Bernard NICOLLET  Apiculteur - Éleveur                       Mortalité de vos ruches ou colonies ?
date de mise à jour : 16/10/2011

La mortalité hivernale des abeilles
Sur cette page, je souhaite livrer un certain nombre de pistes dans lesquelles chacun se reconnaîtra quant à la disparition des abeilles de son cheptel, principalement pendant la période hivernale ou post hivernale.

La mortalité des abeilles liées aux conditions climatiques hivernales:
Quand les températures d'hiver sont trop douces, les abeilles ne peuvent pas trouver leur sommeil. Elles sont donc oisives et volent en sur-place devant les ruches. Or, ce qu'il faut comprendre, c'est que les abeilles nées à la fin de l'automne, ont pour rôle essentiel de s'économiser afin de vivre quatre mois, le temps d'assurer la relève des premières abeilles de printemps. dans les pays tropicaux, la question ne se pose pas car la végétation est luxuriante et la température ne varie que très peu, ce qui n'est pas le cas dans notre pays.



En dansant devant les ruches en début d'hiver, cela fait peut-être du bien à l'œil de l'apiculteur, mais malheureusement, cela peut également vouloir signifier un danger notoire. Pourquoi ces abeilles d'hiver peuvent-elles vivre quatre mois ou un peu plus alors que les abeilles de saison ne vivent en général que de 35 à 45 jours ? C'est du en grande partie au fait que les abeilles d'hiver n'ont pas à travailler et que le froid condamne à l'immobilité. Leur rôle essentiel est donc d'assurer (au sein d'une grappe qu'elles forment) une température minimale afin d'assurer la survie de la reine au moins jusqu'à la fin de l'hiver.
Par exemple, les conditions que nous avons vécu dans l'hiver 2009-2010, le froid a mis longtemps à s'installer ce qui fait que les abeilles ne se sont pas réfugié dans la ruche pour former leur grappe. Elles ont donc consommé une partie de leur capital vie et sont mortes pour la plupart avant que la relève de printemps ne soit assurée..

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Les autres causes probables et vraissemblables:
En apiculture, une multitude de causes peuvent engendrer la mortalité des abeilles pendant l'hiver ou en fin d'hiver.
- Une reine âgée en fin de saison et non remplacée à temps. Beaucoup d'apiculteurs de loisir ne savent pas trouver leur reine et ne savent pas comment procéder à son remplacement quand il est temps de le faire. Venez vous formez !
- une colonie pas suffisamment populeuse en automne. C'est un constat que je dresse souvent lors de mes interventions chez les apiculteurs qui m'en font la demande. Quelles peuvent en être les causes ?

  • Une reine âgée comme nous venons de le voir,
  • Des cadres trop nombreux et trop garnis de nourriture, ne laissant pas de place pour la ponte de fin de saison,
  • Un nourrissement tardif On ne nourrit pas en hiver ! c'est avant qu'il faut le faire ou en sortie d'hiver avant que le printemps ne démarre
  • Un traitement anti-varroa inefficace ou effectué trop tard, voire; Pas effectué du tout,
  • Maladie de la colonie ou de la reine, même jeune
  • Un type d'abeilles pas adapté à la localité (surtout quand il s'agit d'abeilles issues d'importation ce qui en fait une ruche pas du tout adaptée au climat local)
  •  une colonie non traitée contre son prédateur le Varroa ou traitée avec des produits inefficaces
  •  un traitement trop tardif
  •  un mauvais nourrissement automnal en trop ou trop peu ou avec un sirop mal adapté -
  •  généralement je constate que le nourrissement (quand il a été pratiqué) a été effectué beaucoup trop tard. Ce n'est pas en hiver en effet qu'il faut nourrir ses abeilles mais dès lors qu'on a prélevé les hausses ou à peine plus tard pour que les abeilles aient le temps de transformer ce sirop en miel.
  •  trop de cadres vides en fin de saison (ou à l'inverse trop de cadres pleins). L'équilibre est rompu
  •  des cadres trop vieux
  •  une exposition à l'humidité ou trop exposée aux vents
  •  des colonies trop faibles à l'entrée de l'hiver qui auraient du être rassemblées ou partitionnées avant l'hiver..
  •  nourrissement de printemps trop tardif si le besoin était là ou avec une nourriture qui ne convient pas à cette période..
    (exemple: en sortie d'hiver et jusqu'aux premières miellées de printemps, il est bien d'apporter un petit boost aux abeilles par un apport riche en protéines  voir ici sur le candi protéiné)

