront d'une réserve de nourriture suffisante pour passer
les longs hivers de notre région montagneuse. Notez bien que je
nourris uniquement les colonies qui ont besoin, nous verrons
cela un peu plus bas.
Sur cette page,
je vous présente ma méthode. Je n'ai rien inventé mais
retenu ce qui se pratique dans le milieu apicole et surtout
adapté cette façon de faire à mon propre élevage.
Nous allons donc étudier deux aspects du nourrissement des
abeilles:
- - d'une part, le nourrissement
des essaims dit "biberonnage"
- - d'autre part, le
nourrissement hivernal ou automnal
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A/ - Le
nourrissement des essaims
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Le cours
d'Apiculture sur le biberonnage vous sera sans doute très utile au
printemps. En effet, dès la création d'un essaim, alors que celui-ci n'a
pas encore de Reine, la perturbation induite par l'orphelinage
ne lui permet pas de subvenir seul à une autonomie suffisante
surtout si la population est conséquente.
En effet, alors qu'il n'est basé que sur 3 cadres de couvain
plus un cadre de nourriture les abeilles qui sont au nombre
d'environ 5000 à 7000, doivent commencer un travail de
création de cadres supplémentaires en attendant la naissance
de leur future reine. Sans apport de nourriture complémentaire
fraîche, elles ne commenceront aucun travail de construction.
En revanche, dès lors qu'une reine est sur le point de naître,
les cirières s'activent à créer de nouveau rayons car la
naissance d'une nouvelle famille ne fait plus l'ombre d'un doute. |
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En
utilisant ma technique de cadres à jambage (voir
ici), les abeilles se pendent en grappe pour tirer de
nouvelles cires. La bonne proportion de sucre contenu dans le
sirop de biberonnage, excite les glandes cirières..
La suite ici.. (Cours
d'apiculture sur internet ) |
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Dans la nature ne
l'oublions pas, les abeilles ne disposent pas de cires gaufrées,
elles ne disposent pas non plus de cadres qui prédéfinissent un
format spécifique, mais le cadre est devenu un accessoire
indispensable pour qui veut faire de l'apiculture sainement.
D'autre part, quand un essaim quitte une ruche et n'est pas
repris par un apiculteur, les abeilles ont tout à faire, tout
à nettoyer et construire si elles adoptent une ruche à
l'abandon. Pour celles et ceux qui ont eu la chance
d'observer ce phénomène, qui n'a pas été surpris de
constater à quelle vitesse les abeilles parviennent à
construire ? Quand un essaim reste "pendu" sur une
branche d'arbre, les cirières entrent en action le deuxième ou
troisième
jour et construisent un ou deux rayons suspendus afin de ne pas
"fatiguer la grappe" par un poids important
(n'oublions pas que l'essaim a quitté la ruche avec de lourdes
provisions qui lui sont indispensables non seulement pour la
survie de l'essaim mais aussi pour le 'sur-nourrissement' des
charpentières et cirières qui vont avoir un besoin colossal de
sucre et d'eau.
Les abeilles sont faites pour
construire ou rebâtir et non pour squatter un lieu où il n'y a
rien à faire.. C'est ainsi qu'il n'est pas rare de constater
dans un rucher où il y a plusieurs ruches en attente, que les
abeilles choisissent souvent la ruche la plus pourrie et non la
plus neuve.. Pour quelle raison ? La principale est qu'elles
pourront faire un grand ménage et construire leur cire à leur
façon ! |
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L'apiculteur
doit juste de "canaliser" leur travail afin que
l'harmonisation et la régularité concernant la construction
des cadres soit maintenue et que les abeilles "ne tirent
pas en travers.
Elles sont
capables, d'aller vite.. très vite.
Voyons
maintenant la composition de mon sirop de biberonnage
Réservé
aux abonnés du cours internet
(cliquez ici)
Ce sirop n'a
rien à voir avec un sirop de nourrissement hivernal. Encore
une fois, il est destiné pour aider à la production de la
cire.
L'avantage des Nourrisseurs conçus par Christian NICOT, c'est
leur double compartiment. En effet, si le climat est très sec,
j'introduis dans l'un d'eux le sirop..............
Certains
penseront qu'il s'agit d'une assistance.. un peu trop
assistée.. Oui je le concède mais il ne faut pas oublier que
c'est dans un but de multiplication du cheptel et que pour
compenser le stress occasionné, et puis, il est tout à fait normal de
les dorloter ! Du reste elles nous le rendent au centuple ! Si
vous avez un petit chien pour compagnon, le laissez vous se
débrouiller dans la nature pour qu'il trouve sa nourriture ? Ne
l'oubliez jamais: les abeilles sont des "animaux"
semi-domestiques !
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| B/
- Le nourrissement pour l'hivernage |
Comme je l'indique
dans le chapitre précédent, ce type de nourrissement est
purement prévisionnel et doit faire partie d'un travail sélectif. Il consiste à apporter un complément
de provisions afin que les abeilles puissent passer l'hiver sans
la moindre intervention humaine et sans rupture de nourriture
surtout si on leur a enlevé les hausses de miel.
