La mortalité hivernale des abeilles
Sur cette page, je souhaite livrer un certain nombre de pistes dans
lesquelles chacun se reconnaîtra quant à la disparition des abeilles
de son cheptel, principalement pendant la période hivernale ou post hivernale.
La mortalité des abeilles liées aux conditions climatiques
hivernales: Quand les températures d'hiver sont trop douces, les
abeilles ne peuvent pas trouver leur sommeil. Elles sont donc
oisives et volent en sur-place devant les ruches. Or, ce qu'il faut
comprendre, c'est que les abeilles nées à la fin de l'automne, ont
pour rôle essentiel de s'économiser afin de vivre quatre mois, le
temps d'assurer la relève des premières abeilles de printemps. dans
les pays tropicaux, la question ne se pose pas car la végétation est
luxuriante et la température ne varie que très peu, ce qui n'est pas
le cas dans notre pays.
En dansant devant les ruches en début d'hiver, cela fait
peut-être du bien à l'œil de l'apiculteur, mais malheureusement,
cela peut également vouloir signifier un danger notoire.
Pourquoi ces abeilles d'hiver peuvent-elles vivre quatre mois ou
un peu plus alors que les abeilles de saison ne vivent en
général que de 35 à 45 jours ? C'est du en grande partie au fait
que les abeilles d'hiver n'ont pas à travailler et que le froid
condamne à l'immobilité. Leur rôle essentiel est donc d'assurer
(au sein d'une grappe qu'elles forment) une température minimale
afin d'assurer la survie de la reine au moins jusqu'à la fin de
l'hiver. Par exemple, les conditions que nous avons vécu dans
l'hiver 2009-2010, le froid a mis longtemps à s'installer ce qui
fait que les abeilles ne se sont pas réfugié dans la ruche pour
former leur grappe. Elles ont donc consommé une partie de leur
capital vie et sont mortes pour la plupart avant que la relève
de printemps ne soit assurée.. |
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Les autres causes probables et vraissemblables: En apiculture, une multitude de
causes peuvent engendrer la mortalité des abeilles pendant l'hiver
ou en fin d'hiver. - Une reine âgée en fin de saison et non
remplacée à temps. Beaucoup d'apiculteurs de loisir ne savent pas
trouver leur reine et ne savent pas comment procéder à son
remplacement quand il est temps de le faire. Venez vous formez ! - une colonie pas suffisamment populeuse en
automne. C'est un constat que je dresse souvent lors de mes
interventions chez les apiculteurs qui m'en font la demande. Quelles
peuvent en être les causes ?
- Une reine âgée comme nous venons de le voir,
- Des cadres trop
nombreux et trop garnis de nourriture, ne laissant pas de place pour
la ponte de fin de saison,
- Un nourrissement tardif On ne nourrit
pas en hiver ! c'est avant qu'il faut le faire ou en sortie
d'hiver avant que le printemps ne démarre
- Un traitement anti-varroa inefficace
ou effectué trop tard, voire; Pas effectué du tout,
- Maladie de la
colonie ou de la reine, même jeune
- Un type d'abeilles pas adapté
à la localité
(surtout quand il s'agit d'abeilles issues d'importation ce qui en fait
une ruche pas du tout adaptée au climat local)
- une colonie non traitée contre son prédateur le Varroa
ou traitée avec des produits inefficaces
- un traitement trop tardif
- un mauvais
nourrissement automnal en trop ou trop peu ou avec un sirop mal
adapté -
- généralement je constate que le nourrissement (quand il a
été pratiqué) a été effectué beaucoup trop tard. Ce n'est pas en
hiver en effet qu'il faut nourrir ses abeilles mais dès lors qu'on a
prélevé les hausses ou à peine plus tard pour que les abeilles aient
le temps de transformer ce sirop en miel.
- trop de cadres vides en fin de saison
(ou à l'inverse trop de cadres pleins). L'équilibre est rompu
- des cadres
trop vieux
- une exposition à l'humidité ou trop
exposée aux vents
- des colonies trop faibles à l'entrée de
l'hiver qui auraient du être
rassemblées ou partitionnées avant l'hiver..
- nourrissement de
printemps trop tardif si le besoin était là ou avec une nourriture qui ne convient pas à
cette période..
(exemple: en sortie d'hiver et jusqu'aux premières
miellées de printemps, il est bien d'apporter un petit boost aux
abeilles par un apport riche en protéines
voir ici sur le candi protéiné)
Quand on débute en Apiculture il est
important d'apprendre à identifier les causes de la disparition de
nos abeilles. Ici je n'ai pas voulu traiter du sujet de "La
disparition des Abeilles" nommé le CCD, mais d'une forme de celle-ci
essentiellement lié aux différentes responsabilités de l'apiculteur
liées elles-mêmes à un trop plein de méconnaissances.
Toutes les causes énumérées ci-dessus, avouons le bien, sont
essentiellement à la genèse des "fautes" de l'apiculteur. Nous les
étudierons en détail lors de mon cours d'apiculture sur internet. Pourquoi ne pas vous inscrire dès
maintenant et prendre un peu d'avance pour la saison prochaine? Pour en savoir plus,
Cliquez ici Une petite anecdote: Un
ami apiculteur m'appelle pour m'annoncer qu'il renonçait
définitivement à s'occuper d'abeilles. Son moral était au plus bas
car il possédait un magnifique rucher d'une quarantaine de ruches
d'une part et que pendant l'hiver, il avait subit une opération
chirurgicale qui lui interdisait maintenant de porter quoi que ce
soit. La mort dans
l''âme, il se résignait à vendre toute sa petite exploitation.