Quand on débute en Apiculture il est important d'apprendre à identifier les causes de la disparition de nos abeilles. Ici je n'ai pas voulu traiter du sujet de "La disparition des Abeilles" nommé le CCD, mais d'une forme de celle-ci essentiellement lié aux différentes responsabilités de l'apiculteur liées elles-mêmes à un trop plein de méconnaissances.
Toutes les causes énumérées ci-dessus, avouons le bien, sont essentiellement à la genèse des "fautes" de l'apiculteur. Nous les étudierons en détail lors de mon cours d'apiculture sur internet. Pourquoi ne pas vous inscrire dès maintenant et prendre un peu d'avance pour la saison prochaine? Pour en savoir plus, Cliquez ici
Une petite anecdote:
Un ami apiculteur m'appelle pour m'annoncer qu'il renonçait définitivement à s'occuper d'abeilles. Son moral était au plus bas car il possédait un magnifique rucher d'une quarantaine de ruches d'une part et que pendant l'hiver, il avait subit une opération chirurgicale qui lui interdisait maintenant de porter quoi que ce soit.
La mort dans l''âme, il se résignait à vendre toute sa petite exploitation. Connaissant bien ma passion pour les abeilles, il me donnait la préférence pour le rachat de son rucher d'abeilles noires.
Après lui avoir demandé combien de ruches vivantes il possédait en sortie d'hiver, il s'effondra quand il m'appris qu'il ne lui en restait plus que 10 car toutes les autres avaient été livrées au pillage entre ruches.
Constatant que mes encouragements pour continuer étaient vains, je lui fis la promesse de prendre soin des survivantes. Mais une question lui taraudait l'esprit. Il était persuadé que ses ruches étaient mortes d'empoisonnement.
Or son biotope local était dépourvu de cultures..
En examinant les ruches mortes, il n'y avait plus d'abeilles. Les cadres étaient gorgés de miel et de pollen. Les ruches pesaient entre 35 et 50 Kg !
Mon diagnostique dressa le constat d'une réaction en chaine suivante:
1/- Trop de réserves donc pas de place pour que la reine ponde en début d'automne. Puisque les colonies n'étaient pas suffisamment populeuse, elles ont pris froid et sont mortes d'épuisement sans pouvoir assurer à la reine un couvain hivernal de sauvegarde suffisant.
2/- Les planchers plastiques n'étaient pas fermés à l'aide de planches de fond. Comme sont rucher était situé dans un couloir venteux, et un peu humide, le froid avait toute liberté pour s'engouffrer dans les ruches. Les abeilles étant trop peu nombreuses, sont donc doublement mortes de froid.
3/- Les nourrisseurs plastiques Nicot: Alors là, cela m'a un peu fait bondir, venant de sa part.. Bien qu'il soit parfaitement possible d'adapter les nourrisseurs plastiques sur des corps en bois, ceux-ci n'étaient pas dotés de leurs deux cabochons, indispensables pour isoler et créer des cheminées d'accès pour les abeilles. Une erreur supplémentaire avait consisté à disposer d'un couvre cadres en bois sur le nourrisseur. Si cette méthode peut-être acceptable en saison, elle n'est pas trop idéale en hiver. Dans les nourrisseurs, les abeilles avaient presque bouché les trous béant des cabochons avec de la cire tirée. C'était donc bien le signe que les abeilles se protégeaient ou tentaient de se protéger du froid (j'ajoute: du courant d'air qui pouvait se produire entre les planchers non fermés, le vent froid et humide et le dessus des cadres qui donnait libre accès au nourrisseur).
Une parenthèse ici: si vous achetez des nourrisseurs plastiques, il faut impérativement acheter en même temps les cabochons qui hélas, sont vendus séparément et présentés seulement comme accessoires ! (une grosse faute des revendeurs de matériel)
4/- Un nourrissement automnal inadapté et trop tardif: Ses ruches étaient bien garnies en fin de saison. Il était donc parfaitement inutile de les nourrir. Un berger des abeilles doit effectuer cette surveillance de la nourriture constituant les réserves de ses colonies. Bien sûr, de la part de Jean-Paul, c'était un acte généreux  de vouloir faire en sortes que ses colonies ne meurent pas de faim pendant l'hiver. Mais là, il aurait plutôt fallu au contraire, retirer un ou deux cadres de réserves en fin de saison, quitte à les extraire s'il n'en avait pas d'autres afin de laisser au moins deux cadres vides pour que la reine assure sa ponte ! D'autre part, le sirop avait été descendu par les abeilles, mais celles ci ne l'ont pas transformé en miel ce qui était le signe d'un nourrissement trop tardif et d'un début de fermentation.
5/- Des ruches mortes mais.. Nickel ! Un paradoxe. Les ruches étaient vides mais pas pillées; les cadres étaient assez récents et propres.. En me les montrant, Jean-Paul me dit qu'il s'agissait d'essaims capturés sur son rucher.
- "As-tu Changé les reines lui demandais-je ? "
- "Non parce qu'elles ont parfaitement commencé leur ponte.. je les ai donc laissées faire leur vie.."
Encore une erreur de débutant..Quand on capture un essaim, il faut faire procéder à un remérage sinon l'essaim a 90 chances sur 100 si ce n'est plus de ne pas passer l'hiver.. N'oubliez jamais ceci: si une reine part à l'essaimage c'est parce qu'elle a un problème ! Lors de mes stages de formation, nous étudions en profondeur le thème de l'essaimage.
Il y avait cinq ruches dans ce cas dans son rucher, pas une n'a passé l'hiver. Il m'avoua avoir compris la leçon mais trop tardivement puisque sa décision était prise et irrévocable malgré tous mes encouragements.

Ainsi donc, vous voyez que même un apiculteur avec plus de dix années d'expérience peut pratiquer une apiculture de hasard. Quand j'ai fini les explications de mon diagnostique, j'ai senti Jean-Paul prêt à reconsidérer sa pratique et puis se résigner à cause de sa santé qui lui dictait d'en rester là. Il eût le regret de ne pas connaitre et de n'avoir pas appris ce qui aurait pu lui épargner bien des déboires hiver après hiver. Jean-Paul si tu me lis, j'ai une sincère pensée pour toi car puisse ton exemple servir pour les autres apiculteurs..
On peut avoir des ruches, on peut acheter des colonies ou des ruches peuplées, mais sans les connaissances indispensables de base, c'est bien souvent une apiculture de hasard qui se pratique avec l'amer déception lors d'un constat printanier de disparition des abeilles.
Comme je le martèle sur mon site: Venez faire une petite formation avec Christine et moi, inscrivez-vous à mon cours d'apiculture par Internet.. vous ne regretterez pas votre investissement !