Le problème pour l'apiculteur réside dans l'évaluation du
besoin. En principe, nous ne devrions pas avoir à nourrir nos
abeilles car elles savent se débrouiller sans nous. il faut par
conséquent évaluer les colonies qui auront besoin d'un apport,
celles qui n'en ont pas besoin, et.. celles qui en ont trop ! Cliquez sur l'image |
Préparation à l'hivernage..
Toits sanglés, abeilles traitées et nourries.. Bonne nuit les
filles !
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Oui mais
voilà, non seulement nous avons récolté leur magasin de
stockage que nous appelons "Hausse" mais de surcroît,
il devient difficile en fin de saison de tomber sous le coup de
miellées tardives. Enfin, les méthodes modernes d'agriculture
font que nos amies les abeilles ont de plus en plus de mal à trouver des sources
polliniques riches en protéines surtout en fin de saison. Dans le passé, les
apiculteurs ne complémentaient pas leur colonies. D'une part,
parce que n'était pas dans la nature des choses. D'autre part, il n'y avait pas autant de traitements agricoles
et de destruction des fossés ou des haies. D'autre
part encore, beaucoup de ruches étaient des "12 cadres" donc,
disposaient
de réserves importantes de nourriture. Enfin, les colonies
n'étaient pas poussées comme elles le sont maintenant, même
dans une optique biologique.
Ne pas
complémenter une colonie comporte un risque. En effet, si l'hiver
est long, il ne sera pas possible de nourrir en plein cœur de celui-ci car les abeilles ne monteront pas dans le
nourrisseur. Elles ne travailleront pas le sirop pour le
transformer en miel. La colonie s'appauvrira en provisions, donc en
ressources énergétiques, et connaîtra le froid ce qui d'une
manière redondante pourrait favoriser le développement de Nosema
Ceranae.
Le nourrissement, encore une fois est-il utile de le rappeler,
quand il est nécessaire, doit avoir lieu suffisamment tôt dans la fin de
saison, même si la biodiversité permet encore quelques miellées
tardives, ce qui reviendrait à l'apiculteur de tenter un coup de
Poker s'il ne comptait que sur cet apport tardif. Quand on aime ses colonies, les bichonne toute l'année, on
n'a pas le droit de les laisser en pensant qu'elles se
débrouilleront seules. N'oublions pas tout de même qu'elles nous
ont apporté beaucoup de plaisir, de la satisfaction de nous offrir quelques cadres de miel. Nous leur
devons bien cela en récompense.
Certaines abeilles sont plus gourmandes que d'autres et consomment
de grandes quantités de nourriture au cours de l'hiver. Je pense
particulièrement à la Buckfast, la Carniolienne et l'Italienne.
L'abeille noire est à mon avis la plus économe si j'en juge à
ma seule expérience sous aucune influence externe de ce qui se
dit ci ou là, seulement mon constat.
Pourquoi nourrir
les abeilles tôt ?
voir le cours.. inscrivez-vous !
Les sirops de
nourrissement foisonnent sur le marché. Toutes les rumeurs vont
bon train surtout depuis l'avènement des OGM. Tout et n'importe
quoi se dit, se pense. Pour ce qui me concerne, j'avais renoncé
aux sirops industriels car je trouvais que c'était payer un peu
cher l'eau additionnée dans les mélanges. Préférant
confectionner moi-même les mélanges, soit dit en passant que
cela demande beaucoup de temps et d'énergie, j'ai constaté qu'il
n'y avait pas plus de pertes hivernales dans un cas comme dans
l'autre. La seule différence est que je dose moi-même et au
moins, je sais ce que je mets dans la composition de celui-ci.
Dans quelles circonstance ne doit-on pas nourrir ? Il est évident que
lorsque les colonies ont très fortement stocké des réserves, il est
totalement inutile de nourrir ! Toute la difficulté est des
connaître la limite du trop ou du trop peu. Si pour un berger des
abeilles chevronné, cela ne pose aucun problème, en revanche, pour
l'apiculteur débutant, cette incertitude risque de lui coûter la vie
de sa ou ses colonies. Généralement sous le coup de l'amour pour
leurs abeilles, les débutants vont systématiquement nourrir ! Or, si
le travail de fin de saison avait été effectué correctement, ce
doute n'existerait pas.. (Inscrivez-vous à mon
cours d'apiculture par internet,
nous étudierons ensemble le pourquoi des choses et comment
travailler) |

Aujourd'hui, je confectionne
toujours mes sirops de nourrissement et vous livre ma recette
dans mon cours d'apiculture |
SIROP DE
NOURRISSEMENT HIVERNAL:
1 part d'eau
pour 2 part de sucre en poudre (cristallisé)
10 % de miel du total en poids
(attention ! 1 litre d'eau + 2kg de sucre = 3 Kg qui ne font pas
3 litres)
J'ajoute le complexe d'apports protéiné et bactéricide (voir
plus bas) ainsi qu'un cmplexe d'huiles essentielles
Explications:
On peut acheter le sucre en gros chez des fournisseurs comme la
maison Ickowicz, ou l'Abeille d'Auvergne (Abeille lyonnaise).
