'Bernard Nicollet est un Apiculteur Français né en 1955 à Lyon et qui exerce dans un petit village de la Loire: Le Cergne.

Dernière révision de la page: 22/12/2009

 

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Bernard NICOLLET lors de ses études de chimie
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Propos Recueillis par MC Lafond

Après un parcours dans le monde de l'industrie où il dépose plusieurs brevets, il se reconvertit à l'Apiculture en 1998. Un retour aux sources et un virage à 180° ! Ses parents possédaient déjà des ruches quand il n'était qu'un jeune adolescent. Dès le tout début de cette reconversion, il découvre les bienfaits du venin d'abeille en intégrant l' équipe des "piqueurs" de Claudette A. atteinte d'une Sclérose en plaques depuis de nombreuses années et "adepte" du venin d'abeille. Dès lors, sa passion naissante pour les abeilles sera partagée entre de développement des colonies et l'étude du venin d'abeille dans les neuropathologies comme la SEP et la SLA qui le conduiront à travers le monde pour y rencontrer les plus grands spécialistes et être reconnu par ses travaux dans ce club d'élites bien que la pratique "d'apipuncture" ne soit pas officiellement reconnue en France pour ne pas avoir été étayée par des preuves scientifiques.

== Son Parcours Apicole: ==

Fasciné par le monde des abeilles, il créé son premier rucher avec 3 ruches. L'année suivante, en 1999 il en possède une douzaine. Un an plus tard, une cinquantaine puis atteint sa première centaine en 2001.
En 2005, il décide de créer un rucher expérimental afin d'effectuer une recherche sur le venin d'abeille.
Mars 2006: Alors qu'il est à la tête d'un cheptel de plus de 400 colonies ses ruchers sont soudainement frappés du syndrome de l'effondrement et de la disparition des abeilles. Le rucher expérimental est totalement détruit. Fait bizarre, le 20 Février de cette année là, alors que des journées printanières avaient provoqué l'éveil des abeilles et leur première sortie, tout était réuni pour annoncer une belle année de prospérité ainsi que la joie de l'apiculteur. Le 5 mars, lors d'une visite de printemps qui consiste au nettoyage des ruches, les abeilles semblent avoir disparu. Sur 187 ruches présentes au Rucher expérimental, seules trois d'entre elles donnèrent un petit signe de vie qui sera étudié et traduit  plus tard comme en plein effondrement.
Les ruches sans vie ne laissent découvrir qu'une simple poignée d'abeilles mortes, recroquevillées à l'intérieur des alvéoles des cadres de cire comme pour se blottir entre elles afin de se tenir chaud.


La disparition des abeilles


== Que s'est-il passé ? ==

Le syndrome de la Disparition des abeilles:
Le risque d'un acte de sabotage fut écarté rapidement car le rucher était bien en place sans présence de cadavres d'abeilles ni à l'intérieur des ruches ni au pied des ruches. L'analyse des abeilles retrouvées mortes ne démontra qu'une toute petite présence de Varroas principaux prédateurs des abeilles. Dans l'entourage professionnel de Bernard NICOLLET, personne n'avait encore constaté un tel phénomène. Où sont donc passées les abeilles ?

Notre rucher expérimental composé de 200 ruches d'élevage pour l'Etude

En observant la triste réalité de ce magnifique rucher, l'attention de Bernard NICOLLET fut attirée par la présence d'abeilles dont les pattes étaient chargées de pollen et qui, en va-et-vient, entraient et ressortaient de ruches constatées inoccupées. Visiblement, les abeilles se trompaient de ruche car celles-ci ne pouvaient être la leur du fait de leur mortalité et disparition.
En les recueillant dans la main, les abeilles semblaient complètement perdues tout comme l'humain frappé de la maladie d'Alzheimer.. Où suis-je ?.. Je veux rentrer à la maison !.. Dites moi où j'habite ?.. Quel jour sommes-nous ?.. Qui c'est, ce monsieur en Blanc ?..  Bernard, comme il se plait à le faire remarquer, "se fait peut-être un film".. mais tout apiculteur qui depuis a connu ce bien triste phénomène comprendra.

