L'Apiculture équitable ?
Depuis quelques
temps, on parle du commerce équitable, des produits équitables..
mais de quoi s'agit-il ? Il s'agit en fait d'accepter de payer un
peu plus cher certains produits ou denrées alimentaires afin que
leurs producteurs directs puissent percevoir un salaire qui leur
permette de vivre décemment de leur travail. Ainsi, les circuits
traditionnels de marchands importateurs et exportateurs qui eux,
travaillent avec des marges colossales et s'enrichissent sur le dos
de ces petits producteurs commencent à être bouleversés. Ce type
de commerce tend à être plus un commerce direct de type
producteur -> consommateur ou Producteur -> Revendeur Si cette forme de
commerce invoque toujours l'idée de pays plus ou moins sous
développés, il n'y a pas de raison qu'il n'en soit pas de même en
France où en matière d'apiculture, le miel n'est pas rétribué à sa
juste valeur, imposant aux apiculteurs la terrible loi du marché
mondial. Pourra-t-on un jour parler d'apiculture équitable ou de
miel équitable ? En France nous sommes touchés depuis quelques
années par le SEAF entendez "Syndrome d'Effondrement des Apiculteurs
Français". Quand un apiculteur vend 1 Kg de miel, on peut pour le
même prix en importer 3,7 Kg de Chine (frais de transport inclus) c'est à dire presque
quatre
fois plus. Dans le rayon du super marché, la différence de prix
est tirée vers le bas toujours et toujours obligeant l'apiculteur
local à s'aligner avec celui de la grande surface. Malheureusement,
à ce petit jeu, c'est l'apiculteur qui en fait les frais et il ne
lui reste plus pour lot de consolation que de se contenter des miettes.
Mais peut-on pour autant incriminer le consommateur pour qui le miel
n'est pas un produit de première nécessité ? Cela démontre bien qu'entre le
producteur et l'acheteur final, c'est à dire nous les consommateurs,
les circuits de distribution s'enrichissent à notre détriment sur le
long terme car ils possèdent une capacité à réduire encore plus
leurs marges.. L'Apiculture française s'effondre ! Vous me direz
: "comme il en est de même dans bien des domaines hélas". C'est
vrai.. Par le levier d'un effet de mode: le Commerce équitable, on
va acheter ailleurs ce que l'on pourrait acheter chez nous.
Avez-vous déjà vu un apiculteur rouler en Rolls ou en Ferrari ?
Connaissez-vous des apiculteurs aux demeures somptueuses ? Le miel
français a besoin de votre soutien, pensez-y lors de vos prochains
achats.
L'apiculture ne se
résume pas simplement au miel. D'autres produits comme la gelée
royale, la propolis, la cire, le pain d'abeille et la production
d'essaims sont des produits de plus en plus issus de l'importation.
Comment en est-on arrivé là ? C'est justement parce que les
importateurs de ces produits réalisent de grands profits qu'ils ont
pu développer ce business au détriment des producteurs locaux à qui
il ne reste plus que l'argument de dénigrer la production à bas coût
prétextant que la qualité n'y est pas ce qui n'est pas toujours un
argument juste. J'ai personnellement
visité en Chine, un laboratoire de production de gelée royale, et
bien je peux vous assurer qu'on entre pas dans la partie laboratoire
comme cela. Salle blanche, inox à tout va, équipement du personnel,
conditions d'hygiène
etc.. De plus, la récolte de gelée royale dans les ruches éleveuses répond à un
cahier des charges axé sur la rapidité du circuit court de la ruche
jusqu'au labo afin de conserver ses propriétés intrinsèques . Bref, une organisation industrielle qui ne laisse
aucune chance à un producteur français si ce n'est que par le biais
d'un regroupement de producteurs qui tente à faire valoir qu'il s'agit d'un produit
français et quelque part.. s'accrocher pour faire chanter le coq.
Mais au fait, de nos jours, qui connaît le coq ? ;)
Devant un commerce
qui devient totalement mondial l'apiculteur français se retrouve très
défavorisé et réagit malheureusement en baissant son prix de vente.
Mais vend-il plus de miel pour autant ? Je trouve aberrant que ce
soit justement les apiculteurs qui fassent leur propre malheur
contraints et forcés par la loi du marché.
Combien vivent réellement de leur production ? Pas tant que cela en
réalité et parmi les "vendeurs de miel", beaucoup vendent plus que
ce qu'ils produisent eux-mêmes autrement dit, ils ont recours à des
achats de miels pour la revente. Pourtant quand on analyse les fondamentaux du commerce équitable, bon nombre d'apiculteurs
français méritent le soutien de la part des consommateurs.
Malheureusement, le consommateur ne lit pas les étiquettes.