Les conditionnements en sacs de 20 ou 50 Kg réduisent la
manutention et le prix (dans la mesure où l'on ne se déplace
pas que pour cela).
Il faut commencer par faire bouillir l'eau puis on ajoute le
sucre. On attend à nouveau le bouillonnement. Puis on laisse
redescendre la température jusqu'à une cinquantaine de
degrés.
On ajoute les 3/4 de la quantité de miel (liquide si possible),
on mélange longuement le tout
Avec l'autre 1/4 de miel restant, je dilue ma ration calculée
de mon complexe protéiné (voir en bas de page) afin que le
mélange et dissolution soit rendue possible (sinon vous aurez
droit aux grumeaux si vous versez direct) puis je verse cette
mélasse obtenue dans le sirop. A l'aide d'un mélangeur (ou
d'une perceuse électrique dotée d'un agitateur), je remue le
longuement le tout afin de bien homogénéiser le sirop et le
complexe d'huiles essentielles afin d'apporter non seulement une odeur
alléchante du sirop pour les abeilles mais aussi très
utile pour leur système digestif, (propriétés le nettoyage intestinal). |
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Quelle
quantité de sirop doit-on donner aux abeilles ?
C'est ici la
partie la plus délicate car il vous faut évaluer les stock
disponibles des réserves avant l'hiver. Une ruche (10 cadres),
quelque soit son modèle, doit au moins avoir 4 cadres complets
de réserves et des réserves sur chacun des cadres. Si la
colonie est en surstock, à la limite, il ne sert à rien de
nourrir, bien au contraire, il faudra peut-être extraire un ou
deux cadres de miel afin que la reine puisse pondre suffisamment
à l'automne.. dans un tel cas, je m'autorise à leur donner 50
cl (pas plus) de sirop afin de les aider à laver
leur paroi intestinale. Ainsi, juste après un traitement
anti-varroa, ................(Pour étudier cette partie en
détail, voyez mon cours)
Un excès de
sirop aura l'inconvénient ...................
Peut-on donner
le sirop de nourrissement à plusieurs reprises ?
Je ne vous le
conseille pas ! ......................
Si vous n'avez
pas fait votre nourrissement, et que vous n'ayez pas envie de
confectionner votre sirop, je vous propose celui-ci en jerricans
de 10 litres prêt à l'emploi avec l'ensemble des ingrédients
de ma recette mais.. .
Donner du sirop en sortie
d'hiver ? Non ! surtout pas.. il
faut leur donner du candi et encore !! à condition que la
température soit d'au moins 13 degrés plusieurs jours d'affilée
ou bien que les abeilles rentrent leurs premières pelotes de
pollen. Si vous
n'avez pas suffisamment nourri avant l'hiver, vous pouvez tenter
un nourrissement léger avec un sirop de nourrissement protéiné
(3 à 5 verres à vin pas plus, à moins que l'hiver se prolonge
après le mois de février. Si vous en donnez trop, vous risquez
de leur donner de la dysenterie.. C'est avant qu'il fallait
faire ! Vous comprenez toute l'importance d'une bonne formation
? Mes cours par internet peuvent vous aider mais si vous en avez
la possibilité, je vous conseille l'inscription à un de mes
stages de formation d'apiculture en week-end. Ainsi, vous ne
commettrez plus d'erreur
Service:
Je ne saurai pas vous placer en prix à cause des frais de
transport pour le sirop de base que vous pouvez préparer
vous-même sur la base de 1 part d'eau pour 2 part de sucre +
10% de miel. En revanche pour le complément au sirop, cela peut
être intéressant car il y a tant d'huiles essentielles à
acheter qu'il faudrait faire des quantités industrielles de
sirop pour amortir.
C'est la raison pour laquelle, je vous propose seulement le
complément à ajouter au sirop de base.
Dans la tarification ci-dessous, les frais de port sont inclus
(France métropolitaine uniquement - Pour autre destination, me demander
ici ) Mentionnez dans la rubrique "Quantité",
combien de doses vous souhaitez sachant que le minimum est 1 (à
la place du "0" par défaut)
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Le
Pèse Ruche, un outil indispensable !
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Le Pèse Ruche à cadran Le Pèse-ruche vous permet
d'apprécier le poids de réserves de vos
colonies. Aussi bien utile au moment du
nourrissement qu'en sortie d'hiver, il se
révélera vite un outil indispensable, même
dans une apiculture professionnelle où
l'apiculteur est confronté à des obligations
de rentabilité. On crochète l'arrière de la
ruche à l'aide du pèse ruche et on soulève
délicatement.. le cadran vous indique le poids
de la moitié de la ruche. Il vous suffit de
multiplier par 2 pour obtenir le poids moyen
de votre ruche Le pèse ruche peut indiquer
un poids de 22 kg maximum soit une ruche de 44 Kg
Un outil pour vous même
certes, mais que vous pouvez aussi offrir en
cadeau à un ami ou parent apiculteur.
Cliquez
sur la photo ci-contre pour une démonstration
en ligne |
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