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1/- L'agriculture et l'usage des pesticides.
Tout d'abord, je
vous conseille de visionner cette vidéo, issue d'un reportage
publié sur National Géographic, (une chaîne de télévision),
intitulé "Le
silence des Abeilles"
On pourrait penser
que seuls les pays industrialisés sont touchés par le phénomène
pesticides. Mais au juste qu'est-ce qu'un Pesticide ?
Un pesticide est une substance chimique (la plupart du temps)
utilisée pour lutter contre des nuisibles. Ce terme est un mot
générique sous lequel différentes sortes de produits de
traitements sont rassemblées: Insecticides, fongicides, herbicides
(désherbants), parasiticides..
Certains de ces produits sont dits "systémiques".. ce sont des
produits qui pénètrent à l'intérieur de la plante et qui sont
véhiculés par la sève de celle-ci. Toutes les cellules de la
plante sont donc atteintes car la sève est la source de nourriture
et de l'énergie des cellules. Or, certains insectes mangent ou
utilisent les végétaux. On dit que ce sont des insectes
phytophages. Parmi la vingtaine de sous termes concernés par cette
grande famille et selon ce qui est consommé dans la plante,
(Phyllopahes, herbivores, succivores, Xylophages etc..) on
retrouve nos abeilles qui sont Nectarivores et Pollinivores.
L'apiculteur parle plus aisément du terme "butineuses".
Disparition des Abeilles: Les pesticides en
1ère ligne: Pendant quelques décennies, les agriculteurs
on "épandu" des millions de tonnes de ces produits sur leurs
cultures afin de les préserver contre les attaques de certains
insectes dits "nuisibles". Malheureusement, ces traitements ont eu
pour conséquence de briser un biotope lié au cercle de la vie
d'une faune tant animale que végétale.. Citons un ou deux
exemples:
- En détruisant le puceron par un insecticide sélectif, c'est la
coccinelle qui ne trouve plus sa nourriture. Or la coccinelle suit
directement le cycle des pucerons car elle est son principal
prédateur. C'est donc une erreur grave de l'agriculture que de
traiter les cultures contre le puceron. Les firmes phytosanitaires
savent comment faire peur aux agriculteurs pour influencer et
canaliser leur comportement. Ils savent surtout comment
cultiver leur paranoïa..
- Les vers de terre eux, sont très utiles pour l'aération et le
maintient de l'humidité de la terre. En
Agriculture de "conservation" (c'est une sorte d'agriculture
ancestrale qui revient à la mode de nos jours), Les agriculteurs
ne labourent plus leurs terres mais procèdent à des griffages et
paillages pour conserver l'écosystème dont les vers de terre
(quand en catimini, ils n'ont pas recours à certains pesticides
puissants).
- En utilisant des produits de traitement sur les arbres fruitiers
avant leur floraison (et souvent même pendant celle-ci) les
arboriculteurs font leur propre malheur. Saviez-vous qu'un arbre
fruitier visité par les abeilles produit en moyenne 30% de plus et
que les fruits sont nettement plus beaux et plus goûteux ? Sans
compter sur le fait qu'ils sont également plus résistants aux
maladies ! Malheureusement, commandés par les consommateurs qui
préfèrent et privilégient l'aspect plutôt que la qualité, tout est
"gabarisé" y compris le tape à l'oeil.
Une petite anecdote:
J'ai implanté un rucher dans un verger qui était plus ou moins à
l'abandon et dont le propriétaire n'avait plus le temps de
s'occuper. Au printemps suivant, mes abeilles étaient par milliers
dans les fleurs des pommiers et poiriers. Quelle ne fut pas la
surprise du propriétaire lorsque à l'automne, il fit une récolte
du siècle ! Pourtant, il ne crut pas un instant qu'il devait
remercier les abeilles.. Mais l'année suivante, alors que tous les
pommiers des alentours hors de portée de mes abeilles n'avaient
rien donné, ses arbres croulaient sous les fruits. Plusieurs
branches non étayées ont même été cassées. Un de ses
pommiers s'est totalement couché sur deux de mes ruches tant il
était lourd en pommes. Force lui a été de reconnaître que les
abeilles avaient fait un travail remarquable de pollinisation.
Aujourd'hui, il prêche à qui veut l'entendre que les abeilles font
un travail merveilleux.