== L'état des ruches ? ==

En ouvrant ruche après ruche, tout était propre. Une seule d'entre elle présentait quelques traces de coulées fécales mais pas les autres. C'était un peu comme si un lotissement construit récemment devenait subitement déserté par ses habitants sans avoir rien emporté avec eux, laissant sur place voitures, jeux d'enfants, réfrigérateurs et congélateurs bien remplis etc..
Dans les ruches, il y avait des cadres récents dans lesquels était encore stocké miel et pollen. Sur le plancher interne, la présence tout au plus d'une poignée d'abeilles mortes alors qu'à l'entrée de l'hiver les ruches étaient très populeuses pour la plupart.

A l'écoute des apiculteurs locaux, c'était sans dire à cause de l'excès de rapidité du développement des ruchers de Bernard NICOLLET. Certes s'il est possible de commettre des erreurs qui peuvent conduire quelques ruches à une mort certaine, cela ne concernait pas la totalités des différents ruchers.
Alors que les explications des uns et des autres étaient assez divergentes et aucune de bien fondée, un laboratoire Suisse conclut à la présence de nombreux spores de Nosema Ceranae, un champignon parasite de la paroi intestinale de l'abeille.


== Une cascade d'événements non maîtrisés ==

L'usage intensif de pesticides, tout comme l'apparition de plantations OGM ont constitué le point de départ d'une cascade d'éléments qui vont aboutir à l'anéantissement total du rucher expérimental. Mais comme le souligne Bernard NICOLLET, il ne faut pas jeter la pierre à cette agriculture moderne dont les deux acteurs : agriculteurs et apiculteurs ne savent pas dialoguer entre eux. Certes, si l'usage des pesticides sélectifs est un fait constaté partout dans le monde où existent les traitements phytosanitaires, la disparition des abeilles n'est pas de son seul fait. Il faut également inclure d'autres facteurs comme:

  • le Varroa, prédateur principal de l'abeille dont les traitements actuels ne permettent pas d'éradiquer définitivement sa présence, et c'est certain, contribue à l'affaiblissement des colonies,
  • les erreurs ou manquements de l'apiculteur lui-même, dont la première est de ne pas reconnaître ou tardivement..
  • le manque de biodiversité et la disparition générale des fleurs tant des talus que des près et sous-bois, coupant ainsi la source protéique dont l'abeille a impérativement besoin.
  • Les semences céréalières enrobées.

C'est cette analyse qui poussa Bernard NICOLLET à compiler toutes les informations propres à l'environnement de ses différents ruchers. A une distance d'à peine 1 km à vol d'abeille du rucher expérimental, se trouve un lycée Agricole ainsi que des terres cultivées en Maïs dont la fleur constitue l'un des tous derniers apports nutritionnels de l'abeille en fin de saison. Or quand le Maïs a subit une transformation génétique pour devenir insecticide afin de l'auto-protéger, il devient insecticide jusque dans sa moindre molécule. Les abeilles, sans aucun moyen de se prévenir, ramènent par conséquent à la ruche, un pollen qui sera le meurtrier de la génération des larves qui devront naître juste avant l'hiver ou pendant celui-ci. Ce ne sont pas en effet les abeilles butineuses qui consomment le pollen collecté (sinon elles en mourraient elles-mêmes), mais bien la génération à venir, celle qui aura pour mission de passer tout l'hiver.

Ce deuxième élément dont l'importance est capitale pour la survie de la ruche n'est autre que préserver une population nombreuse afin d'assurer chaleur et protection pour la reine pendant toute la période hivernale. Sachant que bon nombre des abeilles sont mortes naturellement à l'entrée de l'hiver et au cours de celui-ci, la survie de l'abeille n'est possible qu'à la condition que la reine ait assuré une ponte suffisante pour assurer le renouvellement de la colonie. Le problème est que les larves d'hiver seront nourries avec le pollen récolté par la génération précédente. Beaucoup d'entre elles ne vont pas survivre, induisant ainsi un triple problème en cascade:
d'une part, nous venons de le dire, une diminution de la population qui aura du mal à assurer la chaleur nécessaire à la survie de la colonie, d'autre part, une impossibilité à la poignée restante de s'occuper des nouveaux œufs pondus par la reine dès les premiers beaux jours.