Comment parvenir à
s'en sortir (et non s'enrichir malheureusement) En temps qu'éleveur
professionnel en apiculture, j'ai pris le risque de vendre mes
essaims à un prix juste et dirai-je "équitable". J'entends par là,
que j'ai pris un papier et un crayon, et j'ai procédé au calcul du
prix de revient de mes essaims et de mon miel. En appliquant une
toute petite marge pour tenir compte des années de vaches maigres,
on est loin de rouler sur l'or.. On boucle tout simplement ! Bien que je ne m'interroge plus sur
les gens qui vendent bien en-dessous, je refuse de vendre
mes essaims et mon miel à un prix du marché mondial sinon; d'une
part je n'aurai
pas pu tenir mes treize années d'apiculture et d'autre part, si je
le faisais maintenant, il ne me resterai pas longtemps à tenir avant
de mettre la clé sous la porte. Mon prix de vente tient compte des charges sociales, TVA et autres impôts,
de la valorisation de mon travail même si toutes mes heures sont
loin d'être rétribuées. C'est sûr, mon miel ne sera jamais en
grandes surfaces.. "trop cher" me dit-on.. "La qualité, on s'en fout",
me dit-on ailleurs,
"même s'il n'y a pas de traces de pesticides", "ce qu'on veut c'est un
prix de marché, un prix compétitif" ! Et bien je préfère sortir
du lot et chercher des clients qui ne se fichent pas de la qualité. On me reproche aussi peut-être de ne pas être
toujours disponible instantanément au téléphone, j'en conviens, mais
j'ai choisi une forme de travail qui me vaut d'être en saison
sur le pont depuis le lever du jour jusqu'à la tombée de la nuit.
Heureusement, il y a Internet qui prend le relais de ma
boutique et qui me permet de répondre à mes
clients. Une de mes meilleures récompenses, c'est de m'entendre dire
que notre miel est un nectar et voir nos clients revenir ou repasser
commande par la boutique. Quel
réconfort dans un monde où tout est tiré vers le bas et où on se
fiche de la qualité quand on ne cherche que le goût du sucré ! En basse saison, c'est un peu différent, Christine et moi
disposons d'un peu plus de temps. Bien que celui-ci soit consacré en
grande partie à la rédaction des nouveaux articles du site internet,
à la rédaction des cours et à la préparation des stages de
formation, je parviens à répondre personnellement
à pas moins d'une quarantaine d'e-mails par jour. Depuis le 1er
janvier, le site reçoit quotidiennement la visite de 750 personnes. Depuis mon entrée en apiculture, mon enrichissement personnel
n'est en hausse que dans un seul domaine: celui de participer au
retardement du mur vers lequel l'apiculture fonce.. C'est la raison
pour laquelle je m'indigne contre le pouvoir politique qui n'a rien
à faire de nous.
En matière
de "vivant", les abeilles dont Dame Nature me donne la responsabilité de
développement dans mon petit coin, me le rendent au centuple et me récompensent de loin
comparativement à des abeilles d'importation non adaptées à notre
climat et nos différents biotopes.. Les abeilles qui viennent de
l'extérieur ne sont pas pour autant de mauvaises abeilles ou de qualité inférieure.. elles
sont souvent mises malheureusement en difficulté car elles sont loin
de pouvoir s'adapter quoi qu'en disent ceux qui font taire leur
conscience.. D'autre part, elles contribuent à casser le patrimoine
génétique de nos abeilles de terroir et d'antan.. mais qui s'en soucie ? Pour ce
qui me concerne, ma clientèle est justement une clientèle soucieuse
de tous ces problèmes et je l'en remercie en faisant l'énorme effort
de produire des essaims de
qualité, parfaitement adaptés
à notre terroir français. Je sais que bon nombre de "pseudo
apiculteurs" rageront de lire ces quelques lignes mais que m'importe
? Le comble de cette situation est que chaque année, je manque d'essaims parce que ma
clientèle, qui vient essentiellement maintenant par le bouche à oreille,
(je veux parler de celle qui en définitive achète, non pas celle qui
papillonne uniquement sur l'internet en quête du meilleur prix) est avant tout une clientèle qui a pris le temps de la réflexion
et qui approuve ma démarche. Je ne cherche pas de plaire à tout le
monde.. Je cherche une clientèle qui me corresponde. Alors oui, le prix de ma production est certainement au-dessus de la
moyenne mais je peux dire que pour ce qui concerne tant mes essaims
que ma petite production de miel, il
faut bien tout peser comme je l'explique sur le site et
ici en particulier.. En
attendant, si le coté Apiculture vous intéresse, que ce soit à titre
particulier, complément de revenus ou bien pour une reconversion
professionnelle, je
me tiens à votre disposition pour en parler.
Retenez dès maintenant mon 1er ouvrage intitulé:
Comment débuter en Apiculture
Un démarrage simple et sans échec 350 Pages avec
photos couleur Sortie le 5 Septembre, +
d'infos ici
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