Disparition des Abeilles: Les monocultures
Nous pourrions parler de très longues heures sur les pesticides,
et lancer un vaste débat mais ce n'est pas le but de mon site. Je
vous laisse pour cela le soin de regarder les émissions et
reportages télé (Je vous recommande l'excellent film "Le
Titanic Apicole") Mais si quelque chose me tient à cœur,
c'est de parler ici des cultures et des monocultures.
Les groupes phytosanitaires ont en effet mis au point depuis
plusieurs années des molécules capables de réduire le volume des
traitements. Ainsi par exemple, la tendance à la pulvérisation
s'estompe au profit des semences enrobées. L'agriculteur plante
donc maintenant des semences qui n'auront pas besoin de
traitements insecticides tout au long de leur croissance. Comme
nous l'avons vu un peu plus haut, cet insecticide systémique va
suivre en parallèle toute la croissance de la plante jusqu'à sa
récolte. Ainsi, l'abeille qui en récolte le pollen, rapporte à la
ruche un véritable poison pour les larves à naître. L'abeille n'a
aucun moyen de savoir que le pollen est contaminé et qu'il
représente un véritable danger. Trois cultures en France sont
principalement et directement impliquées dans le syndrome de la
disparition des abeilles: Le Tournesol, le Colza et le maïs (Le
blé également mais les abeilles n'y vont que très rarement).
Partout où il y a de telles cultures, hormis bien entendu les
zones de cultures biologiques, on peut hélas constater des taux de
mortalité nettement supérieurs à la moyenne. Ces taux, soit dit en
passant, peuvent atteindre plus de 80% du cheptel de l'apiculteur
Dans le grand débat sur les OGM, j'ai moi-même constaté la perte
de plus de 80% de mes ruches en présence de champs de maïs OGM.
Mais OGM ou pas, c'est la même désolation. Voici mon expérience à
ce propos:
La fin programmée de la Transhumance ? Il y a quelques
années, alors que mon cheptel se multipliait très correctement
d'une façon exponentielle, je fus attiré par la transhumance en
pensant qu'il serait bien de produire d'autres essences que notre
"miel de montagne". D'autre part, je trouvais l'idée séduisante
d'offrir à nos abeilles, des fleurs différentes ou en quantités
importantes alors que nos floraisons locales étaient terminées.
J'ai donc passé quelques petites annonces dans les journaux
gratuits de plusieurs départements de France afin de rechercher
des terrains d'accueil pour mes ruches..
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J'en ai trouvé immédiatement un peu partout, ne me laissant
que l'embarra du choix. Et c'est ainsi que je fis la
connaissance d'un agriculteur de la Nièvre qui me vanta la
qualité de son travail sans aucun traitement aux pesticides.
De plus, il faisait des semences en "décalé" misant sur de
belles arrières saisons.. Séduit par l'idée et devant
l'immensité de ses cultures de sarrasin notamment, je
décidais d'implanter un rucher d'une centaine de colonies,
tout content de trouver une source riche en pollen pour mes
abeilles..
Nous voilà donc en route pour notre première vraie
transhumance.. |
Au moment du lâcher, entendez de
l'ouverture de mes ruches, ce fut un spectacle hallucinant de
bonheur.. Les ruches "crachaient le feu" à se demander comment
autant d'abeilles pouvaient être concentrées dans une seule unité
.. Des SBDC !! (Super Bêtes de Compétition). En quelques minutes,
elles étaient déjà sur les fleurs..
Moins de quinze minutes après l'ouverture de la
première ruche, les abeilles rentraient déjà les pleines
pattes de pollen.. Quoi de plus merveilleux ?
Sur le chemin du retour, Christine et moi discutions dans
une certaine euphorie d'un spectacle que nous n'avions
jamais connu jusqu'à ce jour. Étant donné que ce gros rucher
était situé à plus de 180 Km de chez nous, nous avions
disposé une hausse sur chacune d'elle, bien qu'il leur
restait à tirer à toutes encore un cadre ou deux.