Enfin, les abeilles survivantes étant si affaiblies, parfois même incapables de se nourrir malgré l'intervention de l'apiculteur,  développeront Nosema Ceranae dont la présence est plus ou moins naturellement sous-jacente, conduisant ainsi la ruche à une mort obligatoire.
La reine sera protégée pratiquement jusqu'aux toutes dernières abeilles qui formeront une mini grappe pour tenter d'apporter les dernières ressources de chaleur pour leur mère.
Nosema Ceranae se développe principalement dans la partie intestinale de l'abeille. mais comme tout champignon, ses spores représentent le vrai seul danger dans une contamination qui peut s'effectuer en un clin d'oeil en quelques heures seulement. Présents et libérés dans les matières fécales de l'abeille, ils peuvent facilement être déplacés par une simple brise d'air, propageant ainsi par la méthode la plus sûre et naturelle: la contamination des autres abeilles. Plus l'abeille est en carence protéique, plus l'accroissement de ce champignon est puissant. Or, l'apport de protéines est normalement assuré par le pollen des fleurs.
Pour comparaison, si l'homme venait à adopter une alimentation carencée en protéines, il verrait s'effondrer sa vitalité, sa musculature, et serait très vite exposé à de très nombreuses pathologies, voire maladies infectieuses.

Sans remettre totalement en cause les planchers dits "ouverts" ou "grillagés", le froid de l'hiver entre également dans le creuset des éléments qui affaiblissent les colonies. Depuis deux ans, Bernard NICOLLET a constaté qu'en fermant hermétiquement les planchers, la température interne de la ruche était maintenue, la condensation n'étant un problème réel qu'en cas de descente en dessous de -15° de température externe sur plusieurs jours. Une première année, une moitié des ruches étaient laissées planchers ouverts tandis que l'autre moitié étaient fermées (350 ruches). Il n'y eut pas plus de mortalité d'un coté comme de l'autre jusqu'en Février. En revanche, début Mars, au tout début de l'effondrement des colonies, force a été de constater que les ruches "planchers ouverts" ont été décimées plus rapidement avec près de 10 jours d'avance sur les autres. Comme le souligne Bernard NICOLLET, cela n'est pas plus réjouissant mais cependant le signe d'une meilleure résistance. D'autre part, ce délai pourrait être dans certaines conditions, un délai suffisant pour l'intervention possible de l'apiculteur !

C'est l'année suivante, en Mars 2007 que la confirmation de ces éléments en cascade va être démontrée et confirmée.
Après avoir reconstitué une partie seulement du cheptel, Bernard NICOLLET décidait de séparer ses ruchers en 2 afin de mettre en place un certain nombre de points de contrôles basés sur:

La souche de la colonie,
sa population
son habitat
ses réserves avant l'hiver
son nourrissement hivernal

Les ruches (148 unités) qui ont été placées à proximité de cultures issues de l'agriculture raisonnée, agriculture de conservation ou agriculture biologique étaient à 95% vivantes en sortie hivernale. Ce 5% de mortalité est un taux tout à fait acceptable et reconnu comme tel dans le monde apicole. "J'ai constaté la présence de Varroa sur quelques cadavres malgré un traitement automnal préventif. En revanche, les colonies qui sont restées présentes sur le rucher expérimental et sur 2 autres ruchers (dont l'environnement dans un rayon inférieur à 3 Km montrait la présence de cultures de Colza et Maïs traités par semence enrobées), ont été décimées à plus de 85%."
Il a été constaté sur de nombreux cadres, la présence de quelques coulées fécales avec traces de Nosema Ceranae alors qu'aucune des colonies mortes du premier groupe n'en a révélé.

Champ de maïs surplombé par une antène relais GSM, talus rasés
Champ de maïs surplombé par une antenne relais GSM, talus rasés
et traités, Tous les Ingrédients sont réunis pour déménager un rucher


Quelle solution et quel traitement ?

Puisque Nosema Ceranae accroît son développement principalement au tout début du printemps (période particulièrement propice au manque de protéines, il était donc capital d'étudier ce phénomène:

Voir un rucher en pleine effervescence fin février et constater moins de 3 semaines plus tard, son effondrement et mortalité apporte un lot de questions et d'interrogations.

 En Février, l'hiver tire peut-être à sa fin, mais c'est loin d'être un début de saison pour les abeilles (principalement dans les régions montagneuses ou de hautes campagnes, même si, comme le souligne le calendrier des sourciers, l'abeille sort de son sommeil le 21 janvier.

Pour démarrer le cycle de régénérescence de la colonie, il est indispensable que l'abeille trouve une source pollinique très tôt . Les pollens en effet, apportent les protéines indispensables au développement de la colonie.
Si l'abeille ne trouve pas de quoi satisfaire cet impératif, ce sera la principale cause de son affaiblissement et du développement de Nosema Ceranae.