Connaissant bien ma passion pour les abeilles, il me
donnait la préférence pour le rachat de son rucher d'abeilles
noires. Après lui avoir demandé combien de ruches vivantes il
possédait en sortie d'hiver, il s'effondra quand il m'appris qu'il
ne lui en restait plus que 10 car toutes les autres avaient été
livrées au pillage entre ruches. Constatant que mes
encouragements pour continuer étaient vains, je lui fis la promesse
de prendre soin des survivantes. Mais une question lui taraudait
l'esprit. Il était persuadé que ses ruches étaient mortes
d'empoisonnement. Or son biotope local était dépourvu de
cultures.. En examinant les ruches mortes, il n'y avait plus
d'abeilles. Les cadres étaient gorgés de miel et de pollen. Les
ruches pesaient entre 35 et 50 Kg ! Mon
diagnostique dressa le constat d'une réaction en chaine suivante:
1/- Trop de réserves donc pas de place pour que la reine
ponde en début d'automne. Puisque les colonies n'étaient pas
suffisamment populeuse, elles ont pris froid et sont mortes
d'épuisement sans pouvoir assurer à la reine un couvain hivernal de
sauvegarde suffisant. 2/- Les planchers plastiques n'étaient pas
fermés à l'aide de planches de fond. Comme sont rucher était situé
dans un couloir venteux, et un peu humide, le froid avait toute
liberté pour s'engouffrer dans les ruches. Les abeilles étant trop
peu nombreuses, sont donc doublement mortes de froid. 3/-
Les nourrisseurs plastiques Nicot: Alors là, cela m'a un peu fait
bondir, venant de sa part.. Bien qu'il soit parfaitement possible
d'adapter les nourrisseurs plastiques sur des corps en bois, ceux-ci
n'étaient pas dotés de leurs deux cabochons, indispensables pour
isoler et créer des cheminées d'accès pour les abeilles. Une erreur
supplémentaire avait consisté à disposer d'un couvre cadres en bois
sur le nourrisseur. Si cette méthode peut-être acceptable en saison,
elle n'est pas trop idéale en hiver. Dans les nourrisseurs, les
abeilles avaient presque bouché les trous béant des cabochons avec
de la cire tirée. C'était donc bien le signe que les abeilles se
protégeaient ou tentaient de se protéger du froid (j'ajoute: du
courant d'air qui pouvait se produire entre les planchers non
fermés, le vent froid et humide et le dessus des cadres qui donnait
libre accès au nourrisseur). Une parenthèse ici: si vous achetez des
nourrisseurs plastiques, il faut impérativement acheter en même
temps les cabochons qui hélas, sont vendus séparément et présentés
seulement comme accessoires ! (une grosse faute des revendeurs de
matériel) 4/- Un nourrissement automnal inadapté et trop
tardif: Ses ruches étaient bien garnies en fin de saison. Il était
donc parfaitement inutile de les nourrir. Un berger des abeilles
doit effectuer cette surveillance de la nourriture constituant les réserves de ses
colonies. Bien sûr, de la part de Jean-Paul, c'était un acte
généreux de vouloir faire en sortes que ses colonies ne
meurent pas de faim pendant l'hiver. Mais là, il aurait plutôt fallu
au contraire, retirer un ou deux cadres de réserves en fin de
saison, quitte à les extraire s'il n'en avait pas d'autres afin de
laisser au moins deux cadres vides pour que la reine assure sa ponte
! D'autre part, le sirop avait été descendu par les abeilles, mais
celles ci ne l'ont pas transformé en miel ce qui était le signe d'un
nourrissement trop tardif et d'un début de fermentation. 5/- Des ruches mortes mais..
Nickel ! Un paradoxe. Les ruches étaient vides mais pas pillées; les
cadres étaient assez récents et propres.. En me les montrant,
Jean-Paul me dit qu'il s'agissait d'essaims capturés sur son rucher.
- "As-tu Changé les reines lui demandais-je ? " - "Non parce qu'elles
ont
parfaitement commencé leur ponte.. je les ai donc laissées faire
leur vie.." Encore
une erreur de débutant..Quand on capture un essaim, il faut faire
procéder à un remérage sinon l'essaim a 90 chances sur 100 si ce
n'est plus de ne pas passer l'hiver.. N'oubliez jamais ceci: si une
reine part à l'essaimage c'est parce qu'elle a un problème !
Lors de mes stages de
formation, nous étudions en profondeur le thème de
l'essaimage. Il y avait cinq ruches dans
ce cas dans son rucher, pas une n'a passé l'hiver. Il m'avoua avoir
compris la leçon mais trop tardivement puisque sa décision était
prise et irrévocable malgré tous mes encouragements.
Ainsi donc, vous voyez que même un apiculteur avec
plus de dix années d'expérience peut pratiquer une apiculture de
hasard. Quand j'ai fini les explications de mon diagnostique, j'ai
senti Jean-Paul prêt à reconsidérer sa pratique et puis se résigner
à cause de sa santé qui lui dictait d'en rester là. Il eût le regret
de ne pas connaitre et de n'avoir pas appris ce qui aurait pu lui
épargner bien des déboires hiver après hiver. Jean-Paul si tu me
lis, j'ai une sincère pensée pour toi car puisse ton exemple servir
pour les autres apiculteurs.. On peut avoir des ruches, on peut
acheter des colonies ou des ruches peuplées, mais sans les
connaissances indispensables de base, c'est bien souvent une
apiculture de hasard qui se pratique avec l'amer déception lors d'un
constat printanier de disparition des abeilles. Comme je le
martèle sur mon site: Venez faire une petite
formation avec
Christine et moi, inscrivez-vous à mon
cours d'apiculture par Internet.. vous ne
regretterez pas votre investissement !
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