Nous espérions une récolte se chiffrant à plusieurs tonnes
tant l'étendue de culture était conséquente. Je me souviens
même m'être interrogé sur le fait bizarre qu'aucun
apiculteur des environs n'ait proposé d'implanter des
ruches.. |
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Je ne vais pas tarder à constater la
disparition de mes abeilles.. Une
dizaine de jours plus tard, nous venons effectuer notre première
visite d'estimation. Les hausses étaient pleines à 50% aussi, nous
décidâmes de placer une hausse supplémentaire.. Jusque là, notre
estimation semblait se dessiner et prendre tournure. L'agriculteur
nous expliquait qu'il voyait des abeilles partout sur ses champs
et que lui aussi envisageait une bonne récolte.. Un super
partenariat en quelques sortes.. Oui mais..
J'observais alors que les allers et venues des abeilles n'était
pas aussi conséquents que le premier jour.. Vu le vent du nord
qu'il y avait, je ne m'inquiétais donc pas outre mesure d'autant
plus que les ruches exhalaient un parfum de crêpes au sarrasin..
hum ! de quoi étouffer la moindre suspicion. Il y avait du monde
dans les ruches, du couvain et de la ponte.. Tout pour rassurer..
Et pensant aux presque 200 hausses à miel disposées maintenant sur
le rucher.. il y avait de quoi s'émerveiller mais aussi
rentabiliser ce fort coûteux déplacement. Était-ce cela la récolte
du siècle dont chaque apiculteur a sa petite histoire à raconter ?
Une dizaine de jours plus tard, alors que la floraison du sarrasin
battait son plein (c'est une floraison qui va de Août jusqu'aux
premières gelées) et que son tournesol tardif en culture décalée
présentait ses premières fleurs, je fus surpris en entrant sur le
rucher de ne pas voir un vol d'abeilles important. Le temps était
au beau, la température était celle d'un début de mois d'Août,
chaude mais pas trop.. et pourtant.. presque pas d'abeilles.
Devant les ruches, quelques cadavres de larves et de jeunes
abeilles mais pas exagérément ni de quoi inquiéter. Le premier
constat de la première ruche ouverte nous laissa voir qu'il n'y
avait pas d'abeilles dans la seconde hausse et très peu dans la
première. Le miel était en voie de disparition et sur les 50%
estimés lors de notre passage précédent, la quantité devait à
peine atteindre les 10%. Continuant notre visite, nous découvrons
alors que nos "SBDC" étaient devenues nonchalantes ce qui n'avait
jamais été le cas depuis notre entrée en Apiculture.
Dans certaines ruches, il n'y avait presque plus
d'abeilles.. Rencontrant donc l'agriculteur, je lui demandais s'il
avait effectué un traitement.. Il me fit la promesse sur son
honneur qu'il n'avait rien fait de tel, mais qu'il avait également
observé une activité très réduite de nos ruches et souhaitait à
l'inverse, obtenir de ma part une explication.
Disparition des Abeilles.. en plein dans le
mille pour des années ! Le
Sarrasin est une plante moyennement mellifère mais étant donné la
longévité de sa floraison jusqu'au mois de novembre, il n'était
pas possible de connaître une "famine" pour nos abeilles..
Travail inverse donc. nous retirâmes toutes les secondes hausses
et opérâmes sur quelques ruches au rassemblement des cadres de
couvain..
A la mi-Août, lors d'une nouvelle visite, la catastrophe qui
s'annonçait se confirma. Plus du tout de miel dans la hausse et
situation de famine pour l'ensemble des ruches. Ayant prévu un
nourrissement de secours au cas, où, tout notre sirop fut englouti
en quelques heures.
En colère emprunte de désarroi, nous décidâmes de rapatrier le
rucher d'urgence pour essayer de sauver ce qui pouvait l'être. Au
moins, nous serions sur place pour nous occuper de nos abeilles..
L'agriculteur continuait à jurer les grands dieux qu'il n'avait
pas traité.
Cette année là, nos cent ruches furent totalement décimées. Mais
tout ne s'arrêtait pas avec la seule perte de ce rucher. (Lisez
bien ce qui suit car cela doit vous servir)..
En triant toutes nos ruches décimées, nous avons mis de coté tous
les cadres propres et pouvant resservir et profité de passer à la
chaudière à cire, tout ce qui était vieux. Certains cadres étaient
chargés de pollen, nourriture indispensable à l'élevage des
larves. Nous en fîmes immédiatement profiter à l'ensemble de nos
jeunes colonies qui en avaient le plus grand besoin. Puis, la fin
de saison étant là, nous arrêtâmes notre activité apicole pour
quelques jours de repos bien mérités.