== Comment Bernard NICOLLET a-t-il pu sortir d'une telle situation ? ==

1/- Tout d'abord, en observant bien ce phénomène de début de saison aux tous premiers beaux jours, même si la température n'est pas encore synonyme d'activité (il y a ce qui s'observe en dehors de la ruche et à l'intérieur de la ruche).
Très tôt, dès lors que les abeilles sortent pour leur première toilette, il faut complémenter en protéines par l'apport d'un Candi confectionné pour cela. Si ce Candi est bien adéquat, l'apiculteur pourra s'apercevoir que les abeilles se précipitent dessus comme une troupe de requins le ferait autour de toute chair bien saignante (même quand il reste une quantité de provisions dans les cadres).

2/- Un traitement complémentaire contre le varroa restant. Lors du traitement de fin d'été, bien des Varroas ont été détruits mais il en reste toujours suffisamment pour que ceux-ci soient vivants jusqu'au printemps et réactivés avec les toutes premières pontes de la reine. Les vieux apiculteurs vocifèreront qu'ils n'ont pas de varroas.. et pourtant ! Quand une abeille est porteuse de son parasite, elle est affaiblie et une abeille affaiblie ne peut pas contribuer au travail collectif. Répétez cela sur plusieurs centaines d'individus et vous obtenez bel et bien un affaiblissement de la colonie.

3/- Enfin, profiter de cette période de tout début d'activité pour décontaminer les cadres qui pourraient contenir des spores de Nosema Ceranae.

C'est dans ce contexte que sont préparées les ruches d'élevage de Bernard NICOLLET. Ce travail Titanesque lui a permis de commencer à sortir de la crise alors que d'autres vont tout juste la connaître et ne pourrons pas sortir d'un cercle vicieux qui va naître. Comme il le souligne, l'apiculture risque bien d'entrer dans un cercle vicieux infernal. Les avis étant partagés entre "traitement" et "non Traitement", l'apiculteur dont les ruches s'effondreront risquerait bien de contaminer d'autres colonies saines qui ne sont pas forcément les siennes.. Ce phénomène passe inaperçu pendant l'été car les reines compensent par une ponte surabondante.
Le Candi spécial de printemps qu'il donne en traitement à ses abeilles peut être fourni actuellement sur commande et sera bientôt disponible dans sa boutique sur le web.(cliquez ici)

Fin de l'article

 

A tous les lecteurs à propos de la Nosémose.

Comme tout apiculteur qui se respecte, chacun pense que son rucher n'est pas touché par Nosema Ceranae. Et bien c'est peut-être tant mieux, mais observez bien ce qui va suivre..
C'est également ce que je pensais il y a quelques années juste avant que mes ruchers soient touchés à leur tour. J'avais bien observé qu'aux tous premiers beaux jours, de fin février, toutes les ruches étaient en effervescence. Or une quinzaine plus tard, tout était disparu, mort..
La seconde année, j'ai fait la même observation en remarquant que quelques ruches étaient mortes (une dizaine sur environ 180 ruches d'un même rucher). C'est ici que mon jugement a été faussé par le fait que cela ne pouvait être du qu'à une mortalité naturelle du fait que les ruches avaient encore de la réserve tant en pollen qu'en miel. Le temps me manquait lors de cette visite aussi suis-je reparti pour ne revenir qu'au premier beau jour suivant soit une dizaine de jours plus tard.
N'ayant pas pensé de "fermer les ruches mortes", celles-ci ont été immédiatement livrées au pillage pourtant pendant très peu de temps. Je me suis donc  mis en devoir de chasser toutes les abeilles pillardes et fermais ces ruches.
C'est une semaine plus tard que je découvris le triste spectacle de la désolation d'un rucher entièrement décimé. Toutes les abeilles de toutes les ruches avaient disparu, me laissant des ruches avec une toute petite poignée d'abeilles mortes.

L'analyse et l'inspection des ruches avait écarté la thèse d'une loque américaine comme européenne. Il fallait poursuivre l'investigation sur une autre causalité. Les Pesticides ? Peut-être mais pour une partie seulement car la moitié des ruches provenaient d'une région montagneuse avec absence totale de cultures sur plus de 5Km à la ronde et je les avais placées là pour l'hivernage (pensant bien faire). Ceci dit, les premières ruches mortes étaient bien des ruches appartenant à ce rucher. Elles avaient donc forcément butiné du maïs contaminé, point de départ du problème. La contamination générale n'est que la résultante  de l'affaiblissement de ces colonies qui ont permis à Nosema Ceranae de se développer pour contaminer en une traînée de poudre l'ensemble de tout le rucher. C'était donc en réalité un problème multifactoriel qui a mérité toute mon attention.

Comment j'ai pu rebondir après un tel désarroi qui vous donne l'envie de tout envoyer promener..

  • 1/- Désinfection totale ruche par ruche sans aucune précipitation d'action: au brûleur pour les ruches en bois et pour les autres (plastiques) d'abord dans un bain de soude caustique puis passées au Karcher avec dose de javel enfin lavage à grande eau

  • 2/- Désinfection de tous les cadres 1 par un (ce qui est un travail titanesque). Récupération uniquement des cadres propres après les avoir flammés (pour la partie bois) et désinfectés. Tous les cadres de + de 5 ans ont étés détruits par brûlage afin d'éviter la survie de spores qui auraient pu être réactivés en présence d'abeille dans une ruche à bonne température.

  • 3/- Élimination de mon stock de cire en les transformant en bougies et non en récupération pour l'amorçage des cadres neufs.

  • Récupération des cires propres provenant de mes ruches de montagne, non contaminées afin de créer des "bandes amorces" sur des cadres neufs et non des cadres complètement gaufrés.

C'est sûr, cela m'a coûté une fortune pour repartir à zéro avec une production de miel au plus bas mais cela s'est révélé efficace. Alors, lors de votre première visite de printemps, alors que vous allez avoir la joie de voir votre rucher en effervescence, observez si:

-Vos ruches sont bien populeuses

- qu'il n'y ait aucune trace de la plus petite chiasse tant sur la planche d'envol que sur les parois externes ou le toit de la ruche. Si tel est le cas, isolez cette ruche immédiatement sans remords et sans douter un seul instant. Isolez cette ruche de votre rucher sinon elle contaminera toutes les autres en un rien de temps.
Dans un rucher de quarantaine situé au minimum à 10 Km de tout autre rucher, vous pourrez toujours essayer de la sauver en lui faisant un traitement de choc hyperprotéiné, mais je doute que cela s'avère suffisamment efficace, car les spores de NOSEMA sont partout dans les cadres, dans les cires et l'environnement de la ruche.

Surtout ne réutilisez pas les cadres même s'ils semblent propres alors qu'ils proviennent d'une ruche morte à l'entrée du printemps. Y compris les cadres de hausses.. mais pour ce faire, il est indispensable d'avoir mis en place une traçabilité, ce qui n'est jamais chose faite chez les apiculteurs de loisir qui ne possèdent qu'à peine plus d'une vingtaine de ruches. Une Abeille touchée par la Nosema, cela ne s'observe pas. En revanche elle déplace avec elle des centaines de milliers de spores qui resteront sur le bois des cadres, ou au fond des alvéoles. Quand vous donnerez vos cadres à lécher, vous contaminez à nouveau toutes les abeilles saines sans le savoir.. Or, nous sommes à la fin de l'été et la boucle va bientôt être bouclée ! PERTE ASSURÉE . Enfin, à propos des cadres de hausse, la décision à prendre est plus difficile quand on sait qu'il faut en gros 10Kg de miel pour faire 1 Kg de cire.. donc le manque à gagner est évident mais il le sera encore plus la saison suivante avec la disparition des abeilles.

Si vous mettez des pièges, désinfectez vos cadres ! Les abeilles visiteuses n'iront pas contaminer d'autres ruches.

La Nosema, c'est pire que le problème du Varroa : c'est sa suite ! même si celui-ci est également responsable de l'affaiblissement des colonies et cela mérite votre plus grande attention !

 


Création d'un cours d'apiculture sur Internet :

Je n'ai pas la prétention de tout vous apprendre, mais pour celles et ceux qui souhaitent s'instruire avec un cours utilisant l'internet comme moyen moderne de diffusion, je propose un "tutorat" aussi bien pour les débutants que pour les apiculteurs amateurs ou professionnels pourquoi pas. L'apiculture de base a ses règles et celles-ci ont parfois été si éparpillées qu'elles deviennent presque un non sens. L'importation de reines et d'abeilles (autres que locales) contribuent en masse à la dégénérescence de l'abeille noire (abeille européenne, celle de nos ancêtres) au même titre que les pesticides sélectifs dans le monde agricole.