Le printemps de l'année suivante allait nous laisser un goût
amer de désolation. Alors que nous procédions à une visite
de printemps comme chaque année, nous découvrîmes des ruches
mortes, avec une toute petite poignée d'abeilles blotties dans les
cellules, et réparties en cercle. Sur les planchers, tout juste
quelques abeilles mortes, sans plus.. devant les ruches, pas de
cadavres en particulier..
Au total, 108 ruches décimées ! Mais que s'est il encore passé ?
Devais-je envisager d'arrêter mon activité car je n'étais qu'un
piètre apiculteur ? .. Quand le doute s'installe, on ne sait
plus.. Bien que je sois un homme, mon coeur était déchiré et
poignardé par une question: "Pourquoi ?" Laissez moi vous dire
que j'ai passé au crible tout ce que nous avions fait ou pu faire
ou ne pas faire.. Puisque nos fiches de travail tracent tout
ce que nous opérons dans chacune de nos ruches, c'est ainsi que je
compris que le seul lien qui unissait tout cela tenait dans le
pollen. Les ruches qui n'avaient pas reçu des cadres de pollen
en renfort avaient bien passé l'hiver. Toutes les autres sans
exception furent découvertes mortes.
Suspectant une maladie virale, nous éliminâmes tous les cadres
(même des cadres de moins d'une saison) afin de stopper
l'hémorragie. Cette année là, nous avons travaillé dur à la
reconstitution de notre cheptel et nous avons passé un peu plus de
1500 cadres au feu ! Travaillant d'arrache-pied du matin au
soir pendant toute la saison, notre cheptel commençait à reprendre
forme.
Rebelote et dix de der.. En début
de saison, l'agriculteur nivernais nous contactait pour nous
proposer son plan "fleurs" pour nos abeilles. Il avait en effet
planté 150 hectares de tournesols décalés, plus deux hectares de
phacélie uniquement plantés pour nos abeilles (Plante la plus
mellifère qui soit avec un rendement de 600 Kg de miel en moyenne à
l'hectare).
Son plan était alléchant d'autant plus qu'il me proposa
d'implanter mes ruches où bon me semblerait sur sa propriété (près
de 600 Ha).
N'ayant pas utilisé de RoundUp ni produits phytosanitaires de
traitement je fus toutefois intéressé par ce tournesol décalé qui
apporterait à mes colonies une ressource incontestable de pollen. Et
c'est ainsi que, confiance aidant, je décidai de créer un nouveau
rucher d'une cinquantaine de colonies.
Inutile de réécrire toute cette anecdote, mais si vous la reprenez
depuis son début, ce deuxième rucher connut exactement le même sort
y compris l'année suivant au début de printemps.
Nous avons donc
acquis l'absolue certitude que notre mortalité était liée
directement aux pollens. En effectuant une enquête auprès du
semencier qui fournissait notre agriculteur, nous avons découvert
que celui-ci ne vendait que des semences enrobées, et que si
l'agriculteur souhaitait des semences non enrobées, il devait en
faire expressément la demande plus d'un an avant.
Les agriculteurs guidés par l'impitoyable loi des subventions ne
savent pas ce qu'ils vont planter l'année suivante; comment
peuvent-ils dès lors commander des semences à l'avance.. Bien
triste agriculture !
Des questions pour moi resteront toute ma vie en suspend :
L'agriculteur avait-il connaissance que ses semences étaient
enrobées ? Quand je lui ai posé la question il m'a promis que
non.. Grave.. très grave.. Voici quelqu'un qui dit ne pas
traiter.. je le crois volontiers et sur parole, mais j'ai appris à
mes dépends ce que mensonge par omission laissait bien des choses
au vestiaire .. Quelle naïveté !
Quoi qu'il en soit, à qui faire confiance de nos jours ?
Parallèlement à
cette catastrophe, j'ai également constaté que mes ruchers
implantés près de champs de maïs, connaissaient eux aussi un taux
de mortalité bien supérieur à la moyenne. Depuis quelques années,
on constate un peu partout sur la planète que l'abeille est en
train de disparaître mais pour moi maintenant, rien d'étonnant à
cela.