Ayant commis moi-même beaucoup d'erreurs, j'avais envie depuis pas mal de temps de faire profiter à ceux qui le veulent bien, des mes observations, de mes travaux de recherche, et aussi concernant la réintroduction et la sauvegarde de notre patrimoine.
A coté de cela, quand je remémore mes débuts, j'ai perdu beaucoup de temps à écouter Pierre, Paul et Jacques qui avaient tous leur propre apiculture, l'une contredisant souvent l'autre, d'où la naissance de ma petite phrase: "Un apiculteur.. Une Apiculture"

L'apiculture n'est pas compliquée et ne nécessite aucun diplôme ! Dès lors que l'on s'efforce de respecter la nature, il suffit de suivre des règles simples et bien malheureux sera le débutant qui croira tout révolutionner surtout s'il est poussé par une apiculture du dernier "gadget"en vogue.

Quelque soit le type de ruche choisi: Dadant, Warré, Voirnot, Langstroth, Quentin, etc..etc.., le principal est que vos colonies soient saines et se portent bien, conduite à la manière d'un berger qui prend soin de ses brebis. Chacun, enseigné ou influencé par tel ou tel type d'arguments fera son propre choix. En attendant, tous les grands types de ruches ont montré dans le temps, une grande réussite. En apiculture, il y a de la place pour tout le monde.. Autrefois, chaque ferme disposait de ruches. Pourquoi ne pas envisager d'en avoir une ou deux pour commencer ?
En me mettant à la place de personnes qui aimeraient bien.. J'ai voulu transmettre mon savoir faire ainsi que le fruit de mes recherches. D'aucuns critiqueront parce que mon cours est "payant", d'autres pensent détenir la science infuse.. d'autres pensent que pour s'instruire, c'est le rôle des ruchers écoles..
Bernard NICOLLET - Prendre soin de ses animaux, une véritable passion
Quand mes abeilles dorment, j'ai plaisir à prendre soin de mes brebis

d'autres enfin pensent que la meilleure méthode est d'avoir un bon professeur en la personne d'un apiculteur passionné et disponible; Il existe aussi de très nombreux ouvrages..  Qu'importe ? Internet est aussi un moyen de communication même si celle ci ne peut être que théorique (je propose toutefois des stages pratiques en cours d'année). Internet est depuis quelques années devenu un moyen incontournable pour l'éducation. Pourquoi pas dans le domaine d'une formation apicole qui ne nécessite pas de traverser la France pour se rendre à un cours ?

Depuis plus de deux ans, je publie gratuitement des articles. Je sais que ceux-ci ont été lus par des milliers de lecteurs (j'en ai les statistiques) et pas un n'a pris le temps de m'envoyer un petit mail d'appréciation.
Écrire nécessite du temps, de la concentration et surtout de transmettre le reflet de la réalité observée et vérifiée. De plus, si l'on veut répondre aux questions des lecteurs, cela demande du temps et de la disponibilité. Si telle situation est plus facile pour un retraité, cela devient un véritable travail pour celui qui doit assurer son pain quotidien.
C'est principalement pour cette raison que je suis contraint à faire un cours "payant". Promis, si demain je suis plus fortuné, je l'ouvrirai gratuitement !
J'ai eu la drôle de surprise de lire récemment dans un forum, une question à mon propos de cours d'apiculture sur internet, demandant si ce n'était pas une "arnaque"? . Cette personne ne fait pas non plus partie des gens qui prendraient le temps d'envoyer un petit mot de remerciement pour avoir apprécié un article.. ou bien tout simplement de me passer un petit coup de fil.. En principe quand il y a arnaque sur le web, vous n'avez pas ce genre de renseignement vérifiable. Bien anonymement du reste, elle se contente d'envoyer un croche-pattes.. Heureusement, tout sur Internet n'est pas que de l'arnaque ! C'est aussi un excellent moyen de parfaire ses connaissances et de découvrir. Rien n'oblige ! Malheureusement, le tout gratuit aujourd'hui n'est possible que par l'entremise de personnes retraitées ou disposant de temps. Parfois, quelques passionnés prennent le temps d'écrire.. c'est tout aussi louable.
Pour ma part, c'est tout autre chose que je souhaite mettre en ligne. Une sorte de livre qui s'écrit au fur et à mesure du groupe, en fonction des sujets, des réactions, d'un savoir. Telle est la "clientèle" que je vise, alors Bienvenue à vous qui avez pris le temps de me lire jusqu'à la fin de cette page quelque soit votre décision !

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