Forts de notre expérience avec les abeilles sur les cultures, nous
avons décidé de déménager tous nos ruchers dans des zones hors
cultures. Quand cela concerne une ou deux ruches, c'est assez
facile, mais cela devient un vrai casse-tête quand on parle de
plusieurs centaines. Nous avons la chance d'être dans une zone
montagneuse où il n'y a pas ou très peu de champs de cultures. Le
Charollais étant plus une zone d'élevage, cela limite assez le
développement du tournesol, colza et maïs.
Cette année, alors que l'acacia venait de terminer sa floraison et
que le châtaignier donnait à plein, nous avons découvert un peu
par hasard la présence d'un champ de Maïs à moins d'un
kilomètre à vol d'abeilles de l'un de nos ruchers.. Traitez moi de
paranoïaque du maïs, mais nous avons déménagé ce rucher d'une
quarantaine d'unités juste avant sa floraison. Il n'est pas besoin
de voir des hectares et des hectares de maïs.. un simple champ de
5000m² peut à lui seul décimer tout votre rucher dès lors que sa
semence est passé par un enrobage insecticide.
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Je pense sincèrement que
c'est le prix à payer pour garder ses abeilles. En tenant
ce propos dans une de mes conférences, un apiculteur
m'interpella pour me dire qu'il avait un rucher depuis des
années près de champs de maïs et qu'il n'avait jamais eu
de problème. Je me souviens de ma réponse qui fut
celle-ci: "C'est parce que l'agriculteur n'a pas encore
utilisé de semences enrobées, malheureusement, tôt ou
tard, à moins d'être en "Bio", il y passera.
L'année suivante, j'appris que l'apiculteur en question
avait perdu la quasi totalité de son rucher..
Oui,
je suis particulièrement inquiet.. Merci à Hervé qui
a su capturer cet instantané. |
Pour éviter la Disparition de vos abeilles :
Fuyez les cultures ! surtout si vous enregistrez des taux
de mortalité importants. Les abeilles ne vont sur le Maïs que
lorsqu'elles n'ont pas d'autres ressources polliniques car le
pollen de maïs fait partie des pollens pauvres. C'est
peut-être la seule voie qui épargnera vos abeilles.. D'autre part,
les abeilles trouvent une source d'eau sur les feuilles de Maïs
qui suinte ses perles de rosée si attirantes. Or même ce rejet de
la plante est pollué et constitue un poison direct pour l'abeille
qui s'en abreuve. Aussi, dans votre rucher, disposez
d'abreuvoir(s) ! On en trouve des modèles pas chers dans les
magasins spécialisés pour le jardin. Un abreuvoir à poules
convient parfaitement dès lors que vous déposez des cailloux pour
ne pas que les abeilles se noient.
Pour 10 litres d'eau mélangez une tasse à café d'eau de javel (les
abeilles aiment bien le chlore), ainsi, elles n'iront pas chercher
l'eau ailleurs.
Lorsque vous
implantez un rucher, vous devez "faire le tour" des sources
d'approvisionnements de vos abeilles. Il faut une biodiversité
importante et tournante au cours des saisons. Je vous conseille
d'avoir toujours un terrain de "dégagement" même si celui-ci est
placé un peu plus loin.. Cela vous permettra de déplacer vos
colonies, le temps de la floraison des cultures. Il vaut mieux
faire moins de miel que perdre ses colonies.
Si vous habitez une zone de cultures, la survie de vos abeilles ne
tiendra qu'à un fil à moins que vous n'ayez la chance d'être sur
une zone BIO ! Malheureusement, elles sont trop peu nombreuses ce
qui vous obligera peut-être à parcourir des kilomètres pour
trouver un lieu favorable au moins pendant le temps de la
floraison des cultures environnantes .
Aujourd'hui, l'agriculture se
modernise, rien qu'à en juger par les engins agricoles pilotés par
ordinateur et liaison satellite avec des programmes spéciaux
conçus par les firmes mondiales qui produisent des pesticides
toujours plus "sélectifs".
Mais il faudrait surtout moderniser le dialogue entre apiculteurs
et agriculteurs et peut-être d'avantage espérer un vrai engagement
de nos politiques qui malheureusement portent des paires de
menottes, autant que les agriculteurs et dont la parole ne vaut
pas mieux..
Ceci dit, il y a une autre cause
dans la disparition de l'abeille: La responsabilité de
l'apiculteur, ce que j'expose dans mon
cours d'apiculture
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